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Bach et le trio, une fantaisie de la raison

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Sonates en trio BWV 529, BWV 1027, BWV 1037, BWV 1039 ; Fugue BWV 952. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Adagio et fugue K 404a. Quatuor Hypothesis : Leopoldo d’Agostino, flûtes à bec ; Cinzia Zotti, violes de gambe ; Claudia Poz violoncelle baroque ; Ugo Nastrucci luth et théorbe. 1 CD Hänssler PH 08034. Code barre : 88148880345. Livret quadrilingue (français, anglais, allemand, italien). Enregistré en février 2006 en la chartreuse de Valbonne (Gard). Durée totale : 60’16’’

 

La musique de Bach reste et demeure une référence en matière de transcriptions ou d’arrangement divers. Il n’a pas hésité lui-même à nous montrer l’exemple à diverses reprises, au travers de transcriptions célèbres et géniales. Il est vrai que l’écriture contrapuntique s’y prête complètement : Peu importe le timbre utilisé, ou l’instrument, le discours reste, toujours intense. A partir de là, tout est permis, ce dont ne se prive pas l’ensemble Hypothesis. Deux dessus représentés par la flûte et la viole de gambe, et un violoncelle continuo rehaussé d’un luth, et le tour est joué. Comme les trois mousquetaires, il faut donc être quatre pour jouer le trio baroque. Il suffit alors de prendre dans les sonates pour orgue, ou pour viole de gambe et clavier, et instantanément, nous sommes en situation d’écoute nouvelle, déjà utilisée par Bach dans l’Offrande musicale avec sa fameuse sonate en trio par exemple, ou dans certaines cantates. Même Mozart se laisse prendre au jeu en transcrivant pour trio à cordes quelques fugues à trois voix du clavier bien tempéré. C’est dire si ça marche, et le résultat est convainquant.

Le jeu des musiciens du quatuor Hypothesis est souple, contrasté, d’un tempo souvent modéré, ce qui permet une grande lisibilité du discours, devenant ici un véritable langage parlé. Le plus difficile à obtenir reste une égalité de force entre les voix, sorte de balance sonore entre les registres. Bach évoquait le «tout le monde devant» pour matérialiser cette présence indispensable. Ce disque rend bien cette ambiance, même si la prise de son globalise un peu les choses. Revenons à Mozart découvrant les œuvres de Bach grâce au Baron van Swieten : on imagine la scène où Wolfgang déchiffre pour la première fois L’art de la fugue, ou le Clavier bien tempéré. Quel émerveillement fût le sien ce jour là : la rencontre de deux génies. Du coup, et en hommage au père Bach, Mozart compose quelques petits préludes introductifs aux fugues transcrites.

L’important et l’essentiel dans cette démarche de la transcription en musique, et au-delà de toute justification historique et musicologique, est le résultat obtenu. La musique y gagne-t-elle ? Cela nous permet-il de mieux l’approcher, de l’approfondir ? Sans aucun doute, quand le discours musical est aussi réussi.

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Sonates en trio BWV 529, BWV 1027, BWV 1037, BWV 1039 ; Fugue BWV 952. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Adagio et fugue K 404a. Quatuor Hypothesis : Leopoldo d’Agostino, flûtes à bec ; Cinzia Zotti, violes de gambe ; Claudia Poz violoncelle baroque ; Ugo Nastrucci luth et théorbe. 1 CD Hänssler PH 08034. Code barre : 88148880345. Livret quadrilingue (français, anglais, allemand, italien). Enregistré en février 2006 en la chartreuse de Valbonne (Gard). Durée totale : 60’16’’

 
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