Concerts, La Scène, Musique symphonique

Baguette de grand avenir : Mikhail Agrest

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 01-X-2010. Leonard Bernstein (1918-1990) : Sérénade d’après le Banquet ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°7 en do majeur op. 60. Laurent Korcia, violon ; DeFilharmonie (Orchestre Philharmonique Royal des Flandres), direction : Mikhail Agrest

DeFilharmonie

Pour son premier concert de sa série d’abonnement au Palais des Beaux-Arts, la Filharmonie d’Anvers proposait une confrontation Est/Ouest : Bernstein rencontrait Chostakovitch. Malheureusement, ce concert n’a pas attiré les foules. Fidèle spectateur des prestations des phalanges belges, on ne peut que regretter des auditoires trop souvent clairsemés. La qualité des programmes, des artistes invités et des résultats artistiques en constante hausse nous amènent à nous interroger sur la logique de la vie musicale bruxelloise.

Mais les absents ont toujours tort et ceux qui étaient présents ce jeudi soir ont été remerciés par un formidable concert porté par un jeune chef d’avenir : le Russe . Protégé de Valery Gergiev et souvent invité dans la fosse du Mariinsky, le musicien s’impose par un charisme et une précision qui ont galvanisé l’orchestre belge. Loin des chefs qui se regardent diriger ou se donnent en spectacle façon «que je suis inspiré», Agrest reste précis et sait donner un sens et une logique à la Symphonie «Leningrad» patiemment construite en évitant les temps morts et en faisant saillir les mouvements centraux, moins inspirés que le portique d’entrée et le final de cette partition. Sans presser le tempo, le chef livre une vision héroïque et narrative de ce chef d’œuvre ; ce n’est ni bruyant, ni gratuit, ni prétentieux, c’est juste parfait, logique et intelligent et la Filharmonie est emportée par le flux de musique. Les cordes, point fort de l’orchestre, s’avèrent puissantes et homogènes tandis que les vents et les cuivres font bonne figure en dépit de quelques scories techniques. Comme toujours, cette symphonie soulève d’enthousiasme la salle heureuse d’avoir assisté à une telle performance.

En ouverture de concert, déconcertait dans la Sérénade pour violon, cordes et percussions de Bernstein. Le violoniste français possède toujours un son phonogénique et une technique impressionnante ; mais, en dépit de quelques intuitions brillantes, Korcia passe à côté de l’œuvre et de son sens sur le fond et la forme. Le véritable triomphateur de la soirée reste ce jeune chef dont on suivra les apparitions ; mention «très bien» également pour l’orchestre qui commence une saison qui s’annonce de haut vol.

Crédit photographique : © DR

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 01-X-2010. Leonard Bernstein (1918-1990) : Sérénade d’après le Banquet ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°7 en do majeur op. 60. Laurent Korcia, violon ; DeFilharmonie (Orchestre Philharmonique Royal des Flandres), direction : Mikhail Agrest

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