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Aspect méconnu de Frescobaldi par Leonardo García-Alarcón

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Girolamo Frescobaldi (1583-1643) : Il regno d’amore (extraits des Arie Musicali et des Canzoni) ; Ensemble Clematis ; Leonardo García-Alarcón, clavecin, orgue et direction. 1 CD RIC 300. Code barre : 5400439003002. Enregistré en juin et octobre 2009. Livret trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 61’03’’

 

Ce n’est pas en tant que chef de chœur ou chef d’orchestre que l’on retrouve ici Leonardo García-Alarcón, mais au sein de l’ qu’il dirige du clavier (orgue ou clavecin) dans une anthologie de pièces vocales de , entrecoupées de pièces instrumentales tirées de ses Canzoni. De ce compositeur, mort la même année que Monteverdi, on connaît surtout les Canzoni et les pièces pour clavier, beaucoup moins la musique vocale, même si elle a tenté dans le passé entre autres Claudine Ansermet (Lyrinx), Montserrat Figueras et René Jacobs (DHM) ou le Concerto Italiano de Rinaldo Alessandrini (Opus 111). Organiste fort réputé à la basilique Saint-Pierre de Rome à partir de 1608, il devient entre 1628 et 1635 organiste à la cour de Ferdinand II de Medicis, Grand-Duc de Toscane. C’est à cette époque (1630 exactement) qu’il compose ses deux livres d’arie musicali per cantarsi nel gravicimbalo e tiorba, utilisant notamment le recitar cantando (déclamation chantée) cher aux florentins Péri, Cavalli et Cavalieri. Le programme proposé ici est construit en trois parties : canti d’amor (chants d’amour), canti sacri (chants sacrés) et musique dansée, les pièces vocales étant interprétées par la soprano Mariana Flores. Les airs traitent essentiellement des joies et des blessures de l’amour, la chanteuse dialoguant parfois avec des instruments solos (violon et/ou basse de viole), soutenue par un riche continuo dont la composition varie selon les pièces. Mariana Flores, dont la fraîcheur de la voix, la finesse dans l’ornementation, suscite l’adhésion, est assez expressive, que ce soit dans les pièces joyeuses et dansantes (Se m’amate, io v’adoro ou Gioite o selve), délicates (Begli occhi) ou dans les récitatifs dramatiques (Maddalena alla croce). On apprécie notamment dans ces derniers les ruptures de rythme, les dissonances, et en vient à regretter que Frescobaldi n’ait pas composé d’opéra !

Les Canzoni, sorte de sonates pour instrument et basse continue, donnent la part belle au violon (Stéphanie de Failly) et à la basse de viole (Andrea De Carlo), mais la lecture semble un peu sage. Un grain de folie n’aurait pas nuit à l’ensemble de ce programme qui est tout à fait dans la veine de ce qu’a pu faire Christina Pluhar et l’Arpeggiata lorsqu’ils enregistraient chez Alpha Productions.

Une musique néanmoins très séduisante à mettre entre toutes les oreilles.

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Girolamo Frescobaldi (1583-1643) : Il regno d’amore (extraits des Arie Musicali et des Canzoni) ; Ensemble Clematis ; Leonardo García-Alarcón, clavecin, orgue et direction. 1 CD RIC 300. Code barre : 5400439003002. Enregistré en juin et octobre 2009. Livret trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 61’03’’

 
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