La symphonie, de Haydn à Bruckner par Theodor Guschlbauer

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Liège. Salle Philharmonique. 15-I-2009. Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n°77 en si bémol majeur Hob. 1 : 77 ; Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°3 « Wagner » en ré mineur. Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Theodor Guschlbauer

Orchestre Philharmonique de Liège

Le projet «LINZ, Capitale culturelle européenne 2009» résonnait à travers la salle philharmonie de Liège à l’occasion d’un concert associant , père de la symphonie classique et la musique de Bruckner (organiste à la cathédrale de Linz dès 1856). Dans le cadre de ce projet, les équipes artistiques de l’OPL avaient choisi d’inviter les spectateurs de Linz, mais aussi du monde entier à suivre ce concert en direct en le diffusant sur la toile via la technologie streaming live. Ajoutons qu’en plus de ce sympathique cadeau, le concert reste visible en ligne jusqu’au 1er février.

En ouverture de ce concert, , invité depuis 2004 à diriger un cycle de symphonies brucknériennes, avait choisi la savoureuse Symphonie n°77 de Haydn. Le fait que la postérité ne lui ait pas attribué de surnom descriptif a certainement contribué à ce que les grandes baguettes la perdent de vue. Elle n’est pourtant pas dénuée d’attraits, ce que Guschlbauer a su démontrer. Le premier mouvement, Vivace, donne le ton de la symphonie défendue par le chef : joyeuse, raffinée, et fuyant surtout toute exubérance. Le tempo est retenu, allant parfois contre l’enthousiasme des musiciens, dont certaines attaques restent perfectibles. Les bois s’impliquent généreusement dans une partition leur offrant un vaste terrain de jeu. Le premier basson s’y montre remarquablement à l’aise dans ses traits les plus sinueux. Le second mouvement, nostalgique et chantant, se développe à travers des phrasés justement aérés et révélant surtout la flûte. Le trio et le bouillonnant finale confirment ensuite la bonne facture de cette exécution qui si elle s’avère pleine de sagesse aurait pu facilement gagner en audace sans pour autant perdre de son élégance.

Remaniée à plusieurs reprises, la Symphonie n°3 de Bruckner dont Wagner et le dédicataire a été exécutée dans sa version de 1877-1878, c’est-à-dire la version excluant les citations trop explicites de l’œuvre de Wagner (version de 1872-1873) et évitant les coupures malheureuses dans le second mouvement et le finale (version de 1888-1889). Guschlbauer fort de son expérience avec l’orchestre dans ce répertoire vise une nouvelle fois dans le mille. Sa lecture révèle une impressionnante capacité narrative ainsi que la parfaite maitrise de l’architecture de cette symphonie. Mystère et tensions dans un premier mouvement où l’orchestre se montre impérial, tandis que l’andante suivant (adagio dans la première version de la symphonie) plonge les musiciens dans des profondeurs évoquant à la foi Tristan et la Walkyrie. Le scherzo de Guschlbauer est diabolique par son énergie ravageuse emportant tous les musiciens, à l’exception d’un pupitre de cornistes moins réactif. Le finale, lorsque le mystérieux thème de la trompette débutant la symphonie réapparait dans un tutti triomphal en mode majeur apporte enfin une juste conclusion à une œuvre magistrale.

Le concert sera diffusé sur la chaîne de télévision locale RTC le vendredi 6 février à 20h30.

Crédit photographique : © DR

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