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Joël Pontet, un Rameau d’Or

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Jean-Philippe Rameau (1683 – 1764) : Nouvelles Suites de Pièces de Clavecin – La Dauphine. Joël Pontet : Clavecin de Marc Ducornet d’après Pascal Taskin. 1 CD Saphir Productions Saphir LVC 1110. Enregistré en avril 2006 au Studio Sequenza de Montreuil. Livret en français et anglais. Durée totale : 68’58’’

 

Si la scène lyrique a fait la gloire de Rameau dans un XVIIIe siècle où le classicisme français arrivait à une apogée s’opposant avec ferveur aux canons de la musique italienne, ce sont paradoxalement ses œuvres pour le clavecin qui l’ont maintenu au répertoire et dans nos mémoires pendant près de deux siècles. La redécouverte de Castor et Pollux, Dardanus et des Indes Galantes replace aujourd’hui Rameau dans son aura baroque laissant un peu de côté le claveciniste chevronné qu’il fut. La description de Piron explique parfaitement que «Toute son âme et son esprit étaient dans son clavecin ; quand il l’avait fermé, il n’y avait plus personne au logis». Parmi les œuvres les plus connues et jouées du compositeur, les Nouvelles Suites de Pièces de Clavecin sont le dernier recueil pour clavecin seul édité par en 1728.

Pour servir ce recueil, s’impose en spécialiste du genre, bien connu aujourd’hui et ancré dans l’univers du clavecin mais aussi du pianoforte. En présentation, l’artiste écrit que cette suite de pièces «mêle la virtuosité sophistiquée, tout comme Scarlatti à la même époque avec ses Essercisi, à un univers sonore fondé sur de spécifiques audaces harmoniques que le compositeur dijonnais exploitera plus tard dans ses œuvres lyriques.» Le pittoresque s’y affirme aussi avec la pathétique stupidité de La Poule. De l’humour donc chez Rameau dont la personnalité le montre pourtant et plutôt secret, solitaire, bougon, imbu de lui-même, cassant avec ses contradicteurs et s’emportant facilement.

Outre la virtuosité nécessaire à l’interprétation de ces pièces, c’est l’impression laissée par leur enchaînement qui ravit le plus l’auditeur. Rameau n’est pas avare d’effets et donne à chaque pièce une couleur unique qui satisfait pleinement l’écoute. On passe de la grâce (Allemande) à la fougue (Courante), puis à la solennité (Sarabande) ou à la légèreté (Les Trois Mains) et ainsi de suite en autant de facettes d’une personnalité qui aurait décidé de transmettre toute la richesse de son être intérieur par l’intermédiaire d’un prisme sonore. On ne reste donc vraiment pas indifférent à cette œuvre riche en émotions qui procure plus d’une heure de belles sensations et montre un Rameau bien plus humain et sensible que la description de sa personnalité ne le laisserait … entendre.

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