Artistes, Entretiens

Albin de la Simone, de l’accompagnement à l’écriture …

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Profitant de la sortie du double album «Bungalow» (Lire notre chronique) chez Cinq7 / Wagram Music, ResMusica questionne Albin de la Simone et revient sur le parcours et les intentions d’un auteur, compositeur et interprète qui nous offre un troisième opus rempli de soleil et de chansons légères à déguster sans modération.

 

Les entretiens Jazz/Pop/Rock

ResMusica : Vous avez plutôt un parcours de pianiste accompagnateur et d’arrangeur ?
Albin de la Simone : J’ai un parcours de pianiste de jazz plutôt couleur Portal, pas vraiment de formation. Parallèlement et en dehors du jazz, j’accompagnais des chanteurs au fur et à mesure de plus en plus intéressants. Puis j’ai écrit mes premières chansons assez tard, un peu avant trente ans et là ça a été la révolution. Je me suis rendu compte que toute cette liberté que je cherchais dans le jazz et que je ne trouvais pas, dans lequel je ne me sentais pas bien, je la trouvais dans la chanson. J’ai mis assez longtemps à comprendre que le langage que j’employais n’était pas le bon, il fallait changer le medium. Cela a donc été une grande révolution à même pas trente ans. J’ai accompagné Alain Souchon, Jean en tant que pianiste ou arrangeur, guitariste un peu aussi des fois. La plupart du temps en studio, j’ai joué sur beaucoup de disques en fait. J’ai fait quelques tournées avec Alain Souchon et Vanessa Paradis, mais toujours en composant à côté.

RM : Vous partez donc un mois pour Bali…
AdlS : C’est un endroit qui m’attirait beaucoup et en même temps je pouvais me le permettre. Pour l’isolement, je pars toujours pour écrire, j’aurais pu aller plus près mais il se trouve que là j’avais une possibilité d’aller à Bali. Je connaissais un endroit que je trouvais absolument idyllique et dans lequel je me voyais bien faire l’artiste libre et seul. J’étais presque en maillot de bain pendant tout un mois et j’écrivais mes chansons. Juste pour l’écriture et les maquettes, je faisais moi-même un peu de guitare. Lorsque je me suis retrouvé en panne de chœurs, j’ai bricolé ma propre voix que j’ai gardée avec mon ordinateur. Ca donne une voix trafiquée, un peu comme une voix de fille qui rappelle les chansons de Gotainer. Je me suis dit que ça ferait une bonne référence, un clin d’œil aux années 80. Le matin j’écrivais mes textes sur la terrasse puis, quand il faisait trop chaud, je rentrais pour écrire les musiques avec une petite guitare. Je marche dans ce sens là, il y a plein d’écoles différentes mais personnellement j’écris toujours les textes en premier parce que je suis musicien depuis très longtemps, par contre auteur depuis peu. J’ai moins confiance en moi, j’ai vraiment besoin d’arriver à faire un texte dont je suis content pour me dire «là je tiens un texte, maintenant je fais la musique», l’inverse est beaucoup moins sur. J’ai plus de moyens pour m’adapter musicalement que textuellement. J’ai retravaillé les 11 chansons en rentrant, il y a des choses qui évoluent mais le gros du travail a été réalisé à Bali.

RM : Vos chansons sont légères et ont parfois le petit côté dandy d’Alain Chamfort…
AdlS : Pourquoi pas oui, je ne m’en rends pas bien compte mais ça me fait plaisir. J’aime beaucoup Alain Chamfort. Je n’avais pas du tout envie de faire un album déprimant. Il n’y a pas de chansons engagées à part peut-être la toute dernière Le tire-fesses qui est une métaphore sur le besoin permanant d’ascension sociale ou autre et qui dit qu’éventuellement on pourrait aussi lâcher le tire-fesses. Ça fait du bien d’écouter de la musique qui ne fout pas le moral en l’air, tout est agressif actuellement, commercialement agressif. Moi, j’ai envie de faire du bien. Faire rire ou pleurer aussi comme je le propose dans mes chansons mais, principalement, pas de souffrance. Dans mes disques précédents il y avait toujours une chanson ou deux qui abordaient des thèmes très durs comme dans le dernier album où je chante une chanson sur la pédophilie, l’atteinte à l’intégrité sexuelle des ados, hyper dure. J’assume complètement cette chanson mais certaines personnes n’arrivaient vraiment pas à l’écouter et la zappaient en pleine écoute du disque. Là, je n’avais pas du tout envie de faire ça.

RM : Comment est venue la collaboration avec Vanessa Paradis ?
AdlS : Ça vient jamais complètement tout seul mais on se connaît bien, j’ai travaillé avec elle en tournée, on a passé du temps ensemble et du coup je lui ai proposé de remplacer les chœurs numériques d’Adrienne par sa propre voix. Je voulais simplement sous entendre, qu’on la reconnaisse sous la forme d’un clin d’œil. Elle m’a dit que ce serait plus intéressant d’aller plus loin, j’ai donc réécris la chanson en adpatant complètement le texte. On chante maintenant tous les deux à 50/50. La version avec elle est beaucoup mieux que la version d’origine.

RM : Ce troisième album est celui qui va vous faire connaître après la chanson «J’ai changé» qui a bien fonctionnée en radio ? 
AdlS : «J’ai changé» est effectivement la chanson qui a le mieux marché pour moi jusqu’à présent. Je ne suis pas forcément en recherche d’une carrière internationale mais tout ce qui est médiatisé est intéressant parce que ça permet à un maximum de gens de découvrir ce que je fais. Après, ce n’est pas un carton mais ça marche, c’est cool. Maintenant j’ai un public, qui s’élargit sans arrêt avec des gens qui abandonnent bien entendu mais d’autres qui arrivent, toujours plus nombreux.

RM : La chanson française semble bien reprendre du poil de la bête, sur les traces de Delerm ? 
AdlS : Delerm est un très bon copain, j’aime beaucoup, il fait ses traces oui mais il y a plein de traces différentes. On pratique tous la même discipline mais tous très différemment en fait. Je crois qu’il n’y a aucun rapport entre M, Delerm, Camille, Bénabar … On chante tous en français et on a tous une culture musicale de gens qui sont nés dans les années 70, mais c’est tout, on ne se ressemble pas du tout, je trouve.

RM : La tournée française se termine ?
AdlS : J’ai beaucoup tourné depuis la sortie du disque au mois d’avril. La sortie de ce double album coïncide avec la fin de la tournée qui aura lieu à l’Alhambra à Paris, le 10 mars. La tournée française va peut-être reprendre après mais en attendant nous partons au Brésil, en Argentine et au Canada. C’est vraiment une expérience particulière de chanter en français devant des non francophones.

RM : En matière de musique, vous diriez que vous êtes plutôt Pop ?
AdlS : Dans ce que je fais ou dans ce que vous avez écouté oui mais dans ce que j’écoute, musique classique, musique pour enfants, jazz, pop, rock … Je suis assez éclectique, il y a de bonnes choses partout. J’aime par exemple le jazz depuis Armstrong jusqu’à Portal. Pour le classique, j’écoute plutôt à la mesure qu’évolue le répertoire d’un de mes amis, Alexandre Tharaud, qui vient de sortir un disque de Satie. Je vais donc écouter beaucoup Satie comme j’ai écouté Schubert, Rachmaninov, Debussy, les variations Goldberg par Glenn Gould… Je n’écoute pas que du piano bien entendu mais là maintenant, je n’ai que ça en tête (sourire).

Propos recueillis le 12/02/2009

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