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Un concert trop court d’Erik Schumann

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Paris, Auditorium du Louvre. 19-II-2010. Johannes Brahms (1833-1897) : Sonates pour violon et piano n° 3 en ré mineur op. 108 ; n° 2 en la majeur op. 100 « Thuner » ; Henryk Wieniawski (1835-1880) : Polonaise brillante N° 1 en ré majeur op. 4. Erik Schumann, violon ; Jinsang Lee, piano

Elève du célèbre professeur Zakhar Bron dès l’âge de 4 ans, protégé de Christoph Eschenbach, le jeune violoniste allemand nous offre au Louvre l’une de ces occasions encore trop rares de l’entendre en France (sa dernière apparition parisienne remonte à novembre 2008, avec l’Orchestre de Paris). Comme à l’accoutumée à l’Auditorium, ce mini-concert d’à peine une heure, s’inscrivant dans le cadre du nocturne du vendredi soir, se donne sans entracte, ce qui n’a apparemment pas facilité la tâche au violoniste pour déployer tout son talent.

Il joue les deux Sonates de Brahms très prudemment, voire avec précaution, sans quitter la partition des yeux. L’instrument (Stradivarius «Jupiter» de 1722) hésite à fournir un son adéquat, malgré la capacité du musicien à produire des sonorités plus que riches ; celles-ci s’harmonisent certes avec le piano, mais on ne sent pas de complicité entre cordes et clavier. En bref, la musique ne «décolle» pas tout à fait, manquant de spontanéité, comme si c’était la première fois qu’ils jouaient ces pièces en public et qu’ils testaient la réaction des deux instruments, de même que celle de la salle. Cependant, l’»Andante» de la Sonate en la majeur est d’une beauté exquise, dénotant la sensibilité exceptionnelle du violoniste.

Ce sentiment quelque peu indigeste se dissipe toutefois dès que résonnent les premières notes de Wieniawski, qu’ joue par cœur avec fougue et passion. Il se montre alors beaucoup plus investi dans son jeu, très libre et souple, au point qu’on dirait un autre interprète jouant d’un autre violon. De plus, la fusion avec le piano est tout à fait heureuse. Il est encore plus enthousiasmé dans le fameux «Scherzo» de la Sonate F-A-E exécuté en bis. A la fois très ample et extrêmement précis, le violoniste fait enfin la démonstration de son art, avec un style et une inspiration à la hauteur de sa virtuosité musicale, que l’on aurait encore mieux appréciée si ce concert se prolongeait encore avec une seconde partie.

Crédit photographique : Erik Schumann © Alvaro Yanez

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Paris, Auditorium du Louvre. 19-II-2010. Johannes Brahms (1833-1897) : Sonates pour violon et piano n° 3 en ré mineur op. 108 ; n° 2 en la majeur op. 100 « Thuner » ; Henryk Wieniawski (1835-1880) : Polonaise brillante N° 1 en ré majeur op. 4. Erik Schumann, violon ; Jinsang Lee, piano

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