Etoiles en devenir au Festival Manca

Danse , Festivals, La Scène

Nice. Théâtre National. 21-XI-2009. Ecole de danse de l’Académie de la Scala. Direction : Frédéric Olivieri. IPNOS (création française). Chorégraphie : Davide Bombana. Assistant chorégraphe : Emanuela Tagliavia. Musiques : Riccardo Nova ; Olivier Messiaen. Symphony in D. Chorégraphie : Jiří Kylián. Musique : Franz Joseph Haydn.

L’Ecole de danse de l’Académie de la Scala vit pleinement au cœur de la création contemporaine. Invitée à se produire sur la scène du Théâtre National de Nice dans le cadre du Festival MANCA, elle a prouvé à un auditoire enthousiaste que tradition rimait à merveille avec évolution.

Le challenge était de taille : deux pièces et 55 minutes pour faire montre de l’excellent enseignement dispensé par Frédéric Olivieri, directeur de l’Ecole. Une première constatation : la technique est propre, le travail des ports de bras et de la tête est soigné. Les danseurs possèdent de très jolies lignes et un enthousiasme désarmant. Mais ce sont surtout les qualités artistiques qui frappent chez ces jeunes artistes qui savent susciter à la fois l’émotion et le rire : leur travail interprétatif témoigne d’une belle maturité artistique.

«IPNOS» est une création qui scelle l’association du chorégraphe avec les compositeurs Olivier Messiaen et Riccardo Nova. Cette chorégraphie puissante et poétique est portée par une musique aux tonalités chaudes et lointaines. Les gestes et les sensations se frôlent et s’entrecroisent. La chorégraphie est exempte de tout artifice et n’en est que plus puissante : la recherche du mouvement est merveilleusement pensée et construite. Le travail de la mise en scène est soigné et subtil : le vent puissant balayant la coulisse crée un esthétisme tout à la fois gracieux et puissant ; la balançoire sur laquelle se mue une danseuse apparaît comme un vecteur de pureté et d’angélisme. L’adage interprété en longues chemises blanches nous rappelle la célèbre scène de passion du «Parc» de Preljocaj. sait capter l’émotion en innovant, en surprenant et en séduisant. Un coup de maître pour ce jeune chorégraphe.

La deuxième chorégraphie est la «Symphony in D» de , portée par la musique de Haydn. Cette pièce, drôle et exubérante, apparaît comme une parodie de la danse académique : les danseurs y exécutent un «catalogue» de tous les mouvements incontournables qu’offrent la danse, inventaire prétexte à nombre de pitreries et autant d’effets d’humour. Les jeunes danseurs s’amusent sur scène et transcendent la difficulté technique des poses avec une déconcertante facilité.

Les élèves de L’Ecole de danse de l’Académie de la Scala ne s’étaient pas produits en France depuis 200 ans. Artistes en devenir, ils nous ont prouvé ce soir qu’ils étaient déjà de grands professionnels.

Crédit photographique : © Salvatore Sportato

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.