Resmusica Rouge

Le Chevalier et la Damoiselle de Philippe Gaubert et Serge Lifar

À emporter, CD, Danse , Musique symphonique

Philippe Gaubert (1879-1941) : Le Chevalier et la Damoiselle, ballet en deux actes sur un argument de Serge Lifar. Orchestre Philharmonique du Luxembourg, direction : Marc Soustrot. 1 CD Timpani 1C1175. Code barre : 3 377891 311759. Enregistré le 30 septembre et le 2 octobre 2009 à la Villa Louvigny, à Luxembourg. Notice bilingue (français, anglais). Durée totale : 73’20’’

 

Second disque consacré par Timpani à , figure indispensable de la vie musicale parisienne dans l’Entre-deux-guerres : flûtiste hors pair, directeur musical de l’Opéra sous le brillant mandat de Jacques Rouché (1914-1945), il dirigeait aussi l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire et a laissé de nombreux enregistrements.

Lors de la débâcle de 1940, Gaubert avait cherché refuge à Cahors, avant que l’armistice ne permette bientôt la reprise des activités au Palais Garnier. Serge Lifar y règne alors en maître, et imagine Le Chevalier et la Damoiselle, une féérie médiévale dans laquelle un chevalier errant délivre une princesse du sortilège qui la transformait en biche. La partition porte la marque des exigences du «choréauteur», privilégiant les courts épisodes narratifs et les solos pour le couple principal qu’il formait avec Solange Schwarz. Gaubert y déploie les derniers charmes de ce qu’on pourrait appeler le style «néotroubadour», par extension du terme «style troubadour», utilisé pour désigner la mode médiévale du début du XIXe siècle. Dans les années 1890, le gothique intéresse en effet des artistes comme Anatole France ou Massenet (notamment Le jongleur de Notre-Dame et Grisélidis). Toutefois, Gaubert rehausse habilement ces traits par d’autres saveurs modales inspirées de Debussy, et par une orchestration variée et raffinée.

La première partie laisse s’épanouir un superbe solo de violon, et culmine dans une fort belle «Scène d’amour». La seconde partie, un tournoi, est plus décorative, mais jamais pataude, grâce à une veine mélodique toujours heureuse. En définitive, ce ballet, malgré sa couleur uniformément lumineuse, se laisse écouter au disque sans ennui. Il faut dire qu’avec un orchestre de grande qualité, des interventions solistes irréprochables, une direction qui juge parfaitement bien les climats et les mouvements, sans oublier la clarté de la prise de son et les commentaires de Harry Halbreich, les conditions idéales sont réunies pour cette exquise redécouverte.

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.