Banniere-ClefsResmu-ok

Osez les quatuors de Weinberg !

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Mieczyslaw Weinberg (1919-1996) : Quatuors à cordes, vol. 3 : Quatuor n°6, op. 35 ; Quatuor n°8, op. 66 ; Quatuor n°15, op. 124. Quatuor Danel : Marc Danel, 1er violon ; Gilles Millet, 2nd violon ; Vlad Bogdanas, alto ; Guy Danel, violoncelle. 1 CD CPO 777 393-2. Code barre : 7 61203 73932 5. Enregistré en 2006 et 2008 au Studio Stolbergstrasse, Cologne. DDD. Notice trilingue (français anglais allemand) de David Fanning. Durée : 77’10.

 

Les Clefs ResMusica

Avec la publication du troisième volume en trois ans, le Quatuor Danel tient le cap de son intégrale des 17 quatuors de Mieczyslaw Weinberg. Cette nouvelle livraison confirme que Weinberg tient une place de choix parmi les compositeurs de quatuors du XXème siècle, aux côtés de Chostakovitch et Bartók.

Le programme du disque garde la même structure que les deux précédents, s’ouvrant par un quatuor de la période plus accessible et lyrique des années 40 et 50, et se concluant par des opus tardifs, plus concentrés et exigeants. Après le premier volume marqué par la Seconde Guerre mondiale (Quatuors n°4 et 16), le second s’inscrivait dans le contexte politique de l’URSS (Quatuor n°7) et la relation de Weinberg avec son ami Chostakovitch alors récemment disparu (Quatuor n°13). Ce troisième volume réunit des œuvres de défi.

Le Quatuor n°6, composé en 1946, par son ampleur symphonique, son souffle, sa complexité jamais aride, est un sommet de la riche période d’après-guerre de Weinberg. Ces qualités hors norme le firent inscrire sur la liste des œuvres interdites par Jdanov en 1948, plongeant l’œuvre dans un purgatoire de près de soixante ans. Elle semble n’avoir été créée en public qu’en 2007, à Manchester, par les Danel. Que cette œuvre superbe n’ait jamais été jouée du vivant de Weinberg est mystérieux. Le Quatuor n°8 de 1959, empreint de pathos et de rêverie fantomatique, partage d’étroits liens de parenté avec l’univers de Chostakovitch. Le Quatuor n°15 de 1980, constitué de neuf mouvements sans indication expressive, rompt avec les cadres classiques. Le compositeur n’a alors qu’à peine plus de soixante ans, mais par son économie de moyens dans les mouvements lents et sa dureté intransigeante et virtuose dans les mouvements rapides, l’œuvre sonne comme une partition de haute maturité, quasi-testamentaire.

L’interprétation des Danel est d’une justesse de ton et d’un engagement sans faille. Ce troisième volume s’impose comme le meilleur moyen de démarrer la découverte des quatuors de Weinberg, les trois œuvres choisies étant à la fois de grande qualité et représentatives des différentes périodes créatrices de ce musicien marqué par les cataclysmes du XXème siècle.

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.