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Les Saisons Russes : la célébration du génie et de l’audace de Diaghilev !

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Paris, Théâtre des Champs-Élysées. 04-III-2010. Compagnie du Ballet du Kremlin de Moscou. Shéhérazade. Musique  : Nikolaï Rimski-Korsakov. Chorégraphie : Michel Fokine. Reconstitution : Andris Liepa. Décors et costumes : Léon Bakst. Reconstitution des décors et des costumes : Anna et Anatoli Nejny. Avec : Irma Nioradze, Zobeida ; Nikolaï Tsiskaridzé, L’Esclave d’or. L’Oiseau de Feu. Musique : Igor Stravinsky. Livret et chorégraphie originale : Mikhaïl Fokine. Reconstitution : Andris Liepa. Assistant chorégraphe : Igor Pivorovitch. Décors : Alexandre Golovine et Léon Bakst. Reconstitution des décors et des costumes : Anna et Anatoli Nejny. Avec : Maria Alexandrova, L’Oiseau de Feu ; Artyom Iatchmennikov, Ivan le Tsarévitch ; Natalia Balakhnitcheva, la Princesse à la Beauté Sublime. Musique enregistrée.

«Toute ma vie depuis l’âge de 16 ans, j’ai toujours tout fait en dépit du bon sens», avouait Serge Diaghilev. Cet esprit anticonformiste et novateur apporta un choc exceptionnel dans la culture de la danse avec ses Saisons Russes.

Le florilège présenté sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées permet au spectateur de redécouvrir et de savourer la reconstitution fidèle des plus belles œuvres du chorégraphe. Le tout porté par la troupe du Ballet du Kremlin qui a eu l’heureuse initiative d’inscrire à son répertoire l’héritage de Diaghilev. Shéhérazade est le ballet qui permit de révéler Nijinski en Europe ; la pièce n’a pas pris une ride et demeure résolument moderne. Inspirée par les contes des Mille et une Nuits, cette composition enflammerait l’auditoire le plus réservé. Ses décors, sa chorégraphie et son atmosphère si particulière peignent un Orient sensuel aux mille senteurs et roueries. Les artistes russes ont en commun une incroyable théâtralité : interprète une Zobéide passionnée et dominatrice. Elle est moderne en ce que son attitude est celle d’une femme libre, malgré les chaînes qui la lient au Sultan. Shéhérazade, c’est un déchaînement de drames et de passions. La passion, sait parfaitement en jouer. Généreux et spontané, il fait partie de ces rares interprètes qui « vivent » véritablement en scène. Shéhérazade est bien plus qu’un simple ballet : c’est l’alliance du charme, de la puissance et de l’audace russe, autant de qualités que Diaghilev cherchait à mettre en exergue dans ses créations.

L’Oiseau de Feu est le premier ballet conçu sur un thème proprement russe dans l’entreprise théâtrale de Diaghilev. Les nombreuses reprises de ce ballet, à commencer par celle de Béjart, avaient presque réussi à nous faire oublier l’œuvre originale. L’Oiseau de Feu, c’est un conte aux effluves délicieusement féeriques : prince, princesse et méchant sorcier peuplent la scène de ce ballet pittoresque. L’Oiseau de Feu, en accord avec la vision des symbolistes du début du XXe Siècle, prend la forme d’une jeune fille. C’est un rôle difficile car il requiert une force presque masculine ; interprète cette créature fantastique avec une fougue et une vélocité remarquables. Avec ses gigantesques bonds, l’Etoile du Bolshoi traverse la scène, sauvage, indomptable et impétueuse. Son partenaire, le prince Ivan, était interprété par Artyom Iatchmennikov, un prince véritablement charmant. Quant à son aimée, la Princesse à la Beauté Sublime, elle est interprétée par la délicieuse Natalia Balakhnitcheva, une brunette rayonnante, gracile et merveilleusement lyrique. Amour, magie et combats : cette première rédaction de l’Oiseau de Feu est d’une beauté fantastique et l’on ne saurait que trop conseiller aux amateurs d’aller déguster cette pâtisserie visuelle et dramatique sur la scène du théâtre des Champs-Élysées.

Crédit photographique : © Fondation Maris Liepa et SAV Entertainment

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Paris, Théâtre des Champs-Élysées. 04-III-2010. Compagnie du Ballet du Kremlin de Moscou. Shéhérazade. Musique  : Nikolaï Rimski-Korsakov. Chorégraphie : Michel Fokine. Reconstitution : Andris Liepa. Décors et costumes : Léon Bakst. Reconstitution des décors et des costumes : Anna et Anatoli Nejny. Avec : Irma Nioradze, Zobeida ; Nikolaï Tsiskaridzé, L’Esclave d’or. L’Oiseau de Feu. Musique : Igor Stravinsky. Livret et chorégraphie originale : Mikhaïl Fokine. Reconstitution : Andris Liepa. Assistant chorégraphe : Igor Pivorovitch. Décors : Alexandre Golovine et Léon Bakst. Reconstitution des décors et des costumes : Anna et Anatoli Nejny. Avec : Maria Alexandrova, L’Oiseau de Feu ; Artyom Iatchmennikov, Ivan le Tsarévitch ; Natalia Balakhnitcheva, la Princesse à la Beauté Sublime. Musique enregistrée.

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