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Elisabeth Söderström, soprano (Stockholm, 7 mai 1927- 20 novembre 2009)

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Vendredi noir pour l’opéra avec la disparition de soprano suédoise dont la voix s’est éteinte à l’âge 82 ans des suites de complications à un arrêt cardiaque.

En 1947, elle a vingt ans à peine lorsqu’elle débute sa carrière dans un Bastien et Bastienne de Mozart sur la scène du Drottningholm Palace Theater de Stockholm. Longtemps sous-estimée, elle avance dans sa carrière suscitant l’admiration de ses pairs parmi lesquels les plus grands chefs d’orchestre. Elle ne connaîtra les scènes internationales qu’en 1955 lorsqu’elle chantera le rare Ighino du Palestrina d’Hans Pfitzner. Quatre ans plus tard, elle débute sur les planches du Metropolitan Opera de New-York dans la Susanna des Noces de Figaro. Peu d’auditeurs alors n’imaginent les extraordinaires capacités vocales de la jeune femme. Qui penserait qu’elle serait capable, dans la même année, de chanter Sophie du Chevalier à la Rose sur la scène du Metropolitan, puis Octavian au Festival de Glyndebourne et enfin la Maréchale à l’Opéra de Stockholm !

L’extrême limpidité de sa voix résonnera encore longtemps grâce à ses nombreux enregistrements. Comme dans ses intrusions straussiennes où elle est la splendide Maréchale du Chevalier à la Rose qu’elle disputait de haute main à Elisabeth Schwarzkopf, tout comme ses Vier Letzte Lieder qu’elle chantait dans une distinction et une simplicité sublimes. Une noblesse vocale qui nous emporte encore dans sa Comtesse des Noces de Figaro de Mozart qu’elle grave en 1971 sous la direction d’. Dans un magnifique «Porgi amor» chargé du désespoir de l’amour déçu, la voix d’ est bouleversante de beauté et de lumière.

Attirée par les rôles dramatiques, l’extraordinaire souplesse de sa voix l’amène vers les opéras de Janacek qu’elle enregistre dans leur presque totalité sous la baguette de Charles Mackerras. Admirable Katia Kabanova dont l’air final résume tout l’art de la soprano suédoise. Puissance vocale, lumière musicale, douceur dramatique et intelligence artistique. Avec Elisabeth Söderström disparaît l’une des plus grandes voix de l’art lyrique de la seconde moitié du XXe siècle.

Nostalgie des images, celles du trio final de ce Chevalier à la Rose du Gala des Cent Ans du Metropolitan en 1983, permettant de voir un moment magique et d’entendre la Maréchale d’Elisabeth Söderström aux côtés de la Sophie de Kathleen Battle et de l’Octavian de Frederica von Stade, à moins que l’Ode à la Lune de Russalka de Dvořák tiré d’un récital à l’Opéra de Vienne en 1986 souligne en chacun l’inoubliable magnificence de la voix d’Elisabeth Söderström.

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