Le National à l’heure tchèque

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 15-IV-2010. Bedrich Smetana (1841-1894) : La Fiancée vendue (ouverture). Antonin Dvořák (1916-1983)  : Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur op. 104 ; Symphonie n°8 en sol majeur op. 88. Alban Gerhardt, violoncelle ; Orchestre National de France, direction : Kurt Masur

Pour l’originalité des œuvres choisies (grand répertoire tchèque) et la forme du concert (ouverture, concerto, entracte, symphonie), on repassera. Le public a cependant répondu présent (y compris des jeunes, attentifs…au deuxième balcon) pour ce concert du National, dirigé par , à la tête de la formation parisienne entre 2002 et 2008 et à présent directeur musical honoraire à vie. Masur aime ses musiciens et ces derniers le lui rendent bien, rentrant immédiatement dans le vif du sujet avec l’ouverture de La Fiancée vendue de Smetana. Les cordes, en particulier les violons, sont mises à rude épreuve (ça tricote !) et malgré l’économie de gestes du chef, l’interprétation se révèle nerveuse, dansante à souhait.

Le programme se poursuivait avec deux œuvres phares de Dvořák, tout d’abord son célébrissime Concerto pour violoncelle et orchestre (la dernière œuvre qu’il compose aux Etats-Unis à l’hiver 1894/1895) avec en soliste. adopte des tempos plutôt lents qui accentuent par exemple la solennité du premier mouvement jusqu’à l’entrée du soliste. Ce dernier se montre très convaincant dans une optique résolument fougueuse et passionnée, avec une sonorité généreuse, une prise de risque évidente (les passages virtuoses, les trilles ne sont pas toujours très propres), mais qui n’exclut pas d’être tendre, plaintif ou dramatique quand il le faut (deuxième mouvement). L’orchestre est très investi dans son rôle d’accompagnateur, et l’on apprécie particulièrement les différentes interventions d’instruments solistes (bois, cor notamment), en particulier (flûte) et (premier violon solo).

Pour clôturer ce concert, l’ proposait la Symphonie n°8 (1889), une œuvre que les musiciens avaient déjà données avec Kurt Masur en 2003. Le chef dirige de tête, donne souvent l’impulsion et laisse jouer l’orchestre, en grande forme ce soir, dans une interprétation très contrastée. C’est le cas dans le deuxième mouvement, où l’alternance entre l’atmosphère pastorale aux accents slaves (flûtes et hautbois qui dialoguent avec la clarinette, le basson et les cordes graves) et les passages solennels est bien rendu. L’allegretto grazioso pourrait être plus dansant et gracieux mais l’opposition de caractères dans le finale (variations sur le choral entonné par les violoncelles et tutti explosifs) suscite l’enthousiasme et un triomphe mérité.

Crédit photographique : Kurt Masur © Jennifer Taylor

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