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Pontoise, Eglise Notre Dame. 18-IX-2009. Henry Purcell (1659-1695) : Cease, anxious world ; A new irish tune Z. 646  ; Soft notes and gently rais’d ; Here the deities ; Sweeter than Roses ; Ground Z. D221 ; O let me weep  ; a new ground Z. T682  ; Music for a while  ; When first Aminta su’d for a kiss ; Prelude for solo violin ; Trio sonata Z. 780 ; Dear pretty youth ; A Prince ; How vile are sordid intrigues of the town. Godfrey Finger (1660-ca. 1730) : Sonata terza. Julie Hassler, soprano. Ensemble La Rêveuse : Stéphan Dudermel, violon ; Florence Bolton, viole de gambe ; Angélique Mauillon, harpe triple ; Bertrand Cuiller, clavecin et orgue ; Direction et théorbe : Benjamin Perrot

Festival Baroque de Pontoise

L’, dans le cadre du Festival baroque de Pontoise, rend hommage à . L’hommage est double, si l’on peut dire, car le programme choisi est lui-même une sélection des recueils posthumes publiés à l’initiative des plus grands noms du monde musical anglais pour honorer un maître disparu trop tôt. Le programme est donc issu des recueils Orpheus Britannicus et The Theater of Music.

Dans le chœur de l’église Notre Dame, l’élégance de l’interprétation des songs et des parties instrumentales permettent de comprendre un peu mieux ce qui fait le génie de l’Orphée britannique. Purcell, c’est d’abord un héritage : celui des chants et ballades celtiques aux douces mélodies, rêveuses, en demi teintes. Le programme s’ouvre dans la sérénité d’un duo harpe et théorbe A new irish tune (Z. 646), pour faire place à la musique vocale. La voix de Julie Hassler, au timbre épuré, illumine l’ensemble, et met parfaitement en valeur toutes les surprises harmoniques des songs. Dans des airs comme Here the deities, ou encore dans O let me weep, les intentions vocales sont soutenues et amplifiées par le violon de Stephan Dudermel. Leurs dialogues musicaux, donnent à l’émotion une dimension particulière, c’est ici dans la dignité et la sobriété dans l’expression des sentiments que le caractère tragique de la musique prend toute sa dimension. A noter tout particulièrement le sublime Music for a while, bouleversant de mélancolie et de profondeur.

Pourtant, Purcell n’en reste pas moins le fruit de son temps : il est né l’année de l’effondrement du régime puritain et évolue dans un monde en pleine évolution musicale. Très réceptif aux influences européennes, il garde des formations allemandes et nordiques des sonates en trio pour violon, viole et basse continue. Le Prelude for solo violin, révèle une belle cohésion de l’ensemble. De l’Italie, il retient la virtuosité, et la subtilité de l’ornementation dans ses Sonates. Le programme comprend aussi une Sonata Terza de Godfrey Finger. Contemporain de Purcell, né en Moravie mais ayant vécu à Londres, il est représentatif de l’effervescence musicale de l’époque, et l’ensemble nous transmet son œuvre avec une belle générosité dans le jeu. Malgré l’interprétation vivante et expressive de Julie Hassler, l’on regrette toutefois l’absence dans les programmes des textes et traductions des songs, qui auraient permis d’en apprécier davantage la beauté.

Quoi qu’il en soit, l’, sous la direction de , a su faire briller les reflets d’une musique au charme indéfinissable car aux éclats multiples. Pour allier le caractère de la tradition anglaise avec le raffinement des structures liées aux influences musicales européennes de l’époque, il ne fallait rien d’autres qu’un Orphée…britannique, pour accomplir ce prodige. Ce programme permet de réaliser à quel point «le divin Purcell nous a donné le modèle de toutes les grâces que la musique pouvait offrir» (Roger North, en 1726).

Crédit photographique : Julie Hassler © DR

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Pontoise, Eglise Notre Dame. 18-IX-2009. Henry Purcell (1659-1695) : Cease, anxious world ; A new irish tune Z. 646  ; Soft notes and gently rais’d ; Here the deities ; Sweeter than Roses ; Ground Z. D221 ; O let me weep  ; a new ground Z. T682  ; Music for a while  ; When first Aminta su’d for a kiss ; Prelude for solo violin ; Trio sonata Z. 780 ; Dear pretty youth ; A Prince ; How vile are sordid intrigues of the town. Godfrey Finger (1660-ca. 1730) : Sonata terza. Julie Hassler, soprano. Ensemble La Rêveuse : Stéphan Dudermel, violon ; Florence Bolton, viole de gambe ; Angélique Mauillon, harpe triple ; Bertrand Cuiller, clavecin et orgue ; Direction et théorbe : Benjamin Perrot

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