Noël à l’Opéra de Nice en 1895

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Nice. Opéra. 12-XII-2008. Théodore Dubois (1837-1924), Ernest Chausson (1855-1899), Emile Paladilhe (1844-1926), Léo Delibes (1847-1891), Charles Gounod (1836-1891) : Motets de Noël. Camille Saint-Saëns (1835-1921) Oratorio de Noël op. 12. Yoon Jung Chang, soprano. Cristina Greco, mezzo-soprano. Thomas You, ténor. Ioan Hotensche, baryton. Chœur et Maîtrise de l’Opéra de Nice, Orchestre Philharmonique de Nice. Direction, Hervé Niquet.

D’emblée, en prenant la parole – fait rarissime dans des maisons aussi sérieuses ! –, a souhaité inscrire ce concert dans l’ambiance familiale de Noël. Passionné comme à l’accoutumée, avec beaucoup d’humour et de simplicité, il a commenté les œuvres choisies, en transportant le public au cœur du tout-Paris du XIXe siècle, se pressant les veilles de fêtes dans les églises de la capitale pour entendre les grands ténors du moments interpréter les plus grands compositeurs français alors en vogue, sollicités par l’Église pour chanter la naissance du Christ. C’est cette ambiance qu’ a voulu reconstituer pour le public niçois venu en nombre et en famille entendre chanter Noël par le grand chœur de l’opéra certes, mais aussi leurs enfants se produire, ému au milieu de ce chœur dont la réputation n’est plus à faire.

Dans un répertoire rare qu’ à méticuleusement choisi, la maîtrise de l’opéra de Nice, seule ou avec le chœur d’adultes, ou en alternance avec lui, a ravi un public, peut être conquis d’avance, comme peuvent l’être des parents, mais aussi un public de connaisseurs comme l’est le public niçois. Un public qui ne s’en laisse pas compter et qui a pu apprécier la qualité de ces enfants, dont la voix peut-être par moment un peu forcée dans l’aigu, mais admirablement bien placée, tenant chaque note pour elle-même et jusqu’au bout d’elle-même, ne laissant pas retomber la voix, comme c’est souvent le cas dans les chœurs d’enfants ou d’amateurs. D’une manière générale, ce concert, pour le Verbe fait chair (Incarnatus est), était à la gloire de la voix. Elle y fut mise en valeur jusque dans l’oratorio de Saint-Saëns, où l’orchestre sans chercher à se mettre en avant, servit au contraire de promontoire au chœur. De belles voix, de chœur comme de solistes, pour un concert résolument dédié à la voix et servi par un chef aussi passionné que compétent dans ce domaine, comme dans celui du répertoire français qu’il sait et aime mettre en valeur. L’équilibre musical entre les voix et l’orchestre, entre les voix d’enfants et d’adultes, ainsi que l’équilibre de la soirée, permit d’apprécier chaque pupitre de voix, hommes, femmes ou enfants dans des répertoires distincts puis unifiés en un ensemble, bel ambassadeur de la musique vocale. Certains auront peut être pu être gênés par la prononciation gallicane, de fait un peu sèche, mais cohérente avec le XIXe siècle. Il est possible aussi que cette musique conçue pour une acoustique d’église doive être jugée avec ce critère. C’est aussi à cette aune que l’on peut regretter l’accompagnement à l’orgue électronique, trop fade et sans âme, sans que cela entame pour autant la qualité de Jean-Cyrille Gaudillet. Au final, une agréable préparation à Noël, en famille et en musique.

Crédit photographique : Hervé Niquet © Nicole Bergé

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