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Aulis Sallinen, symphoniste d’aujourd’hui et de toujours

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Le Finlandais (né en 1935) se distingue par sa production symphonique comme l’un des créateurs les plus significatifs de la musique occidentale depuis la seconde moitié du XXe siècle. Compositeur nourri du passé le plus glorieux mais en rien passéiste, bien intégré dans son époque, il a élaboré des partitions sans concession, absolument habitées et sources de merveilleuses écoutes.

Le parcours tracé par depuis sa naissance près du lac Ladoga, en Carélie occidentale, situé au nord de Saint-Pétersbourg (aujourd’hui en territoire russe) le 9 avril 1935 l’aura conduit au rôle de compositeur phare de son pays et de symphoniste occidental de tout premier plan. Jeune étudiant formé par de prestigieux musiciens de la trempe de Aare Merikanto et de Joonas Kokkonen à l’Académie Sibelius, il a pour condisciples des maîtres tels que Einojuhani Rautavaara, Usko Merilaïnen, Paavo Heininen et Erkki Salmenhaara qui, eux aussi ont forgé une esthétique marquante. Diplômé en composition en 1960 Sallinen s’est élancé vers tous les possibles et, étape après étape, s’est constitué un catalogue où brillent des symphonies, mais aussi des opéras, des musiques parodiques. Dans le même temps, l’homme conserve une grande modestie, une réelle humilité et sans aucun doute une lucidité sur la déréliction et la finitude constitutives de chaque individu, conscient de sa petitesse et de ses vains élans. «Je ne me fais aucune illusion sur les possibilités pour un compositeur de changer le monde, mais au moins je suis incapable d’éliminer le monde de mon œuvre et, capable d’humanisme comme je le suis, je sais que le monde doit toujours exister quelque part». Sagesse du créateur qui précise encore : «Mon existence adopte un tempo paisible mais intensif, elle est un legato».

Ce moderniste modéré, ouvert avec circonspection aux techniques de son temps, donne une totale priorité et une faveur appuyée à ses projets personnels. Il s’efforce d’offrir une cohérence à ses partitions inspirées mais jamais académiques, passéistes ou nostalgiques d’une époque révolue. L’effet qu’elles produisent sur le psychisme de la majorité des auditeurs rend compte d’un magnifique pouvoir suffisant à le classer parmi les plus grands. Après une brève attirance pour le dodécaphonisme, une fascination durable pour l’art de la variation, il s’essaie à un certain néoclassicisme qu’il abandonne bientôt. Il construit peu à peu, sans rejeter la tonalité, sans détruire un certain esprit post-romantique, un langage individuel constituant une authentique signature musicale. Les accords parfaits tout comme les clusters l’aident à atteindre ses buts intimes, ses dons mélodiques tout comme ses multiples inventions orchestrales enrichissent sa musique en un tout novateur sans être jamais iconoclaste ou révolutionnaire. Sallinen excelle dans la création d’atmosphères méditatives souvent, ardentes parfois, suggestives régulièrement, capables de tisser des liens invisibles mais bien présents avec ses auditoires. Sallinen a un style caractéristique. Quel titre de gloire plus flatteur que celui-là ? «Je ne suis pas un révolutionnaire, je fais évoluer mon langage. J’ai aussi cherché à éviter un langage musical fermé, j’ai souhaité laisser les influences venir du dehors…»

S’il fallait tenter un terme tiroir nous dirions que sa musique s’inscrit probablement dans une optique néo-romantique individuelle. A 74 ans, Aulis Sallinen poursuit avec inspiration et enthousiasme son œuvre créatrice, qui compte aujourd’hui de nombreux chefs-d’œuvre.

Sallinen s’est imposé comme un symphoniste exceptionnel certes, mais pas uniquement. Il faudrait présenter ses opéras merveilleux et inventifs (au nombre de six) dont certains ont été donnés sur de nombreuses scènes finlandaises mais aussi ailleurs en Scandinavie et plus largement dans des productions internationales. Ainsi a-t-il participé très largement au renouveau de l’opéra national. Jamais dénué d’humour Sallinen a également composé de nombreuses partitions oscillant entre le pastiche, la caricature et l’humour (série des Musiques de chambre), d’autres inspirées par les grandes formes classiques qu’il sait revisiter (comme les quatuors à cordes) mais aussi par l’épopée nationale finlandaise qu’est le Kalevala qui jadis avait inspiré magistralement, mais différemment, l’immense Jean Sibelius. Cultivé et curieux comme l’est Sallinen, il est évident que beaucoup d’autres sources littéraires mais aussi politiques ou sociales ont su stimuler sa production à diverses périodes de son parcours créateur.

L’analyse ci-dessous propose une analyse synthétique du corpus des huit symphonies de Sallinen, complétée d’une discographie et d’une bibliographie des ouvrages en langue française.

Lire l’analyse : Aulis Sallinen, symphoniste d’aujourd’hui et de toujours (12 pages)

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