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Maria Callas et sa mémorable nuit à l’Opéra Garnier en 1958

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Giuseppe Verdi (1813-1901) : La forza del destino (Ouverture), Il trovatore (airs) ; . Vincenzo Bellini (1801-1835) : Norma (airs) ; Gioacchino Rossini (1792-1868) : Le Barbier de Séville (Ouverture, Una voce poco fa) ; Giacomo Puccini (1858-1924) : Tosca (acte II). Avec Maria Callas, soprano ; Jacques Mars, basse ; Albert Lance, ténor ; Tito Gobbi, baryton ; Jean-Pierre Hurteau, basse ; Louis Rialland, ténor. Orchestre et chœur de L’Opéra de Paris, direction : Georges Sebastian. 2 CD Ina, mémoire VIVE Réf : IMV083-ABM99. Code barre : 3 329184 688321. ADD transfert 24 bits. Durée : environ 1h

 

Ce précieux enregistrement d’un récital que la Divine donna à Paris en 1958 s’inscrit dans un projet de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) mis en place depuis 1992 pour la restauration et l’édition d’événements sonores souvent inédits. D’indiscutable valeur historique, ce coffret de deux disques, nous ramène à une période sombre dans la carrière de avec comme conséquence la dramatique représentation de Norma à Rome. Avec le gala parisien annoncé par la presse comme le « plus grand spectacle du monde », la Diva essaye donc de réhabiliter sa renommée internationale revendiquant son rôle de Première Dame de l’Opéra.

Au programme une sélection d’air des maîtres italiens du mélodrame qui révèle une fois de plus le caractère extrêmement audacieux et courageux d’une interprète « qui a souvent frôlé la catastrophe pour parvenir à la vérité dramatique et musicale ». Le début sur les notes de La Norma de Bellini n’est pas dès plus heureux ; Casta Diva, un de ses chevaux de bataille est légèrement imparfait et la voix encore un peu contractée. Cependant l’attaque est assez solide et le chant bien soutenu même dans le piano. La beauté de son legato sans égal souligne la ligne mélodique « vocalement très exposée » en contraste avec le puissant récitatif qui précède. Malgré les difficultés techniques la chanteuse recrée un climat paisible maintenant la couleur vocale intacte pendant toutes les ornementations.

Son talent naturel explose, totalement libéré des fantasmes de la mésaventure italienne, dans l’air Una voce poco fa extrait du Barbier de Séville de Rossini. L’extraordinaire interprétation de Rosine enthousiasme et chauffe le public du Théâtre de l’Opéra (parmi lequel Brigitte Bardot, Charlie Chaplin, Jean Cocteau, Aristote Onassis). Le début est doux, « comme avec un sourire », le phrasé rythmiquement précis et l’interprétation tendrement amoureuse quand elle prononce le nom de son bien aimé. Les acciaccature très claires, la diction parfaite et l’extrême légèreté des ornementations sont une belle démonstration d’agilité qui n’est pas fin à elle-même. Jamais Callas ne surcharge l’air avec des excès de vocalises ; sa voix toujours intense et chaude révèle toutes les facettes d’une Rosine coquine et tendre, ange et diable à la fois. Les péripéties vocales sur des belles notes aigues culminent dans une conclusion pure et « propre » : simple démonstration de grâce et génialité.

Dans la deuxième partie du récital, la Diva partage la scène avec des extraordinaires interprètes de l’opéra lyrique : , , sont les co-protagonistes de Tosca exécuté par l’Orchestre de l’Opéra de Paris sous la passionnante direction de . Dans le rôle titre, Callas revendique une fois pour toute sa puissance vocale au mille timbres et couleurs qui réalise dans des interprétations non-conventionnelles l’union idéale de parole et musique. L’émouvante désannonce en conclusion du spectacle imprime à ce document sonore une aura intemporelle et une certaine mélancolie pour la fin d’un age d’or signé par le mythe de .

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Giuseppe Verdi (1813-1901) : La forza del destino (Ouverture), Il trovatore (airs) ; . Vincenzo Bellini (1801-1835) : Norma (airs) ; Gioacchino Rossini (1792-1868) : Le Barbier de Séville (Ouverture, Una voce poco fa) ; Giacomo Puccini (1858-1924) : Tosca (acte II). Avec Maria Callas, soprano ; Jacques Mars, basse ; Albert Lance, ténor ; Tito Gobbi, baryton ; Jean-Pierre Hurteau, basse ; Louis Rialland, ténor. Orchestre et chœur de L’Opéra de Paris, direction : Georges Sebastian. 2 CD Ina, mémoire VIVE Réf : IMV083-ABM99. Code barre : 3 329184 688321. ADD transfert 24 bits. Durée : environ 1h

 
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