Giovanni Antonini passe héroïquement la 3ème puis joyeusement la 4ème

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Ludwig van Beethoven (1770 – 1827) : Symphonies n°3 et 4. Kammerorchesterbasel dirigé par Giovanni Antonini. 2 SACD Sony classical 88697192522, code-barres 886971925227. Enregistré en Suisse en mai 2006 au Centre de Culture et de Congrès de Lucerne (Symphonie n°3) et en septembre 2007 à la Salle de musique du Stadtcasino de Bâle (Symphonie n°4). Notice trilingue en anglais, allemand et français. Durées : 47’06 et 32’30.

 

Après une version des Symphonies n°1 et n°2 qui avaient reçu à l’époque (2006) de la part de notre chroniqueur un accueil plutôt mitigé, nous revient aujourd’hui avec la suite de ce qui a l’air de s’annoncer comme une intégrale des symphonies de Beethoven, avec les Symphonies n°3 et n°4.

Ces deux œuvres ont la particularité d’être vraiment à l’opposé l’une de l’autre. La première est noble et sérieuse – il s’agit tout de même de l’Héroïque ! – alors que la seconde est presque badine, voire joyeuse. La première est l’un des monuments du genre symphonique tandis que pratiquement personne n’est capable de fredonner ne serait-ce qu’un seul thème de la seconde. La première fait partie des symphonies à numéro impair – pour certains, les seules valables – et la seconde des œuvres à numéro pair, dites de seconde catégorie. Bref, l’une est une star et pas l’autre.

était jusqu’à présent surtout connu pour son travail dans le domaine de la musique ancienne, italienne et vivaldienne de préférence, en tant que chef et splendide flûtiste à bec de l’ensemble Il Giardino Armonico dont il est le fondateur. Avec cet ensemble, il nous a donné de nombreux excellents CD et DVD contenant des œuvres de musique baroque. C’est donc avec une certaine surprise que nous le (re)voyons aujourd’hui à la tête d’un orchestre – comme Franz Brüggen en son temps – pour jouer Beethoven, dont l’esthétique est a priori assez éloignée de celle du prêtre roux. Son orchestre, le Kammerorchester de Bâle, est une phalange de jeunes musiciens bien aguerris à l’interprétation de la musique ancienne : peu nombreux – une quarantaine – ils jouent sur instruments d’époque et ont les moyens techniques et stylistiques de suivre leur chef.

Forcément, comme nous l’avons écrit plus haut, l’auditeur connaît son Héroïque à la note près et attend notre Italien au tournant : qu’est-ce que ce baroqueux va bien pouvoir en faire ? Et bien le résultat est là ! La construction d’ensemble est parfaitement comprise et réalisée, les options de tempi et de nuances très cohérentes et les sonorités des différents pupitres magnifiquement harmonisées. Aucun excès typique (comme une extrême nervosité ou rudesse des attaques) des baroqueux « repentis » n’est à relever, tout sonne et coule parfaitement : les quatre mouvements s’enchaînent avec bonheur. Quant à la n°4, son côté pimpant est lui aussi très bien rendu et elle passe tellement vite sans être précipitée – une demi-heure – qu’on a besoin de recommencer la lecture pour la goûter de nouveau.

Ce double-album est donc manifestement une réussite et nous attendons maintenant avec impatience ce que Giovanni Antonini va nous proposer avec les deux suivantes sur la liste : les Symphonies n°5 et n°6 !

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.