Macbeth de concert

La Scène, Opéra, Opéras

Rennes. Opéra. 20-IV-2009. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Macbeth, opéra en 4 actes sur un livret de Francesco Maria Piave révisé par Andrea Maffei. Version de concert. Avec : Marzio Giossi, Macbeth ; Olga Romanko, Lady Macbeth ; Andrea Papi, Banco ; Luc Robert, Macduff ; Mathias Vidal, Malcolm ; Sylvia Kevorkian, Dame d’honneur ; Nicolaï Bukavec, Médecin. Chœur de l’Opéra de Rennes (chef de chœur : Gildas Pungier), Orchestre de Bretagne & Harmonie Municipale, direction musicale : Giuseppe Grazioli

Après un début de saison riche en découvertes, l’Opéra de Rennes renoue avec le grand répertoire, l’espace de cinq représentations concertantes de Macbeth. Pas de mise en espace, cette fois, mais des chanteurs qui abandonnent pupitre et partition, se déplacent et interagissent sur scène. La distribution est de très bon niveau et chacun parvient à caractériser son personnage, tant par son énergie vocale que par son intense présence.

Comédien impressionnant, Marzio Giossi traduit les angoisses et les colères de Macbeth avec subtilité et impact. Il use habilement d’une voix sonore et séduisante, aux couleurs authentiquement verdiennes. Sa prestation, digne d’honneur, culmine dans un très investi «Pieta, rispetto, amore», mais de réguliers signes d’engorgement tempèrent parfois notre plaisir. Face à lui, affirme sa cruauté altière et s’appuie sur un instrument d’un matériau relativement impersonnel mais d’une parfaite homogénéité sur toute la tessiture, allant du grave, exempt de poitrinage, aux aigus, légèrement métalliques. Sa voix, ample et généreuse, emplit la salle de ses vibrations mais se plie à de subtiles nuances et s’impose dans les moments les plus dramatiques comme dans les passages de virtuosité.

confère un grand relief à Banco, par sa présence impérieuse et la profondeur de son registre grave. Ce chanteur, qui avait fait ses débuts hexagonaux à vingt-deux ans seulement dans Sparafucile, en 1996, semble arrivé à pleine maturité. , découvert ici-même dans Le Roi d’Ys la saison dernière, affiche des moyens séduisants. Mais le chant manque parfois de raffinement et l’interprète de personnalité. A la baguette, impose une lecture énergique et fougueuse, faisant sonner un Orchestre de Bretagne qui confirme à chaque prestation sa qualité technique et sa plénitude sonore, tout comme l’harmonie municipale, qui assure en coulisses la musique de scène. Ceci nous vaut d’impressionnantes envolées dans le final. Mais l’on peut regretter que le chef ne sacrifie davantage au clair-obscur. Les chœurs, en dépit de légers décalages, apportent leur écot à cette soirée généreusement saluée par le public rennais. Cela démontre, s’il en était besoin, l’extraordinaire potentiel dramatique de la version révisée de l’ouvrage.

Crédit photographique : © DR

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