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Quatuors op.18 de Beethoven : une jeunesse éclatante

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Ludwig van Beethoven (1770 – 1827) : Les six Quatuors à cordes op. 18. Fine Arts Quartets : Ralph Evans et Efim Boïco, violons ; Youri Gandelsman, alto ; Wolfgang Laufer, violoncelle. 3 SACD Lyrinx LYR224, code barre : 3700232222542. Enregistré en mai 2005 à Marseille au Centre Guillaume Farel. Notice bilingue en français et en anglais. Durées : 54’21, 49’28 et 54’47

 

La série des Six Quatuors à cordes op. 18 furent composés par le encore jeune Beethoven au tournant des XVIII et XIXe siècles, publiés en 1801 et dédiés au prince Lobkowitz. Le compositeur était arrivé à Vienne quelques années plus tôt pour parachever sa formation auprès des deux plus grands musiciens de son temps : Joseph Haydn et Wolfgang Amadeus Mozart. Ce dernier ayant déjà disparu deux ans plus tôt en 1791, c’est donc auprès du premier que Beethoven reçut en quelque sorte l’héritage du style classique. Une certaine filiation se ressent d’ailleurs de l’aîné au cadet dans ces quatuors : on peut retrouver ça et là la même élégance faite de retenue, régulièrement émaillée de petits traits moins conformistes. Bref, si les rapports entre les deux hommes n’ont paraît-il pas toujours été au beau fixe, ils parlaient néanmoins le même langage et seules pouvaient différer leurs options esthétiques.

Le qui interprète cet opus 18 n’est pas n’importe quel ensemble. Il s’agit d’une formation américaine qui existe sous ce nom depuis 1946 et dont trois des membres actuels, en 2008, jouent ensemble depuis plus de vingt-cinq ans, c’est dire leur complicité. Ils ont tout joué et enregistré et ont accordé leur temps en 2005 à Lyrinx, label français, provençal et marseillais (dans l’ordre que vous voulez).

Le résultat est tout simplement magnifique. Car si le répertoire pour quatuor à cordes est souvent à juste titre réputé plutôt difficile d’accès, il faut souligner ici la magnifique interprétation qui nous est donnée de ce corpus juvénile, le rendant non seulement très accessible par la limpidité de la lecture mais encore tout à fait plaisant par l’incroyable jeunesse qui s’en dégage. Nous sommes à des années-lumière des enregistrements grinçants que nous avons un peu tous subis et avec lesquels nous avions pensé avoir découvert ces œuvres. Bravo donc pour ces Américains.

Pour finir, il faut mentionner la grande qualité sonore de l’enregistrement, l’une des caractéristiques notoires de Lyrinx, pionner français du SACD, qui nous fournit ici le son sur les galettes en trois formats différents : en Super Audio CD Multicanal, en Super Audio CD Stéréo et en CD Stéréo. Ayant écouté le résultat sur un équipement très moyen – en «simple» CD Stéréo – et trouvant celui-ci déjà très convainquant, un système audio beaucoup plus performant devrait pleinement rendre justice à ce superbe travail. Seul bémol : le graphisme de la pochette, agressif et compliqué, qui ne donne pas envie d’écouter ce qu’il y a à l’intérieur ; c’est dommage car c’est le tout premier contact avec un futur acheteur.

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