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Mozart et la clarinette : une belle histoire

À emporter, CD, Musique symphonique

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour clarinette K622 ; Quintette avec clarinette K581. Paul Dean, clarinette ; The Queensland Orchestra : direction : Guillaume Tourniaire. The Grainger Quartet. 1 SACD Melba MR301122. Code-barre : 9314574112221. Enregistré en août 2008 au Studio 420 à Brisbane (Quintette) et en septembre 2008 au City Recital Hall de Sydney. DDD. Notice trilingue (anglais, allemand et français). Durée : 58’42’’.

 

S’il est connu que Mozart détestait la flûte traversière, il est tout aussi notoire qu’il adorait la clarinette, instrument alors en plein essor. Dans une lettre à son père datée du 3 décembre 1778, il écrit : «Si seulement nous avions aussi des clarinettes ! Vous ne pouvez pas imaginer la sonorité ainsi produite dans une symphonie par le mélange des flûtes, hautbois et clarinettes. » Quelques années plus tard, Mozart devint ami avec deux frères qui en jouaient à l’orchestre de la cour de Vienne, Johann (1755 – 1804) et surtout Anton (1753 – 1812) Stadler.

Anton Stadler jouait du cor de basset et de la clarinette de basset, instrument réalisé spécialement pour lui par le facteur Theodor Lotz (ca. 1747 – 1792) car il aimait particulièrement les sons du registre grave de la clarinette, le chalumeau. C’est donc pour cet instrument – ce prototype d’instrument, devrait-on dire – que Mozart a composé les deux œuvres présentes sur cet enregistrement.

Le Concerto pour clarinette K. 622, est l’une des dernières partitions achevées de Mozart et date du début octobre 1791. Le manuscrit original, à destination de la clarinette de basset, a été perdu et la version plus ancienne que nous connaissons est celle de l’éditeur André, datant de 1801, transformant la partie soliste afin qu’elle soit jouable sur la clarinette «standard». Pour cette œuvre, est magnifiquement accompagné par le Queensland Orchestra dirigé par un frenchie : . L’ensemble est vif et alerte, les sonorités mœlleuses et cette version semble très convenable, même si elle ne déchainera pas les passions. Mais c’est l’occasion de (re)découvrir ce petit bijou qu’est le Concerto.

Le Quintette avec clarinette, est tout aussi magnifique et Mozart s’est aventuré dans la musique de chambre. Mais, si le Concerto a de quoi charmer nos oreilles, cette version du Quintette semble manifester beaucoup de défauts. La prise de son est réalisée de manière curieuse : il y a deux blocs, la clarinette d’un côté (en technicolor) et les cordes (en gris) de l’autre. Une fois l’équilibre instrumental mentalement rétabli, ce que nous entendons de la part du quatuor n’est pas très réjouissant : vibratos exagérés, manque d’implication et sonorités chiches. Tout cela mis bout à bout donne une version vieillotte de la partition. A oublier, donc.

Enfin, il est regrettable que Melba n’ait pas jugé bon de compléter le minutage trop court de cet album – très luxueusement présenté – par le Trio «des quilles» K. 498, autre partition destinée à Anton Stadler : cela aurait procuré un enregistrement aussi bien complet que cohérent, à défaut d’être musicalement indispensable.

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