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Le bonheur d’écouter Haydn par le Trio Hoboken

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Joseph Haydn (1732-1809) : Trios avec piano n°32 en la majeur Hob.XV/18 ; n°33 en mi mineur Hob.XV/19 ; n°34 en si bémol majeur Hob.XV/20 ; n°41 en mi bémol majeur Hob.XV/31. Trio Hoboken : Saskia Lethiec, violon ; Jérôme Granjon, piano ; Renaud Déjardin, violoncelle. 1 CD Lyrinx LYR263. Code barre : 3 700232 202636. Enregistré à Marseille, Chapelle des Dames réunies, du 19 au 23 mai 2008. Notice bilingue (français et anglais). Durée totale : 61’34’’

 

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Ce disque regroupe les quatre trios que Haydn composa, tout comme ses dernières symphonies, lors de son second séjour à Londres, en 1794 et 1795.

Ce qui frappe l’oreille de prime abord, c’est la qualité du son. Les musiciens interprètent sur des instruments modernes, mais cela sonne plus ou moins « ancien », surtout pour les cordes. La prise de son restitue la sonorité spécifique de chaque instrument, traité sur un plan d’égalité avec les autres. Le violoncelle, que l’on entend moins nettement que le violon sur de nombreux enregistrements de musique de chambre, résonne ici très clairement, jusque dans les moindres détails. Cela n’étouffe pas pour autant les deux autres parties que l’on suit très agréablement. On notera donc un très bon équilibre sonore, dans une résonance ni trop sèche ni excessive. La notice d’enregistrement indique une « prise de son originale dsd multicanal » ainsi qu’une « tête microphonique expérimentale ». Le secret d’un son idéal semble se cacher derrière ce procédé – dont on est curieux d’en savoir plus.

Côté interprétation, c’est un vrai régal. On se laissera volontiers entraîner par le joyeux tourbillon du rondo du Trio en la majeur ou par l’élan du Presto final du Trio en si mineur, ou encore par ces irrésistibles gammes rapides dans le premier mouvement du Trio en si bémol majeur. Les musiciens nous transmettent la bonne humeur du « Papa Haydn », notamment à travers des passages d’une virtuosité éclatante qu’ils jouent comme si de rien n’était. Quel plaisir également de se plonger dans ces mélodies, si belles et si paisibles, dans l’Adagio du Trio en sol mineur et dans l’Andante cantabile du Trio en si bémol majeur ! Dénuées de vibrato, les cordes s’affirment avec une sonorité pure et régulière, tandis que le piano se distingue par la légèreté du jeu, même dans des moments graves, empêchant définitivement de tomber dans la lourdeur, piège trop souvent fatal pour l’interprétation de Haydn.

Naturellement agréable, ce disque donne l’envie d’être écouté et réécouté, même en boucle.

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