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Alors qu’elle s’apprête à chanter sa première Rosina du Barbier de Séville au festival d’Antibes, Laure Baert nous rencontre place Stanislas à Nancy, face à l’Opéra national de Lorraine où elle fit ses premiers pas scéniques. Retour sur une jeune carrière placée sous le signe de l’enthousiasme, de l’énergie et des rencontres.

Notre dossier : Art lyrique

 

ResMusica : Tout a commencé en 2003, avec votre victoire au Concours des Voix d’or à Metz.
Laure Baert : Absolument. À la suite de la finale durant laquelle j’ai chanté les airs de Philine d’Ambroise Thomas et Fauno dans Ascanio in Alba de Mozart, Laurence Dale, président du jury et directeur de l’Opéra de Metz, m’a aussitôt engagée pour Oscar, Glauce et Servilia. Il a été le premier à me confier ces rôles de premier plan et je ne saurai jamais assez le remercier.

RM : Votre premier rôle important fut donc Oscar, dans la reconstruction hypothétique de la partition originale d’Un Bal masqué signée par Philipp Gossett.
LB : En effet, ce rôle léger en forme de bulle de champagne dans tout ce drame, est très exigeant tant vocalement, puisqu’il faut avoir une voix agile et suffisamment étoffée dans les ensembles, que physiquement car Oscar est un personnage dynamique qui ne cesse de courir sur scène. J’avoue me sentir très à l’aise dans ces rôles pleins d’énergies qui possèdent une vocalisation importante. Ce qui ne m’empêche pas de prendre le temps de travailler et d’avoir le recul nécessaire pour des rôles plus éthérés (Pamina par exemple).

RM : Une autre prise de rôle importante, à Metz, fut celle de Servilia, à qui vous avez su conférer une réelle personnalité.
LB : Chanter Mozart est un véritable bonheur ! Servilia est effectivement intéressante car même si la partition reflète sa sensibilité, elle est un femme de tempérament et elle est tout sauf une oie blanche. Cette première incursion mozartienne m’a beaucoup appris et j’espère bientôt être Despina, Serpetta ou Susanna.

RM : l’Opéra national de Lorraine vous a également immédiatement fait confiance !
LB : Ce théâtre est cher à mon cœur car j’y ai fait mes premiers pas, en 2002. J’ai eu la chance d’y chanter mes premiers rôles dans Dido and Aeneas, Venus et Adonis avec Christophe Rousset (qui fait l’objet d’un enregistrement discographique), et une tournée de l’Elisir d’Amore dans une mise en scène très féerique d’Omar Porras. J’y ai très récemment chanté Offenbach, avec beaucoup d’émotion.

RM : Vous avez également été souvent invitée à l’Opéra de Nice, par Paul-Emile Fourny.
LB : Après avoir travaillé ensemble sur une production de Carmen, Paul Emile m’a accordé sa confiance en m’engageant dans Clarice de Il Mondo della Luna, La Vie parisienne et Manon et m’a ainsi offert une belle collaboration avec Nadine Duffaut.

RM : A Montpellier, vous avez chanté Gianetta, Papagena et le joli rôle de Marionnette dans La Vedova scaltra de Wolf-Ferrari.
LB : Au même titre qu’Oscar, Marionnette est un de mes rôles préférés et que je rêve de chanter à nouveau. J’ai pris un plaisir fou à interpréter cette soubrette qui mène tout le monde à la baguette et cette musique inventive, pleine d’humour et d’intelligence réjouit le cœur et l’âme!

RM : C’est à Montpellier que vous avez également inauguré votre récital : Les Muses créatrices.
LB : Ce récital, consacré aux femmes compositeurs (Fanny Mendelssohn, Clara Schumann, Mel Bonis, Germaine Tailleferre et Rita Strohl) est un projet de longue haleine. René Kœring m’a offert d’y présenter ce premier volet qui constitue l’occasion de rendre hommage à ces femmes longtemps brimées et interdites de diffusion. Pouvez vous vous imaginer que Rita Strohl, qui a composé notamment les magnifiques Chansons de Bilitis est inconnue du dictionnaire de la musique ?… Le récital est un moment unique, car j’y exprime des sentiments passionnels ou dramatiques, sentiments qui ne sont loin du reflet de mes personnages à l’opéra.

RM : Votre actualité immédiate, c’est le festival d’Antibes avec un diptyque constitué de La Serva Padrona et Rita de Donizetti, puis votre première Rosina.
LB : Rosina est ma première héroïne rossinienne et c’est une rencontre qui m’épanouit beaucoup. Lorsque Eve Ruggieri m’a proposé d’auditionner pour le rôle, je me suis beaucoup posé de questions, notamment en raison de l’ambitus très long (du la grave au contre-ré dans les cadences). Puis je me suis progressivement sentie bien dans cette tessiture et pense que cela fait énormément de bien à mon instrument d’interpréter ce rôle très exigeant tout en gardant ma couleur de soprano lyrique léger.

RM : Ceci vous fait naturellement apercevoir d’autres rôles.
LB : Effectivement, j’aimerais maintenant chanter Norina, Adina ou encore la Comtesse Adèle du Le Comte Ory. Chi va piano va sano, dit-on, mais je me sens prête aujourd’hui pour ces rôles ! Je n’oublie pas pour autant le répertoire français qui comporte des rôles passionnants qui appellent une couleur spécifique de lyrique léger français : Constance dans Dialogues des Carmélites – mon rêve absolu -, Minka, Laoula, Philine, Eurydice… Rameau et Haendel font également mon bonheur. Et évidemment toujours et encore Mozart !

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Alors qu’elle s’apprête à chanter sa première Rosina du Barbier de Séville au festival d’Antibes, Laure Baert nous rencontre place Stanislas à Nancy, face à l’Opéra national de Lorraine où elle fit ses premiers pas scéniques. Retour sur une jeune carrière placée sous le signe de l’enthousiasme, de l’énergie et des rencontres.

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