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Owen Wingrave, a war opera dominé par Peter Pears et Janet Baker

À emporter, DVD, DVD Musique, Opéra

Benjamin Britten (1913-1976) : Owen Wingrave. Mise en scène et réalisation : Brian Large et Colin Graham. Décors : David Myerscough-Jones. Costumes : Charles Knode. Lumière : Hubert Cartwright. Avec : Benjamin Luxon, Owen Wingrave ; Janet Baker, Kate Julian ; John Shirley-Quirk, Spencer Coyle ; Nigel Douglas, Lechmere ; Heather Harper, Mrs Coyle ; Peter Pears, le Général Wingrave / le Narrateur ; Sylvia Fisher, Miss Wingrave ; Jennifer Vyvan, Mrs Julian. The Wandsworth School Boys’Choir (chef de chœur : Russel Burgess), English Chamber Orchestra, direction : Benjamin Britten. 1 DVD Decca – The Britten-Pears Collection 0743330. Code barre : 044007433300. Enregistré par la BBC en novembre 1970 aux Maltings, Snape. Langue : anglais. Sous-titres en anglais, français, allemand, espagnol. Notice en anglais, français, allemand. Toutes zones. Format son : LPCM mono et Enhanced Dolby mono. Format image : 4/3, NTSC. Bonus : extraits de Music now, émission de la BBC2 diffusée le 9-V-1971. Durée : 126’

 

Après le succès des productions filmées de Billy Budd (1966) et de Peter Grimes (1969), se laissa convaincre d’écrire un nouvel opéra pour la télévision. Depuis la première transmission européenne du 16 mai 1971, l’œuvre n’a guère fait carrière, et est restée l’un des opéras les moins populaires de Britten. On accuse souvent le livret, adapté, comme The Turn of the Screw, d’une nouvelle de Henry James qui mêle de façon curieuse le manifeste pacifiste, la critique sociale et le surnaturel : le jeune Owen Wingrave est rejeté par ses proches lorsqu’il annonce que ses convictions l’empêchent de devenir soldat, comme l’impose la tradition familiale, et cette situation apparemment insoluble n’est dénouée que par les fantômes de ses ancêtres, qui provoquent la mort du jeune homme. Cette fin abrupte reflète le pessimisme de l’œuvre, hérité sans doute des attaques subies par le jeune Britten, expatrié puis objecteur de conscience pendant la Seconde guerre mondiale.

Les détracteurs de l’œuvre n’épargnent pas non plus la partition. Il est vrai que Britten, conscient que la télévision lui donnait accès à un nouveau public, s’est efforcé de ménager beaucoup d’airs et d’ensembles, qu’il traite parfois dans un style relativement conventionnel. Tous les personnages ne sont pas dessinés avec la profondeur et l’ambiguïté qui lui sont coutumières. L’œuvre n’en demeure pas moins captivante par la beauté de l’orchestration, parcourue de fanfares lugubres et de marches sinistres. Parmi les passages mémorables, la ballade pour ténor, chœur de garçons et trompette retrouve la poésie désolée du War requiem. Dans l’air final d’Owen, qui contient les plus belles phrases du livret, les percussions tintinnabulantes annoncent les extases morbides de Death in Venice.

Sous la conduite du compositeur, cette version rééditée avec soin prend le pas sur l’enregistrement audio gravé en même temps et avec la même distribution, car elle rend à l’œuvre sa dimension audiovisuelle. Britten a en effet profité des possibilités offertes par le film : la seconde scène présente ainsi deux actions qui se déroulent simultanément en deux endroits différents, la correspondance étant assurée à la fois par l’accompagnement orchestral et par la surimpression d’un défilé de cavalerie avec un tableau traitant du même sujet. Par ailleurs, la réalisation du jeune Brian Large est remarquablement efficace et, à l’exception des décors de studio, a beaucoup moins vieilli qu’on pouvait le craindre. La distribution, choisie parmi les meilleurs chanteurs britanniques de l’époque, est dominée par les superbes et .

On peut donc considérer ce DVD comme la version de référence d’une œuvre attachante, sans pour autant négliger le film de 2001, disponible chez Arthaus Musik.

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