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Macbeth moderne et passionnant à Cologne

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Cologne. Opernhaus. 27-II-2010. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Macbeth, melodramma en 4 actes sur un livret de Francesco Maria Piave, version révisée de 1865 d’Andrea Maffei. Mise en scène : Robert Carsen ; Décors et costumes : Miruna & Radu Boruzescu ; lumières : Manfred Voss. Avec : Thomas Johannes Mayer, Macbeth ; Dalia Schaechter, Lady Macbeth ; Stefan Kocán, Banco ; Enrique Folger, Macduff ; John Heuzenrœder, Malcolm ; Machiko Obata, Dama di Lady Maceth ; Daniele Macciantelli, Domestico / Medico / un sicario. Chœur de l’Opéra de Cologne (chef de chœur : Andrew Ollivant). Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction : Ivan Anguélov.

Peu présent et souvent maltraité sous la direction antérieure, Verdi revient en force à l’Opéra de Cologne cette saison. Après une nouvelle Traviata en novembre et avant une reprise de Don Carlos à la fin du mois – à la distribution particulièrement alléchante -, c’est au tour de Macbeth. Présentée pour la première fois en 1998, la production de n’a pas pris une ride. Situant l’histoire dans une dictature quelque part entre Hitler et Staline et choisissant un bunker comme lieu de l’action, le metteur en scène crée un climat sinistre et menaçant qui convient idéalement à la musique de Verdi. La direction d’acteurs est passionnante à tout moment sans même parler de certains «effets spéciaux» (l’apparition de Banco pendant le finale II) à couper le souffle. Bref, une mise en scène moderne, mais jamais iconoclaste.

Heureusement, la partie musicale du spectacle est du même niveau. Energique comme il faut, aux tempi bien choisis, mais aussi très respectueuse vis-à-vis des chanteurs, la lecture d’Ivan Anguélov s’avère de tout premier ordre. Dans le rôle-titre, fait valoir une formidable voix de baryton, au médium corsé et au registre aigu impressionnant, particulièrement à l’aise dans les moments d’expansion dramatique. En même temps, il sait plier cet instrument aux règles du chant verdien, offrant de longues phrases légato et une grande palette de nuances et de couleurs. Sa Lady est interprétée par , mezzo à tout faire à l’Opéra de Cologne, de Preziosilla à Hériodas et d’Ortrud à Kostelnička. Crânement, elle affronte la tessiture meurtrière du rôle, osant même le contre ré-bémol dans la scène du somnambulisme, omis par plus d’une soprano. Le timbre, certes, n’est pas vraiment beau et la voix accuse quelques stridences dans le haut-médium. Elle fascine, en revanche, par un respect rare des exigences belcantistes du rôle, vocalises et trilles inclus, et par une intensité à la fois vocale et scénique captivant le spectateur dès sa première entrée. En Banco, Stefan Kocán fait entendre une voix de basse impressionnante, un rien caverneuse par moments, mais très expressive notamment dans son grand air. Le jeune ténor argentin , en revanche, fait preuve d’une technique encore bien sommaire dans l’air de Macduff…

Crédit photographique : Thomas J. Mayer (Macbeth) © Klaus Lefebvre

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Cologne. Opernhaus. 27-II-2010. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Macbeth, melodramma en 4 actes sur un livret de Francesco Maria Piave, version révisée de 1865 d’Andrea Maffei. Mise en scène : Robert Carsen ; Décors et costumes : Miruna & Radu Boruzescu ; lumières : Manfred Voss. Avec : Thomas Johannes Mayer, Macbeth ; Dalia Schaechter, Lady Macbeth ; Stefan Kocán, Banco ; Enrique Folger, Macduff ; John Heuzenrœder, Malcolm ; Machiko Obata, Dama di Lady Maceth ; Daniele Macciantelli, Domestico / Medico / un sicario. Chœur de l’Opéra de Cologne (chef de chœur : Andrew Ollivant). Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction : Ivan Anguélov.

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