Eric Le Sage, schumannien de référence

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Robert Schumann (1810-1856). Intégrale Schumann / Eric Le Sage, volume VII : Klavierwerke & Kammermusik VII : 12 vierhändige Klavier-Stücke für Kleine und große Kinder Op. 85, Ball-Scenen Op. 109, Kinderball Op. 130, Album für die Jugend Op. 68. Éric Le Sage, piano avec Frank Braley, piano (Op. 85), Denis Pascal, piano (Op. 109 et 130). 2 CD Alpha 145. Code-barre : 3760014191459. Enregistré à L’heure bleue, Salle de musique, La Chaux-de-Fonds (Suisse) en août 2008. Notice bilingue (français et anglais). Durées : 62’55’’et 69’59’’.

 

Le lecteur non germaniste pourrait s’effrayer en lisant les titres des œuvres de , présentés dans ce double album. Pourtant, il ne s’agit que de partitions à deux et à quatre mains destinées en priorité aux « jeunes » pianistes, d’un accès a priori très facile. Éric Le Sage poursuit donc son intégrale, dont les précédents volumes ont déjà été largement salués ici, avec ces recueils de pièces fort célèbres, comme Le Petit Cavalier ou Le Gai Laboureur que votre petite voisine s’acharne à massacrer/jouer/honorer (rayer la mention inutile) quotidiennement.

, devenu schumannien de référence, nous propose de plonger à nouveau dans le domaine de l’enfance pianistique propre au musicien allemand. Le premier disque est ainsi consacré aux œuvres à quatre mains, tandis que le second nous donne à entendre l’intégralité des 43 pièces de l’Album pour la jeunesse. Aidé dans sa tâche par et , les pièces à quatre mains s’enchaînent sans heurt, toutes pourvues d’un titre évocateur censé aider l’auditeur à en saisir les intentions. Mais si le jeu des pianistes est parfait – modèle de sensibilité, de nuances, d’équilibre entre les mains – la prise de son pose un problème. En effet, ces pièces ont été captées de manière superlative, avec un rendu énorme, et l’auditeur semble à chaque instant pratiquement immergé dans le piano, ce qui gâche un peu le plaisir de l’écoute.

Malheureusement, ce même défaut se retrouve dans le disque de l’Album pour la jeunesse où tous les morceaux, également très représentatifs de la Hausmusik ou musique « domestique », sonnent comme dans une cathédrale, alors qu’une atmosphère beaucoup plus sèche aurait sans doute mieux convenu. On pourrait dire que le champ du Gai Laboureur a, dans cette version, une superficie de vingt-cinq hectares ! Evidemment, il n’est pas question d’émettre de quelconques réserves sur l’interprétation de Éric Le Sage : son Album est magnifiquement interprété. On peut juste regretter le fait que ces petites pièces (par leur format) aient bénéficié du même traitement que d’autres, conçues pour le concert. Comme toujours, la notice est de très haute tenue et bénéficie des plumes expertes de Brigitte François-Sappey (pour la musique) et de Denis Grenier (pour la reproduction du tableau).

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