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Un Berlioz de compositeur par Esa-Pekka Salonen

À emporter, CD, Musique symphonique

Hector Berlioz (1803-1869) : Symphonie fantastique, Op. 14 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Ouverture de Léonore n°2, Op. 72b. Philharmonia Orchestra, direction : Esa-Pekka Salonen. 1 CD Signum Records. Référence : SIGCD 193. Code barre : 6 35212 01932. Enregistré en septembre 2008, en concert au Royal Festival Hall. Notice de présentation en : anglais. Durée : 67’07

 

Alors que nous arrive la lecture sur-vitaminée de François-Xavier Roth (Actes Sud) dans cette Symphonie fantastique, un autre grand chef affronte le chef d’œuvre d’ : à la tête de son Philharmonia londonien. Témoignage intéressant car il permet au musicien de sortir du carcan des musiques contemporaines et des classiques du XXe siècle où il avait été cantonné par ses maisons de disque.

Cette lecture, comme celles de Pierre Boulez auparavant (chez Sony et DGG), est la vision d’un compositeur qui dirige l’un de ses lointains devanciers. Dès lors, le chef dépassionne le débat et l’on abandonne les fulgurances romantiques et les explorations des tourments de l’âme pour une radiographique de la masse orchestrale. Mais habitué à mener les développement des grandes fresques sibeliennes, le chef garde une logique narrative à cette interprétation dont la «scène aux champs» avance promptement avec les teintes grisées d’une lumière froide du golfe de Finlande. Le charisme du chef emporte les épisodes finaux dans un tourbillon dynamique mais jamais précipité : la gestion du tempo et des gradations de la «marche au supplice» s’avère ainsi parfaite même si le chef se laisse aller à des effets un peu faciles dans les dernières mesures. Certes, la discographie de la partition est bardée de références (Munch, Tilson-Thomas, Paray, Bernstein, Dutoit, Ansermet, Roth, Argenta…) mais cette lecture mérite une oreille pour la pertinence de son approche.

En complément, le chef lance ses troupes dans une lecture puissante et romantique de l’ouverture Leonore n°2 de Beethoven. On est loin ici de la nervosité des relectures baroques avec une optique charpentée et massive qui dévale comme un rouleau compresseur. C’est à contre courant de l’esprit actuel (cordes charnues et saillantes), mais c’est toujours intéressant.

Par ailleurs, le label Signum n’aurait-il pas un graphiste sous la main pour changer ces pochettes de présentation tristes et atones ?

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