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Concertos pour cello fans

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Carl Philipp Emanuel Bach (1714 – 1788) : Concerto pour violoncelle et cordes en la majeur Wq 172  ; Friedrich Hartmann Graf (1727 – 1795) : Concerto pour violoncelle et orchestre en ré majeur ; Johann Adolph Hasse (1699 – 1783) : Concerto pour violoncelle et orchestre en ré majeur ; Johann Michael Haydn (1737 – 1806) : Concerto pour violoncelle et orchestre en si bémol majeur. Jan Vogler, violoncelle, Orchestre de chambre de Munich dirigé par Reinhard Gœbeld. 1 CD Sony classical 88697119972, code-barres 886971199727. Notice trilingue (anglais, allemand et français). Durée : 77’19’’

 

Le XVIIIe siècle a vu le remplacement progressif des instruments de la famille des violes par ceux de celle du violon. Cela a débuté par l’aigu avec l’emploi de plus de plus fréquent du violon et l’abandon quasi-généralisé du pardessus de viole, même en France, pays défenseur s’il en a été de cette fratrie munie de six cordes et accordées en quartes. En ce qui concerne le grave, ce phénomène a été plus long à se réaliser et pendant quelques temps encore, on a pu trouver des basses de viole assurant les parties graves, en concurrence avec les basses (violoncelles) et contrebasses de violon. Les nouveaux venus avaient une sonorité plus puissante et c’est donc tout naturellement qu’ils ont été sollicités en tant que solistes pour briller avec ce nouveau genre musical récemment apparu qu’était le concerto. Mais chacun des membres de cette nouvelle bande des quatre n’a pas eu la même chance et le violon s’est taillé une part beaucoup plus belle que les autres dans ce nouveau gâteau. L’alto fut jugé insignifiant car moins brillant ; quant à la contrebasse, accordée en quintes, elle n’était alors pratiquement pas capable de virtuosité. Le violoncelle, en revanche, a rapidement été pourvu de concertos (dès Vivaldi) et s’est même vu être l’un des instruments favoris de l’aristocratie musicienne. Ce n’est donc pas étonnant si le répertoire de cet instrument s’est très vite développé et a compris tout au long de ce siècle de nombreuses œuvres concertantes.

Le violoncelliste , excellemment accompagné par l’ dirigé par Reinhard Gœbel, nous propose donc un album regroupant quatre concertos écrits au XVIIIe siècle à 25 ans de distance par des compositeurs germaniques de renom (du moins pour C. P. E. Bach, Hasse et car Friedrich Hartmann Graf est moins connu). Si celui du fils Bach avait déjà été enregistré, ceux de ses confrères connaissent ici leur toute première gravure, ce qu’il faut bien évidemment saluer. Disons-le tout net : si l’ensemble s’écoute sans déplaisir – grâce à l’excellence des musiciens, tant accompagnateurs que soliste – une fois les morceaux achevés, pas grand-chose ne subsiste de leur écoute, un peu comme un rosé bien frais et bien gouleyant en été. Sitôt écouté, sitôt oublié. Seul parmi les quatre œuvres présentes, le concerto de (compositeur vraisemblable de l’œuvre) réussit à accrocher l’oreille de l’auditeur. Il faut dire qu’il est le plus tardif et sans doute formellement le plus abouti, les autres concertos, oscillant entre le baroque tardif et le style préclassique, se cherchant encore un peu. Pour finir, l’écoute a révélé un détail technique plutôt gênant à la longue : il semblerait que le clavecin ait été mixé de manière trop présente car on l’entend souvent presque aussi fort que l’ensemble des cordes réunies ou que le violoncelle et l’on est presque amené à se demander alors qui est soliste. Mais rassurez-vous, c’est bien le meneur de jeu car ce musicien est un véritable maître de son instrument et c’est un plaisir de l’écouter.

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Carl Philipp Emanuel Bach (1714 – 1788) : Concerto pour violoncelle et cordes en la majeur Wq 172  ; Friedrich Hartmann Graf (1727 – 1795) : Concerto pour violoncelle et orchestre en ré majeur ; Johann Adolph Hasse (1699 – 1783) : Concerto pour violoncelle et orchestre en ré majeur ; Johann Michael Haydn (1737 – 1806) : Concerto pour violoncelle et orchestre en si bémol majeur. Jan Vogler, violoncelle, Orchestre de chambre de Munich dirigé par Reinhard Gœbeld. 1 CD Sony classical 88697119972, code-barres 886971199727. Notice trilingue (anglais, allemand et français). Durée : 77’19’’

 
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