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Orgue et clarinette au château

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Ancy-le-Franc, cour du Château.11-VIII-2009. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Sinfonia extraite de la Cantate BWV 29. Felix Mendelssohn-Bartholdi (1809-1847) : Quatre romances sans paroles ; Sonate n°3 pour orgue. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Sonate pour clarinette et piano op.121 (transcription pour clarinette et orgue). Frank Martin (1890-1974) : Sonata da chiesa. Olivier Messiaen (1908-1992) : Abîme des oiseaux, extrait du Quatuor pour la fin du temps. Thierry Eschaich (né en 1965) : Tanz-fantaisie. Paul Meyer, clarinette ; Denis Comtet, orgue

Musicancy

Ancy-le Franc, petite bourgade du Tonnerrois possède un patrimoine inestimable : le château des Clermont-Tonnerre, un monument typique de la Renaissance française qui n’a que très peu connu les vicissitudes du temps. Régulièrement celui-ci est mis en musique par le biais de Musicancy, qui propose régulièrement des concerts de mars à novembre avec à l’affiche Juliette Hurel, Jean Tubéry, Cyril Huvé, … et ce soir le clarinettiste accompagné à l’orgue par , un duo rarissime, rendu possible grâce à la location d’un instrument (forcément numérique) à Grand Orgue en liberté.

A duo original, répertoire original. Certes, Bach et Mendelssohn sont monnaie courante à l’orgue et l’Abîme des oiseaux est un grand classique de la clarinette seule. Mais mettre les deux instruments en même temps relève de la gageure, celle de trouver des œuvres qui une fois transcrites peuvent sonner. Tel n ‘est pas le cas des Quatre romances sans paroles de Mendelssohn, pièces qui dans leurs version originales sont assez anecdotiques dans la production du compositeur. La Sonate de Saint-Saëns sonne déjà mieux (sauf peut-être les trilles initiaux du dernier mouvement qui perdent tout aspect rythmique) mais rien ne vaut bien sur les œuvres dont l’écriture est prévue pour l’orgue.

Ainsi la Sonata da chiesa de permet à ces deux excellents musiciens de s’exprimer clairement. Prévue à la base pour flûte et orgue, la lecture à la clarinette passe très bien, et les timbres des deux instruments se marient idéalement. Même jeu pur la Tanz-fantaisie de dont on peine à croire que la composition est postérieure à celle de (ou Messiaen) : écrite pour trompette et orgue (un duo bien plus courant) l’instrument à anche prend facilement la place de l’instrument à embouchure.

Le public, qui ne pouvait être que comblé par la prestation de ces deux excellents musiciens, a été gratifié de trois bis, un Romance déjà jouée de Mendelssohn, la fin de la Tanz-fantaisie et une pièce de Ludwig Spohr. Le duo clarinette-orgue passe bien (à condition de bien doser la balance entre les deux instruments) mais le répertoire manque. Avis aux compositeurs.

Crédit photographique : © Karen Calderwood

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