Une compilation anglaise d’airs à la mode au XVIIe siècle

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Mr Playford’s English Dancing Master. Ensemble Les Witches : Odile Edouard, violon ; Claire Michon, flûtes ; Pascale Bocquet, luth et guitare ; Sylvie Moquet, viole de gambe ; Freddy Eichelberger, clavecin et cistre. 1 CD Alpha 909. Code-barre 3760014199097. Enregistré en l’église Saint-Rémi à Sérigny en octobre 2001. Notice bilingue en anglais et en français. Durée : 77’13. Contient le catalogue Alpha 2009.

 

La nouvelle année peut être l’occasion de réaliser de bonnes affaires et de compléter sa discothèque à peu de frais puisque c’est notamment la période des soldes. Le label Alpha nous propose ainsi son catalogue 2009 par le truchement d’un album précédemment sorti en 2001, contenant des pièces tirées d’un ouvrage fort connu en Angleterre à la fin du XVIIe siècle : The English dancing Master, publié pour la première fois en 1651 par l’éditeur John Playford (1623–1686).

Cet ouvrage, qui a connu de très nombreuses rééditions à l’époque, se voulait être une compilation d’airs connus destinés à accompagner les danses. Certains de ses airs étaient d’ailleurs tellement connus qu’on les retrouve dans d’autres recueils publiés précédemment ou ailleurs comme le Der Fluyten Lust-hof (1644) du Hollandais Jacob van Eyck (ca. 1590–1657) qui, lui, est tout spécialement destiné à la flûte à bec et qui contient des mélodies de tous genres toujours suivies de variations. Chez Playford, comme d’ailleurs chez son collègue hollandais, les mélodies sont données «brutes», sans aucun accompagnement, dans une version plus ou moins fiable, et il convient donc aux interprètes d’en assurer un habillage sonore en en improvisant un et, pratiquement, de les recréer en fonction des habitudes musicales de l’époque. Les airs n’ont rien de sophistiqué : des structures simples et courtes car ce sont majoritairement des danses et, ce qui leur confère un charme inouï, elles sont souvent construites sur des échelles modales.

L’ensemble a choisi d’interpréter une vingtaine de ces pièces en n’hésitant pas à parcourir toutes les sources disponibles et en opérant des choix musicaux comme par exemple la mise au net des mélodies. Les sonorités des flûtes et du violon (instrument à faire danser par excellence) pour les lignes mélodique se marient très bien avec les instruments d’accompagnement (cordes pincées et viole de gambe) et le résultat d’ensemble est très agréable à écouter et n’est pas le moins du monde réservé aux amateurs purs et durs. Les spécialistes reconnaîtront ça et là des emprunts à d’autres ouvrages comme la Daphné présente plusieurs fois chez van Eyck mais qui bénéficie ici d’un accompagnement ne figurant pas dans la version originale.

Bon, vous l’avez compris, cet album déjà ancien n’a pas pris une ride et vous allez me faire le plaisir de commencer l’année 2009 en sortant un billet de dix euros et vous l’offrir, si vous ne l’avez pas encore. C’est compris ?

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