Archives de l’auteur : Arnaud Buissonin

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Tristan et Isolde, Wagner Majuscule

Grosse sensation à l'Opéra de Lyon avec ce Tristan et Isolde revenu de loin -défection du duo Wieler-Morabito et du ténor Gary Lehman, le Parsifal de la récente version Gergiev- et in fine épatant ; le plus beau Wagner de l'ère Dorny pour l'instant. Les pinaillages lus et entendus ça et là, auxquels pour les uns on souscrira, ne changent pas la donne : il nous été donné d'assister à un ...
Edith Canat de Chizy

Edith Canat de Chizy, compositrice

ResMusica : Pourriez-vous imaginer un monde sans musique ? Edith Canat de Chizy : Difficilement maintenant. Vous savez un compositeur travaille tout le temps même quant il ne travaille pas. Tout ce qu’on voit, qu’on écoute et les différentes formes d’expression artistique nourrissent notre imaginaire. Je crois qu’un compositeur est toujours en éveil, que son inconscient travaille. Un monde sans musique ? Non... De toute façon je suis née dedans. RM : Parlez nous de cette imprégnation musicale ...
Ilan Volkov

L’effet Volkov continue !

Voilà un concert plein de belles surprises et généreux en satisfactions musicales. En premier lieu, la création de Pierre d’éclair d’Edith Canat de Chizy asseoit la singularité de la compositrice, définitivement en dehors des modes. «Le titre est de René Char : toute la mystique du poète est concentrée dans ces deux mots dont le rapport est à la fois antinomique et fusionnel. Antinomie de l’immobile et de la fulgurance, de la ...
Teodor Ilincai

Teodor Ilincăi, ténor

ResMusica : Comment avez vous découvert la musique et quelles sont les raisons qui vous ont poussé à devenir chanteur? Teodor Ilincăi : Je suis né en Moldavie roumaine pas très loin de Suceava et des monastères de Bucovine avec la musique dans les oreilles. Mon père et tous mes frères chantaient. Mais la musique classique je l’ai vraiment découverte au conservatoire ou j’ai étudié la musique byzantine et la pédagogie. J’ai ...
La révélation d’un Roméo

Teodor Ilincăi, révélation d’un Roméo

Qu’on nous permette d’en faire le pari, dans deux ou trois saisons, ce sont les salles du monde entier qui ne jureront que par lui. A 27 ans seulement, Teodor Ilincăi a offert, avec la force de l’évidence, au public lausannois le plus beau Roméo entendu depuis Roberto Alagna. Tout prédestinait le jeune roumain à incarner le romantique Montaigu : une voix indubitablement belle, puissante derrière son apparente légèreté, un style ...
Le Berlioz intérieur de Serge Baudo

Le Berlioz intérieur de Serge Baudo

Si L’Enfance du Christ est objectivement l’une des œuvres les moins populaires de Berlioz, les amusantes conditions de sa composition sont bien connues : ce cher Hector, qui s’ennuyait dans une soirée carte répondit à un défi de l’architecte Joseph Duc en créant une musique pour son album. Il choisit volontairement une tonalité naïve et douce pour écrire le chœur des bergers adressant ses adieux à l’enfant Jésus, puis se joua ...
Plus sympathique que surréaliste

Les Mamelles de Tirésias à Lyon, plus sympathique que surréaliste

Après les superbes Dialogues des carmélites à Nice, ce sont les plus rares Mamelles de Tirésias qui occupent le haut de l’affiche à l’Opéra national de Lyon. Comme l’œuvre est brève, on lui a adjoint en guise de prologue un Foxtrot de Chostakovitch et le célèbre Bœuf sur le toit de Darius Milhaud. Musicalement l’enchainement fonctionne sans heurt et scéniquement, Macha Makeïeff à son meilleur d’inspiration, rivalise de trouvailles visuelles. ...
Impériale Elisabeth Leonskaya

Impériale Elisabeth Leonskaja

Pour conclure un cycle russe lyonnais, l’Orchestre National de Lyon avait invité le chef Vladimir Fedoseiev et surtout la très grande Elisabeth Leonskaja, qui se produisait pour la première fois à l’Auditorium Maurice Ravel. Le concert débutait par une rareté de Chausson, Viviane. Ce court poème symphonique, première véritable composition orchestrale de l’auteur de la Symphonie en si bémol majeur, témoigne de sa fascination pour les légendes arthuriennes. Tout ...
De l’énergie à revendre

Otello à Lyon, de l’énergie à revendre

C’est devenu le cadeau lyrique de l’automne ! En début de saison, l’Opéra de Lyon programme -en version de concert- un titre phare du Bel canto. Aux Somnanbula, Maria Stuarda, Anna Bolena et Roberto Devereux précédemment entendues succède cet Otello de Rossini qui a soulevé l’enthousiasme du public. Créé en 1816 au Teatro del Fondo à Naples, l’opéra a connu un succès presque immédiat, en partie grâce à Isabella Colbran, muse ...
Herbert Blomstedt dirige Bruckner

Herbert Blomstedt dirige Bruckner

Après le Wiener Philarmoniker et le Budapest Festival Orchestra, c’était au tour d’une autre formation européenne prestigieuse, le Gewandhaus de Leipzig, de se produire à l’Auditorium Maurice Ravel dans le cadre de la courageuse série des orchestres invités. Une fois de plus, on déplorera que le public n’ait pas entièrement rempli l’immense vaisseau lyonnais pour fêter ce concert qui s’annonçait comme le plus stimulant du début de saison. Le concert ...
Vaine élégance

Vaine élégance pour Pygmalion à Aix

Avec son Orfeo bruxellois, Trisha Brown nous avait offert en 1998 un spectacle d'une absolue beauté, inégalé fusion entre la danse, le chant et la musique... Douze ans plus tard, rien n'a vraiment changé dans le vocabulaire chorégraphique, et visuel, de l'américaine. Seulement, la magie s'est complètement envolée et ce Pygmalion/Hippolyte et Aricie fait de bric et de broc n'ajoutera rien à sa gloire ! Il faut dire que cette production arrivait ...
Le grand frisson joue les arlésiens

Le grand frisson joue les arlésiens à Orange

Tosca On aurait tant voulu le ressentir ce «grand frisson» propre aux soirées électrisantes! Car, objectivement, cette Tosca avait tout pour nous combler : des interprètes charismatiques, un jeune chef prometteur et le magique ciel provençal, inondé d’étoiles. Le résultat, s’il n’a rien de déshonorant, est pourtant plus que mitigé. Nadine Duffaut n’est pas en cause, loin de là. On sait la gageure de mettre en scène au théâtre antique, et quelque soit le ...
Sacrée sorcière

Hänsel und Gretel à Lyon, sacrée sorcière

Que serait une saison lyonnaise -opéra et théâtre confondus- sans Laurent Pelly ? Acclamé sur les scènes du monde entier, le fringant directeur du Théâtre National de Toulouse doit à la capitale des Gaules quelques notoires réussites (Le roi malgré lui, Orphée aux enfers, La voix humaine) mais aussi de bien laides Boréades en 2004 et une Vie parisienne hystérique et vulgaire. Sans être des « Pellyphiles» acharnés, nous attendions avec impatience cette reprise ...
Terrifiante virtuosité

Ilya Rashkovskiy, terrifiante virtuosité

Sous l’emprise d’on ne sait quelle force occulte ou substance hallucinogène, Ilya Rashkovskiy a offert au public des Pianissimes 2010 une pure démonstration de virtuosité, trente minutes d’absolue splendeur musicale qui sollicitent l’imaginaire de l’auditeur comme rarement. Car voilà une lecture puissamment expressive, et hautement éloquente, d’un des recueils les plus extraordinaires de la littérature pianistique ! A t-on déjà entendu, sinon dans l’enregistrement visionnaire de Pogorelich (DG) plus ébouriffant Marché de ...
Une nouvelle tétralogie à La Scala !

Une nouvelle tétralogie à La Scala !

Une éminente figure du théâtre contemporain, acclamée en Avignon pour sa fascinante Trilogie du pouvoir, un chef pour qui le Ring n’a plus de secrets et une prise de rôle attendu par tous : René Pape en Wotan... Disposant d’atouts majeurs, ce début de Tétralogie milanaise a pourtant déçu public et presse italienne, déconcertés par la mise en scène de Guy Cassiers qui malgré une grande intelligence reste, hélas, constamment prisonnière de ...
Jun Märkl à la conquête de l’Est

En terre d’élection?

Avec toutes les tensions qui agitent l’ONL depuis le début de saison, on se rendait à ce concert avec un peu d’appréhension... Bien mal nous en aura pris de douter tant une nouvelle fois l’orchestre aura donné le meilleur, prouvant son incroyable motivation et sa capacité à répondre présent aux grands rendez-vous. Après un concerto pour piano de Schumann transcendé par Nelson Freire, il incombait au deuxième concerto de Brahms, chef-d’œuvre ...
Nelson Freire joue Schumann

Nelson Freire joue Schumann

Orchestre National de Lyon Il y avait la foule des grands soirs en ce jeudi d’avril pour applaudir Nelson Freire dans le Concerto pour piano de Schumann. Dès les premières mesures de l’impétueux premier mouvement, Freire nous immerge dans un univers à la poésie sonore impalpable. Tout est clair-obscur, liquidité, délicatesse et confidence dans ce pianisme qui ne martèle point, ne cogne jamais, fuit le démonstratif et l’autosatisfaction. Fluidité du discours, ...
Jun Märkl

Jun Märkl, chef d’orchestre

ResMusica : Quel souvenir gardez vous de votre premier contact avec l’ONL ? Jun Märkl  : C’était en 2004 pour un concert Brahms-Schœnberg avec une transcription du Quatuor pour piano et cordes. Je me souviens bien de ce concert, qui s’était déroulé dans un esprit élevé et de l’orchestre qui avait extrêmement bien joué. RM : Vous partagez votre temps entre Lyon et Leipzig, deux villes à la personnalité particulièrement dissemblable. Quel regard portez ...
After Life, Michel van der Aa

After Life de Michel Van Der Aa, l’éternité et un souvenir

Même en y mettant la meilleure volonté du monde, il est parfois difficile de comprendre le public ! Atteints de «bravoïte» aigüe lors de la création d’une bien monotone et bavarde Emilie de Kaija Saariaho, les spectateurs lyonnais ont fait la fine bouche (applaudissements timides, deux rappels seulement et quelques huées) devant cet After Life saisissant d’intelligence, d’audace et de sensibilité ; l’un des spectacles phares de la Biennale Musique en Scènes ...
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Emilie de Kaija Saariaho, la beauté sans l’émotion ?

Le printemps 2010 est, en terre lyonnaise, placé sous les bienheureux auspices de l’évènement musical avec la Biennale Musique en scène. Succédant à la visite historique du Philharmonique de Vienne (commentaires acerbes ça et là sur la baguette peu inspirée de Maazel), la création du nouvel opus de Kaija Saariaho, Emilie, sur un livret d’Amin Maalouf, a ouvert la nouvelle édition de la Biennale «Musique en scène». Cette coproduction européenne ...
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Tant qu’il y aura l’Amérique

Orchestre National de Lyon Alors qu’un beau disque Messiaen sort chez Naxos, L’ONL nous proposait en ces jours de l’Avent un programme 100% américain. A l’exception de la rare Sérénade pour cordes de Bernstein, le concert affichait trois tubes du répertoire pour orchestre. Programme de fête avec un père Noël qui a roulé sa bosse un peu partout dans le monde, Lawrence Foster -auteur d’une intégrale remarquée des concertos de Beethoven ...
Mention Honorable

Mention Honorable

Orchestre National de Lyon Curieusement intitulé «Couleurs du Nord» (Nielsen, Grieg mais aussi Dvořák étaient au programme), ce concert de l’Orchestre National de Lyon, quinze jours après une superbe Sixième de Mahler sous la direction de Simone Young, n’a pas atteint le même niveau d’excellence. Avec un pianiste dont la maîtrise technique n’est plus à démontrer – Lars Vogt - et un chef d’orchestre qui a fait des prodiges au Danemark ...
Enchanteresses Saisons

Enchanteresses Saisons

Orchestre Révolutionnaire et Romantique C’est une standing ovation qui a salué le retour en terre lyonnaise de John Eliot Gardiner, directeur musical de l’Opéra de 1983 à 1988, au terme de cette interprétation mémorable des Saisons de Haydn. Hormis un passage par Ambronay (« Bach Cantata Pilgrimage » avec The English Baroque Soloists), le chef anglais s’était fait plutôt rare dans la région alors que nul n’a oublié les superbes Chabrier, Gluck et ...
Belle entrée en Mahler

Belle entrée en Mahler avec Simone Young

Orchestre National de Lyon Alors que la polémique consécutive à l’arrivée de Laurent Langlois à la direction de l’ONL et ses démêlés avec Jun Märkl commencent à s’essouffler, tout en ayant laissé des traces indélébiles, l’Auditorium Maurice Ravel créait l’évènement en invitant la chef d’orchestre Simone Young, quatre ans après un programme Verdi-Respighi qui avait marqué les mémoires. Pour cette deuxième invitation, Simone Young avait choisi la plus aboutie sans doute des ...
Cuisante banalité

Don Giovanni à Lyon, cuisante banalité

Le dernier Don Giovanni vu à Lyon date déjà d’il y a onze ans ! Il s’agissait d’une reprise de la désormais célèbre production de Peter Brook qui avait inauguré l’ère Lissner au festival d’Aix-en-Provence 1998. Ayant fait illusion dans la cité du Roy René, sous l’œil complaisant des médias, le travail minimaliste et sans grande force dramaturgique du metteur en scène anglais ne nous avait guère convaincu ; la direction brutale ...
La race des seigneurs

Bruno Leonardo Gelber, la race des seigneurs

«Vous serez mon dernier élève mais le meilleur» : Marguerite Long ne s’y était pas trompée, en plaçant tous ses espoirs en Bruno Leonardo Gelber, il y a de cela 40 ans. Beethoven, Schumann et Chopin sous ses doigts, c’est la promesse d’un voyage musical sans esbroufe ; la musique, rien que la musique mais toute la musique. Un constat tout d’abord source de regrets : comment expliquer qu’un concert donné le vendredi soir, par ...
Emerveillement créole

Emerveillement créole

Festival d'Ambronay Gabriel Garrido est de retour à Ambronay ! Si l’homme y a forgé l’or (des Vêpres monteverdiennes inoubliables, au délicieux arôme de première fois) et le plomb (Orfeo amorphe à Lyon, Sansone d’Aliotti plutôt désastreux en 2001), du moins est-il toujours fidèle à lui-même : une énergie dévorante, contagieuse, la promesse d’un geste aussi large que généreux et cet enthousiasme à fleur de baguette, qui électrise musiciens et auditeurs! Une fois de ...
Christophe ROUSSET, France, Janvier 2006.

Le sens de l’équilibre

Festival d'Ambronay Invité régulier du festival d’Ambronay, Christophe Rousset y a endossé bon nombre de casquettes, claveciniste à la tour Dauphine (Rameau, Couperin, Scarlatti... ), directeur musical de l’Académie baroque européenne (par trois fois) et bien entendu chef-d’orchestre à la tête de ses Talens Lyriques. C’est avec un programme Haydn-Mozart qu’il honorait de sa présence cette édition anniversaire quelques semaines seulement après l’avoir étrenné à Eisenstadt (Autriche, Château Esterhazy), au festival ...
Festive Sérénissime

Festive Sérénissime

Festival d'Ambronay Monteverdi = Alessandrini. Voilà une équation qui ne sera insoluble pour personne tant semble évidente l’affinité profonde qui lie le génial crémonais (ou devrait-on dire mantouan, vénitien peut-être?) au bouillonnant chef-d’orchestre, claveciniste et organiste italien. Depuis plus de 20 ans, Rinaldo Alessandrini n’a eu de cesse, seul ou en compagnie du Concerto Italiano, d’explorer le répertoire italien des XVIIème et XVIIIème siècles en particulier le «Grand œuvre monteverdien» dont il ...
Des routes en or pour Jordi Savall

Des routes en or pour Jordi Savall

Festival d'Ambronay Fidélité. C’est dans son acception la plus noble qu’il faut entendre ce terme pour définir la relation artistique privilégiée, unique même, qui unit Jordi Savall à Ambronay. Que de fois le catalan nous a surpris et éblouis dans cette abbatiale qui, cette année encore, accueille les plus grands? En effet, quelle manifestation musicale peut se targuer d’inviter lors de la même session, Christophe Rousset, Christina Pluhar, Rinaldo Alessandrini, Mark Minkowski, ...