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Vadim Repin, perfection et émotion

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Luxembourg, Philharmonie. 11-XII-2009. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour violon et orchestre, en ré majeur op. 77 ; Serge Rachmaninov (1873-1943) : Symphonie n°2 en mi mineur op. 27 ; Vadim Repin, violon ; Orchestre Philharmonique du Luxembourg ; Vassily Sinaisky, direction

Quand un des plus grands virtuoses de notre époque vient jouer un des plus grands concertos de toute l’histoire de la musique, on sait que la salle sera comble, mais aussi que le public pourra se montrer particulièrement exigeant. Ce soir, à la Philharmonie, a certainement répondu aux attentes des mélomanes les plus difficiles.

Le violoniste a une très belle présence sur scène. Son geste est soigné, précis, assuré, parfaitement maîtrisé. Le dialogue avec le chef et l’orchestre est superbement équilibré. La sonorité qu’il donne à son violon est magistrale. C’est clair, chaud et cela touche profondément. Les vibratos sont placés juste là où il faut, ni trop, ni trop peu. C’est varié, brillant, idéal. C’est de la grande musique.

Pour Repin, ce concerto est le plus doux, le plus tendre qu’on puisse imaginer. Et effectivement, le premier mouvement fut tout en poésie, tendre et lyrique. Le violon sifflait agréablement. L’émotion fut profonde. Dans l’adagio, la réponse du violon au hautbois ouvrant le mouvement se fit tout en douceur. C’était souple, velouté, soyeux, d’une délicatesse infinie. Le violoniste transmit à la partie centrale des sentiments tout empreints d’inquiétude. Le troisième mouvement fut joliment rythmé, emporté, animé. C’était admirablement «giocoso». Les coups d’archet étaient superbes. La technique était remarquable. Le soliste était réellement au meilleur de sa forme. Le public a manifesté très chaleureusement son enthousiasme.

a offert comme bis le très amusant Carnaval de Venise de Niccolò Paganini, une œuvre particulièrement exigeante avec les typiques et diaboliques pizzicati de la main gauche du compositeur. Il a joué ce morceau avec beaucoup de charme lui donnant tout l’humour et l’aspect burlesque attendus.

Après la pause, nous avons assisté à une harmonieuse direction de la Symphonie n°2 de Serge Rachmaninov. Une orchestration sobre et profonde qui a bien rendu les différents thèmes de l’œuvre, graves, tragiques, énigmatiques dans le premier mouvement, merveilleusement lyriques dans l’adagio, lumineux et triomphants dans le dernier mouvement. Les prestations des différents pupitres furent particulièrement applaudies, notamment les percussions et les cors ainsi que la clarinette pour son joli chant dans l’adagio.

Crédit photographique : Vadim Repin © OPL

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