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Paul Badura-Skoda, quand le mot l’emporte sur la phrase …

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano n°22 en mi bémol majeur K.482 ; Concerto pour piano et orchestre n°18 en si bémol majeur K.456. Orchestre de Chambre de Prague, piano et direction : Paul Badura-Skoda. 1CD Transart TR 166. Enregistré à Prague, au studio Domovina les 14-15 septembre 2006 (n°18), au Rudolfinum le 30 avril 2008 (n°22). Notice trilingue (texte de Paul Badura-Skoda, français-allemand-anglais). Durée totale : 75’11.

 

poursuit ici sa série de concertos de Mozart pour l’éditeur Transart après l’album consacré au Concertos n°14, n°16 et n°24, avec les mêmes interprètes. Cette fois-ci il nous offre une prise de studio du Concerto n°18 joué sur un Bösendorfer, et un concert live enregistré au Rudolfinum de Prague pour le Concerto n°22 joué sur un Steinway. Il y a donc plusieurs raisons d’écouter cet album : pour le pianiste, l’un des grands interprètes classiques de cette musique, pour sa vision réactualisée sur grand piano moderne (rappelons que Badura-Skoda fut un des premiers à jouer sur pianoforte), et pour l’amusement de comparer un Steinway et un Bösendorfer.

Venant tout juste de vanter les mérites de Clara Haskil dans ce répertoire, impossible d’échapper à la comparaison du style de ces deux interprètes, pas totalement opposés, mais presque. Car autant la première l’emportait par le naturel et la simplicité, autant le second intellectualise plus nettement son interprétation, s’attachant peut être plus à certains détails qu’à la grande ligne. Il est évident que l’interprétation de Badura-Skoda est, dans son résultat, plus pensée, conçue, en deux mots moins spontanée, que celle de Clara Haskil. Tous deux attachent une grande importance à l’articulation et au phrasé, mais, pour simplifier, on pourrait dire que Haskil cherche la bonne articulation pour chaque phrase, là où Badura-Skoda cherche à articuler chaque mot. L’effet classique est immédiat, avec l’impression que la phrase mozartienne forme un tout cohérent chez Haskil et ressemble plus, toute proportion gardée, à une suite de mots assemblée de façon parfois un peu mécanique chez Badura-Skoda. Qui, en contrepartie nous fait sans doute entendre plus de détails de la partition, certains traits ou ornementations sont plus clairement mis en évidence, ce qui d’ailleurs peut distraire ou détourner l’attention de l’auditeur. Comme chacun sait, trop de détails nuit à la vision d’ensemble. Les tempi adoptés sont très classiques, ne trainent pas et fonctionnent très bien ainsi, tout comme l’équilibre piano orchestre.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano n°22 en mi bémol majeur K.482 ; Concerto pour piano et orchestre n°18 en si bémol majeur K.456. Orchestre de Chambre de Prague, piano et direction : Paul Badura-Skoda. 1CD Transart TR 166. Enregistré à Prague, au studio Domovina les 14-15 septembre 2006 (n°18), au Rudolfinum le 30 avril 2008 (n°22). Notice trilingue (texte de Paul Badura-Skoda, français-allemand-anglais). Durée totale : 75’11.

 
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