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Annibal Gantez : L’Art, chemin de Vérité

À emporter, CD, Musique d'ensemble

L’épopée d’Annibal Gantez (vers 1600-1668) : Missa Vigilate à 6 voix et Lettres ; Ensemble Vox Cantoris : Carole Ségura-Krémer, superius ; Andres Rojas-Urrego, alto ; Jean-Christophe Candau, ténor et direction ; Hervé Lamy, ténor ; Jean-Marie Vié, baryton ; Antoine Sicot, basse. 1 CD. Psalmus PSAL004 ; Code Barre : 3 760173 760039 ; DDD ; Enregistré du 3 au 6 septembre 2008 en l’Eglise Saint Pierre de la Réole (33). Notice en français et en anglais ; Textes en français et en anglais. Durée totale : 65’67’’.

 

L’ensemble redonne vie à un patrimoine musical méconnu, celui des messes polyphoniques des XVIIe et XVIIIe siècles, en interprétant ici la Messe à 6 voix Vigilate d’, éminent maître de chapelle de cette époque.

En guide musical et spirituel, nous invite à suivre un parcours initiatique vers la Vérité. Pour ce faire, il prend le parti de choisir pour ses fidèles une Messe de temps ordinaire, moins solennelle que celles dites aux grandes fêtes de l’année liturgique. Car «si l’ami du Christ veut mettre en paix les passions de son âme, qu’il fasse en sorte de toujours s’incliner non au plus facile, mais à ce qui comporte le plus de difficultés […], non au plus élevé et précieux, mais à ce qui est humble […]» (Saint Jean de la Croix, Avis). Dès lors, parvenir au terme du voyage, passer des ténèbres à la lumière suppose le dépouillement et le silence intérieur. Annibal Gantez compose alors une messe plus austère, qui nécessite presque un certain recueillement pour en apprécier toutes les subtilités. Fixés vers ce but, l’ensemble adoptera un rythme lent, faisant ainsi ressortir le commentaire lyrique des paroles sacrées. La Messe Vigilate est donc proposée dans une version très épurée : un chanteur par voix, sans ajout d’instruments.

Messe à 6 voix, la Messe Vigilate est le fruit de la science des maîtres de musique dans l’art de composer les messes. Témoignage précieux de l’art liturgique de la période baroque, elle reste pourtant l’une des seules œuvres conservées d’Annibal Gantez, avec la Messe Laetamini. Plus connue est sa correspondance, l’Entretien des musiciens, composée de près de cinquante-sept lettres envoyés à ses amis. Certaines d’entre elles ont été sélectionnées pour ce récital. Lues par , elles illustrent à merveille chaque pièce de la liturgie. A l’écoute de sa musique et ses lettres, c’est l’âme d’un homme qui s’anime, révélant une personnalité brillante et profonde, un prêtre musicien à la savoureuse répartie. Convaincu que «la Musique sans les lettres est corps sans âme» (Lettres XXII, Musique et Philosophie), l’homme d’église complète l’oraison ineffable par la méditation, et les questions métaphysiques se déploient au fur et à mesure de l’avancée du chemin.

Dès lors, la contemplation du mystère divin peut avoir lieu. Dans l’austérité et la pénombre d’une chapelle, l’atmosphère est grave, face à la misère de l’homme devant son Créateur. Pourtant, chaque passage de la liturgie est une nouvelle ascension, de la misère vers l’espérance. Chaque section du texte liturgique s’achève en cadence, comme pour laisser au pèlerin le temps de méditer avant de reprendre la route. Les voix s’unissent, puis se dédoublent, résonnent dans les voûtes célestes, jusqu’à former l’harmonie sonore parfaite. En somme, par ce récital, les interprètes, chanteurs et comédienne, ont su répondre aux désirs de leur inspirateur : porter l’âme à Dieu.

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