Banniere-ClefsResmu-ok

BoulezxBerlioz=B²

À emporter, CD, Musique symphonique

Hector Berlioz (1803-1869) : Symphonie fantastique, Op.14 : Episode de la vie d’un artiste, Lélio, ou le retour à la vie, Op.14b ; Les Nuits d’été, Op.7 ; La Mort de Cléopâtre, scène lyrique ; ouvertures : Benvenuto Cellini, Le Carnaval romain, op.9 ; ouverture et entr’acte de Béatrice et Bénédicte ; « Chasse royale et orage » des Troyens. Jean-Louis Barrault, narrateur ; Yvonne Minton, mezzo-soprano ; John Mitchinson et Stuart Burrows, ténors et John Shirley-Quirk, baryton. London Symphony Chorus ; London Symphony Orchestra, BBC Symphony Orchestra, New York Philharmonic, direction Pierre Boulez. 1 coffret de 3 CD Sony. Référence et code barre : 88697562312. Notice de présentation en : anglais, allemand et français. Enregistré entre 1967 et 1976. Durée : 3h17’54

 

Suite des aventures de dans le grand répertoire avec des gravures consacrées à Berlioz enregistrées entre Londres et New York à l’époque intercontinentale du sage de Montbrison ! a toujours eu un attrait, comme tout chef français et comme tout compositeur, pour les partitions de Berlioz. Il continue d’explorer sa musique et a publié, il y a quelques années, une nouvelle version de la Symphonie fantastique, des Nuits d’été et de Roméo et Juliette pour DGG. Incontestablement, le Berlioz de Boulez reste un Berlioz de compositeur qui dirige l’un de ses lointains confrères ! La passion farouche ou l’énergie débordante d’un sont remplacées par une acuité de tous les instants et par un travail sur les contrastes et les dynamiques. Ainsi, , prend, à juste titre, la «Marche au supplice» de la Symphonie fantastique avec pas mal de retenue mais il fait vraiment sonner cette partie comme une marche funèbre et non comme une cavalcade (comme le font la plupart des interprètes !) ; les contrastes saillants des cuivres, rendent encore mieux, ce sentiment macabre et décanté. Tout le reste de la symphonie est traversé par cette analyse acidulée mais convaincante et juste. Certes, il y a Munch (RCA et EMI), Paray (Mercury), Martinon (EMI), Bernstein (Sony), Tilson-Thomas (RCA), mais il est permis de trouver de grande qualités à ce disque, bien plus intéressant, car plus buriné, que le remake DGG ultérieur.

L’autre argument, pour ce coffret, c’est de proposer, en complément, Lélio, suite naturelle de la symphonie. L’interprétation bénéficie d’un narrateur exceptionnel en la personne de Jean-Louis Barrault, ami et compère du chef. Pierre Boulez cerne, idéalement, les différents épisodes vocaux de la partition. Si l’on considère, le couplage Fantastique/Lélio, ce coffret n’a d’équivalent que la version historique de Jean Martinon à la tête de l’Orchestre national de France (EMI).

Les ouvertures et extraits symphoniques, gravés à New York poursuivent dans l’excellence. La direction très nerveuse et vigoureuse du chef français parvient à emmener dans la débauche, un , brut de fonderie dans les tutti mais qui se rappelle des leçons endiablées de Bernstein dans cette musique. Les deux ouvertures de Benvenuto Cellini et du Carnaval romain sont ainsi des musts !

Pour le cycle vocal des Nuits d’été, Pierre Boulez fait alterner un ténor et une mezzo-soprano. Les deux anglophones, que sont Stuart Burrows et Yvonne Minton, se sortent, très honorablement de la diction redoutable de cette musique. Pourtant, il y a une certaine forme d’inadéquation entre le côté sur-joué du ténor et la voix large (très wagnérienne) de la mezzo-soprano. Une version de complément donc, tout comme l’enregistrement de la Mort de Cléopâtre qui complète ce disque.

Ce coffret, longtemps indisponible, reste tout de même un jalon essentiel de la discographie de Pierre Boulez en dehors de ses aventures dans son répertoire de prédilection. C’est même un achat prioritaire pour ceux qui veulent découvrir Boulez en dehors de ses bases modernes et contemporaines.

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.