René, le Pape des démons…

À emporter, CD, Musique de chambre et récital, Opéra

Gods, Kings and Demons. Airs de Charles Gounod (1818-1893) ; Arrigo Boïto (1842-1918) ; Hector Berlioz (1803-1869) ; Giuseppe Verdi (1813-1901) ; Jacques Offenbach (1819-1880) ; Richard Wagner (1813-1893) ; Anton Rubinstein (1829-1894) ; Antonin Dvořák (1841-1904) ; Modest Mussorgsky (1839-1891). René Pape (Basse) ; Staatskapelle de Dresde ; direction, Sebastian Weigle. 1 CD Deutsche Grammophon 477 6408 ; Code : 28947764083 ; Enregistré en 2008 ; Textes du livret et traductions des airs en allemand, français, anglais. Durée totale : 60’.

 

Les Clefs ResMusica

Après contre-ténors, ténors, mais surtout de nombreuses sopranos, quel sera le public pour un disque d’airs de basse du grand répertoire ? Le label jaune prendrait-il des risques ? En tout cas le résultat est plus que convaincant, il est salutaire. En hommage à qui avait gravé un disque au titre similaire, va bien plus loin que son devancier sur le plan de l’interprétation. Si le matériel vocal est moins somptueux que celui de London ou plus récemment José Van Dam il est loin de décevoir. La voix est agréablement timbrée, le grain est noble, la brillance peut séduire, mais surtout la mélancolie sait nous toucher. L’abattage est là quand il faut avec Méphisto, la noblesse de Philippe est très belle, mais c’est surtout la profondeur d’âme de Marke ou la folie de Boris qui nous touchent. Les nuances sont accentuées avec une capacité à tonner ou murmurer. Les couleurs vocales sont variées et les phrasés subtils. La diction est superlative en allemand, bonne en français mais un peu raide en italien. Ce qui frappe à l’écoute des ces airs c’est la capacité du chanteur à leur garder leur théâtralité hors du contexte, comme rarement en récital. Mais l’habileté de l’acteur est connue. Il faut signaler qu’il est soutenu admirablement par un chef et un orchestre inspirés. La performance la plus rare est un monologue du roi Marke à la fois émouvant et précis, comme un lied ciselé. La liberté et le naturel de ce chant sont bien réconfortants dans cette époque de hurlando trop fréquent pour «faire wagnérien». Mais le monologue de Philippe II n’est pas moins réussi, allant du pianissimo au fortissimo effrayant, avec un personnage finement campé.

La palme de la rareté revient à deux airs du Demon de Rubinstein, opéra particulièrement intéressant.

Voilà de quoi donner bien du bonheur aux amateurs de beau chant et de belles voix. , basse incontournable, apporte une assise et un poids salutaires en cette époque si incertaine. Beau complément aux voix aériennes qui nous enchantent.

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.