Splendides transferts de Václav Talich par Opus Kura

À emporter, CD, Musique symphonique

Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonies n°6 en ré majeur op. 60, n°7 en ré mineur op. 70, n°8 en sol majeur op. 88 ; Danses slaves, séries I & II, op. 46 & 72 ; Ouverture Carnaval op. 92. Josef Suk (1874-1935) : Sérénade pour cordes en mi bémol majeur op. 6. Orchestre Philharmonique Tchèque, direction : Václav Talich. 3 CD séparés Opus Kura OPK2080, OPK2084, OPK2085. Code barre : 4582158680809, 4582158680847, 4582158680854. Enregistré en novembre et décembre 1935 et 1938 au Studio n°1, EMI Abbey Road, Londres. ADD [mono]. Notices bilingues (japonais, anglais) bonnes. Durée : 70’11, 75’21, 73’24

 

Grâce à l’imposante « Special Edition », les gravures Supraphon de Václav Talich (1883-1961) sont pour ainsi dire intégralement rééditées en CD. Nous les avons suffisamment commentées par ailleurs pour revenir encore sur la carrière de l’illustre chef d’orchestre tchèque. Naxos a depuis peu entamé la réédition des 78 tours EMI des années 30 par Mark Obert-Thorn qui fait autorité en ce domaine : cela nous a valu d’excellents transferts des Symphonies n°7 et n°8 (Naxos 8111045), des Danses slaves et de l’Ouverture Carnaval de Dvořák (Naxos 8111331).

Toutefois le label japonais Opus Kura coiffe au poteau Naxos en nous offrant l’intégralité de ces gravures EMI accomplies en 1935 et 1938, et cela en trois CDs séparés : nous bénéficions de la sorte des enregistrements supplémentaires de la Symphonie n°6 en ré majeur op. 60 de Dvořák et de la ravissante Sérénade pour cordes en mi bémol majeur op. 6 de .

Mais en outre l’édition Opus Kura est remarquable à plus d’un titre : d’abord les reports ont plus de clarté et de transparence que ceux de Naxos, sans que le bruit de fond soit sensiblement supérieur ; ensuite, contrairement à Naxos, Opus Kura a judicieusement réinséré les deux petites reprises manquantes de la dernière variation du Finale Allegro ma non troppo de la Symphonie n°8 de Dvořák, omises par Talich pour des raisons impératives de durée du 78 tours : les restaurer a permis de rétablir la structure correcte du mouvement sans laquelle l’extrême fin paraissait déséquilibrée (dans son enregistrement d’octobre 1951 chez Supraphon, Talich, n’ayant plus les contraintes de durée grâce à la bande magnétique, effectue ces reprises) ; enfin l’éditeur japonais nous permet d’apprécier Talich dans un répertoire autre que celui de Dvořák : Talich était un ami personnel de dont il créa notamment Maturation (Zrání) le 30 octobre 1918, et il nous offre ici la première version enregistrée de la juvénile Sérénade pour cordes du gendre de Dvořák, œuvre dont il laissera également une gravure mémorable en février 1951 chez Supraphon (SU3836-2).

Inutile d’insister sur l’importance exceptionnelle de ces interprétations sublimes, témoignages inestimables d’un chef et d’une Philharmonie Tchèque à leur apogée, tout à la joie et l’effervescence d’effectuer leurs premières gravures hors de leur pays pour ainsi diffuser en première discographique leur patrimoine musical.

Dans les années 30, His Master’s Voice avait en fait l’intention d’enregistrer les cinq symphonies de Dvořák dans l’ancienne numérotation avec la Philharmonie Tchèque, et Talich le fit pour les Symphonies n°6 (ancienne n°1), n°7 (ancienne n°2) et n°8 en sol majeur (ancienne n°4) ; pour d’obscures raisons, il fut plutôt confié à George Szell de graver la Symphonie n°9 « du Nouveau Monde » (ancienne n°5) ainsi que le Concerto pour violoncelle n°2 avec Pablo Casals, tandis que la pastorale Symphonie n°5 en fa majeur op. 76 (ancienne n°3) ne reçut finalement pas les faveurs du disque de l’époque…

À signaler pour terminer l’existence chez Opus Kura d’un excellent disque (OPK2075) consacré au tout premier enregistrement de et sa Philharmonie Tchèque : l’intégrale des six poèmes symphoniques de Má Vlast (Ma Patrie) de Bedřich Smetana, gravés par His Master’s Voice en 1929.

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