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Lyon. Auditorium Maurice Ravel. 08-IV-2010. Thierry Escaich (1965) : Chaconne. Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour piano et orchestre en la mineur op. 54. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°7 en la majeur op. 92. Nelson Freire, piano. Orchestre National de Lyon, direction : Jun Märkl.

Il y avait la foule des grands soirs en ce jeudi d’avril pour applaudir dans le Concerto pour piano de Schumann. Dès les premières mesures de l’impétueux premier mouvement, Freire nous immerge dans un univers à la poésie sonore impalpable. Tout est clair-obscur, liquidité, délicatesse et confidence dans ce pianisme qui ne martèle point, ne cogne jamais, fuit le démonstratif et l’autosatisfaction. Fluidité du discours, toucher de cristal et superbe legato dans le gracieux «intermezzo» qui murmure, chuchote, suggère plus de coutume, parfois aux confins du silence. Partenaire d’élection de ce pianiste souverain, tire d’un orchestre précis et concentré comme jamais des sonorités légères comme un foulard en soie, même si les bois n’ont pas l’enchantement nécessaire pour faire jeu égal avec le pianiste. Moment de grâce absolu avec la transcription du «Ballet des ombres heureuses» d’Orphée et Eurydice de Gluck donnée en bis : pas une seule toux ou raclement de gorge intempestif, quelques minutes d’éternité…

Le versant symphonique du concert était représenté par l’étonnante Chaconne de , compositeur en résidence qui ne pouvait bénéficier d’une plus belle interprétation que celle donnée par l’ONL et surtout la Symphonie n°7 de Beethoven. Une nouvelle fois, on saluera les progrès réalisés par l’orchestre ! Par le passé souvent lourds et imprécis, les cuivres sont devenus irréprochables et la précision, la beauté des attaques chez les cordes ne laissent pas d’étonner. On se souvient dans cette même salle de très beaux Beethoven avec Krivine, chef souvent très inspiré dans la grande forme (ses Bruckner étaient magistraux!), pour autant pour rien au monde on se priverait d’un à la direction toujours incisive et d’une absolue lisibilité, sans sécheresse ni nervosité. Rarement l’intelligence organique du discours beethovenien -à cent lieux de l’expérience furtwänglerienne- aura été aussi palpable.

Crédit photographique : / © Arcadio Minczuk

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Lyon. Auditorium Maurice Ravel. 08-IV-2010. Thierry Escaich (1965) : Chaconne. Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour piano et orchestre en la mineur op. 54. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°7 en la majeur op. 92. Nelson Freire, piano. Orchestre National de Lyon, direction : Jun Märkl.

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