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Karajan Salzbourg 1957 : le temple du soleil

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Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°8 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie n°35 « Haffner » KV. 385 ; symphonie n°41 « Jupiter », KV. 551 ; Concerto pour piano n°21 KV 467 ; Johannes Brahms (1833 1897) : Ein Deutsches Requiem op. 45 ; Theodor Berger (1905-1992) : Sinfonia Parabolica pour orchestre ; Gottfried von Einem (1918-1996) : Concerto pour piano et orchestre ; Arthur Honegger (1892-1955) : Symphonie n°3 « Liturgique ». Gerty Herzog, Géza Anda, piano ; Lisa Della Casa, soprano ; Dietrich Fischer-Dieskau, baryton. Berliner Philharmoniker, Wiener Philharmoniker, direction : Herbert von Karajan. 1 coffret de 4 CD Orfeo C 773 084. Code barre : 4 011790 773421. Enregistré au festival de Salzbourg 1957. Notice de présentation en allemand et anglais. Durée : 293’51’’

 

L’année 1957, voit accéder à la direction musicale du Festival de Salzbourg. Mais le chef impose ses vues et exige de pouvoir se produire avec l’orchestre dont il est, depuis 1955, le directeur musical : la Philharmonie de Berlin. Dès lors au cours de cet été artistiquement miraculeux, le maestro va se programmer à quatre reprises avec ses Berlinois mais aussi à la tête de l’orchestre «titulaire» de l’illustre festival : la philharmonie de Vienne.

Pour son premier concert sur la scène du (petit) Festspielhaus, depuis 1949, Karajan ouvrait le festival par une Symphonie n°8 de Bruckner en apesanteur à la fois altière, conquérante mais aussi transparente et lumineuse. C’est tout simplement évident de naturel et de force. Les débuts des Berliner Philharmoniker en concert proposaient une soirée intégralement consacrée à Mozart. Plus pugnace et cursif que dans ses témoignages studios, le virtuose de la baguette campe un Mozart urgent et tendu dans les symphonies mais attentif dans l’accompagnement du grand dans le Concerto n°21. Retour au Philharmonique de Vienne avec un Requiem allemand de très haut vol. On sait la passion du chef pour cette pièce dont il grava deux grandes versions à Vienne (EMI) et Berlin (DGG), mais porté par l’urgence du concert, un chœur irremplaçable et deux solistes qui jouent hors catégorie ( et ), il atteint des sommets d’intensité et d’émotion ; les teintes automnales du chœur et de l’orchestre composent une toile funèbre d’une plasticité stupéfiante.

Le dernier programme de la philharmonie de Berlin voyait Karajan affronter trois pièces de son temps. Même si la Sinfonia Parabolica de Theodor Berger et le Concerto pour piano de Gottfried von Einem ne sont absolument pas des chefs d’œuvre (c’est peu dire), ces deux pièces bénéficient d’une attention et d’une méticulosité qui forcent l’admiration. L’engagement et l’énergie du chef et de ses musiciens portent aux sommets ces deux partitions forcément mineures et stylistiquement hors du temps. Après la pause, cette équipe musicale arrache dans un geste tellurique et éruptif la Symphonie n°3 d’. Cette prestation définitive de la pièce rend quasiment caduque toutes les autres tentatives, y compris le disque officiel de Karajan chez DGG.

Cette série de quatre concerts, proprement inégalables en termes d’inspiration et de technique instrumentale sont des documents à chérir d’urgence pour compléter sa discothèque des galettes officielles du maître. Même si la plupart de ces témoignages étaient disponibles chez Andante, EMI ou DGG, l’édition Orfeo bénéficie d’un grand soin et d’une notice de présentation complète et érudite à défaut d’être traduite en français.

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Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°8 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie n°35 « Haffner » KV. 385 ; symphonie n°41 « Jupiter », KV. 551 ; Concerto pour piano n°21 KV 467 ; Johannes Brahms (1833 1897) : Ein Deutsches Requiem op. 45 ; Theodor Berger (1905-1992) : Sinfonia Parabolica pour orchestre ; Gottfried von Einem (1918-1996) : Concerto pour piano et orchestre ; Arthur Honegger (1892-1955) : Symphonie n°3 « Liturgique ». Gerty Herzog, Géza Anda, piano ; Lisa Della Casa, soprano ; Dietrich Fischer-Dieskau, baryton. Berliner Philharmoniker, Wiener Philharmoniker, direction : Herbert von Karajan. 1 coffret de 4 CD Orfeo C 773 084. Code barre : 4 011790 773421. Enregistré au festival de Salzbourg 1957. Notice de présentation en allemand et anglais. Durée : 293’51’’

 
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