Joseph Ryelandt : la plate musique, qui est la sienne

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Joseph Ryelandt (1870–1965) : Quintette pour piano et cordes en la mineur op. 32 ; Adagio pour quatuor à cordes en fa dièse mineur op. 13  ; Quatuor à cordes n°2 en fa mineur op. 36 ; Andante Ach Tjanne et Variations pour sextuor avec piano en sol mineur. Quatuor Spiegel : Elisa Kawagutti et Stefan Willems, violons ; Leo de Neve, alto ; Jan Sciffer, violoncelle. Joost Magerman, contrebasse ; Jozef de Beenhouwer, piano. 1 CD Phaedra 92055. Code-barre : 5412327920551. Enregistré en décembre 2007 à la Salle de l’Académie à Saint-Truiden (Belgique). Notice quadrilingue en flamand, français, allemand et anglais. Durée : 57’59’’

 

Depuis quelques années, le label Phaedra poursuit une collection intitulée In Flander’s Fields qui vise à faire découvrir les compositeurs belges oubliés, aussi bien flamands que wallons, ainsi que leurs œuvres. Cette initiative a priori très intéressante nous propose aujourd’hui le volume 55 de cette collection, consacré intégralement à des partitions de (1870–1965).

La biographie de ce musicien ne contient rien de très marquant : il passe sa (longue) vie à Bruges où il s’occupe de musique et où il dirige pendant une vingtaine d’année le conservatoire municipal de musique. Son œuvre comprend des partitions écrites dans tous les genres avec, paraît-il, quelques réussites dans le domaine de l’oratorio. Mais aujourd’hui, ce sont des pièces de musique de chambre qui nous sont données à entendre : un quatuor à cordes et demi, un quintette avec piano et une œuvre pour sextuor avec piano. La pochette précise que est le plus remarquable compositeur post-romantique belge. C’est donc avec plein de curiosité, d’entrain et d’enthousiasme que votre serviteur a mis le disque dans le lecteur, s’attendant à entendre de belles œuvres bien intéressantes, tout disposé à réviser son panthéon personnel et à y inclure notre Belge en bonne place.

Et bien, ne croyez pas toujours ce qui est inscrit sur les pochettes des disques : vous risqueriez d’être déçu. Les interprètes ne sont pas à blâmer, loin de là, ils font ce qu’ils peuvent, les pauvres. Non, ce qui pêche véritablement, c’est le propre style du compositeur, lequel, né en 1870, écrit comme on le faisait alors au tout début du XIXe siècle et encore, il y a beaucoup plus d’audaces dans n’importe quel mouvement de n’importe quel quatuor de Beethoven que dans ce qui nous est donné à entendre. Certes, tout le monde n’est pas Beethoven mais lorsque ce que l’on compose possède la musicalité et l’intérêt d’un banal devoir d’harmonie – aussi propre et appliqué qu’ennuyeux – on pourrait s’abstenir de le proposer à la publication.

La dernière œuvre qui nous est proposée est un thème et variations datant de 1933 ; écoutez donc, en comparaison, des compositions pratiquement contemporaines comme le Concerto en sol de Ravel ou bien le début de Lulu de Berg. Cela pourra remettre des choses à leur juste valeur.

Cet album ne vaut donc, en définitive, que par son intérêt documentaire ; c’est beaucoup trop peu et ne pourra satisfaire que les musicologues, pas les mélomanes.

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