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Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : La Dame de pique. Mise en scène : Kurt Horres. Décors et costumes : Andreas Reinhardt. Avec : Vladimir Atlantov, Hermann ; Mirella Freni, Lisa ; Sergei Leiferkus, le Comte Tomski ; Vladimir Chernov, le Prince Yeletski ; Martha Mödl, la Comtesse ; Vesselina Kasarova, Pauline ; Yvette Tannenberg, Macha ; Anna Gonda, la Gouvernante ; Wilfried Gahmlich, Chekalinsky ; Rudolf Mazzola, Sourine ; Franz Kasemann, Chaplitski ; Peter Köves, Naroumov ; Peter Jelosits, le Majordome. Chœur du Staatsoper de Vienne (chef de chœur : Peter Burian), Orchestre de scène du Bundestheater d’Autriche (chef : Ralf Hossfeld), Orchestre du Staatsoper de Vienne, direction : Seiji Ozawa. 1 DVD Sony Classical 88697444679. Code barre : 886974446798. Enregistré le 16 mai 1992 au Staatsoper de Vienne. Notice bilingue (anglais, allemand). Format image : PAL/4 : 3. Format son : PCM stéréo. Toutes zones. Durée : 145’

 

Avant tout, un avertissement : cette Dame de pique n’est ni sous-titrée, ni complète. Certains airs sont abrégés (la romance à deux voix, le dernier air de Lisa !), et des scènes entières ont disparu (le chœur des enfants au premier acte et tout l’intermède du second !). Ces coupures, inacceptables sur le plan musical, affectent aussi la dramaturgie, car ces passages faussement décoratifs doivent souligner l’incapacité des personnages à s’intégrer dans une société brillante et factice. Qu’il soit, ou non, responsable de ces choix, le metteur en scène Kurt Horres semble considérer l’œuvre de manière assez univoque, comme en témoigne la lugubre beauté de la scénographie. La promenade au Jardin d’été, crépusculaire, et le Bal, situé dans un cimetière gothique digne d’un film de vampires, paraissent outrés. Les tableaux suivants valent mieux, surtout les mannequins poussiéreux qui peuplent la chambre de la Comtesse. Même si les chanteurs viennent saluer entre chaque tableau, le spectacle est cohérent et intéressant, et la captation de Brian Large experte.

L’œuvre, réduite à sa trame, repose plus encore que d’habitude sur les épaules des deux héros. est un habitué du redoutable rôle d’Hermann. Il le chante d’un timbre mordant et sonore, et d’un ton trop souvent déclamatoire. Il ne retrouve que rarement la variété d’émission et la souplesse rythmique des grands ténors russes dont il est l’héritier. C’est plus un officier hautain qu’un amoureux morbide. De manière générale, pourtant, il emporte l’adhésion par son chant large et solide, et par sa farouche détermination à percer le secret des trois cartes. La prestation de laissera sans doute partagé : si l’on aime la grande artiste, on applaudira la sûreté de sa technique et la sincérité de son jeu. Autrement on risque d’être gêné par des sons assez peu agréables, dans le grave plus que dans l’aigu, et par une ligne parfois laborieusement appuyée.

L’entourage était ce soir là de grande qualité, en particulier les jeunes , et Vladimir Chernov, superbes de voix et de prestance. Quant à , elle venait d’avoir quatre-vingt ans, et ni son célèbre regard, ni son timbre unique ne s’étaient obscurcis. L’autorité de sa diction faisait encore merveille. Sa scène est extraordinairement émouvante, surtout lorsqu’elle se regarde avec effarement dans un miroir, avant de reprendre, à mi-voix, l’air de Grétry. La direction de , enfin, est un modèle de fluidité et de puissance, un savant équilibre de fébrilité et de mélancolie, même s’il n’atteint pas la perfection orchestrale et chorale qu’il avait obtenue l’année précédente dans son enregistrement de Tanglewood (Sony).

Une version qui possède trop de qualités pour qu’on se dispense de la connaître, mais qu’il ne vaut mieux pas choisir pour la découverte de cet opéra.

 

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Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : La Dame de pique. Mise en scène : Kurt Horres. Décors et costumes : Andreas Reinhardt. Avec : Vladimir Atlantov, Hermann ; Mirella Freni, Lisa ; Sergei Leiferkus, le Comte Tomski ; Vladimir Chernov, le Prince Yeletski ; Martha Mödl, la Comtesse ; Vesselina Kasarova, Pauline ; Yvette Tannenberg, Macha ; Anna Gonda, la Gouvernante ; Wilfried Gahmlich, Chekalinsky ; Rudolf Mazzola, Sourine ; Franz Kasemann, Chaplitski ; Peter Köves, Naroumov ; Peter Jelosits, le Majordome. Chœur du Staatsoper de Vienne (chef de chœur : Peter Burian), Orchestre de scène du Bundestheater d’Autriche (chef : Ralf Hossfeld), Orchestre du Staatsoper de Vienne, direction : Seiji Ozawa. 1 DVD Sony Classical 88697444679. Code barre : 886974446798. Enregistré le 16 mai 1992 au Staatsoper de Vienne. Notice bilingue (anglais, allemand). Format image : PAL/4 : 3. Format son : PCM stéréo. Toutes zones. Durée : 145’

 
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