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Il est des artistes capables de nous surprendre constamment. Stéphane Bullion fait partie de ces danseurs qui savent imposer au public leur propre vérité interprétative. Car Stéphane Bullion ne copie pas : il explore. Rencontre avec cette nouvelle étoile de 30 ans.

 

ResMusica : Comment est née votre passion de la danse?
: Ce fut une rencontre bien plus qu’une naissance. Ma mère nous a proposé, à mon frère et à moi, de faire de la danse. Mon frère a refusé ; j’ai accepté. Mon attrait pour la danse fut une évidence : j’ai tout de suite «accroché». Le premier cours où j’étais inscrit ne me permettant pas de travailler de manière satisfaisante, j’ai demandé à changer d’école. J’ai intégré le cours de Gilles Brinas au sein duquel nous accomplissions un vrai travail de danseur. J’ai ensuite eu pour professeur René Bon. Ces deux rencontres furent déterminantes. Ces professeurs savaient inculquer l’amour du travail ; ils m’apprirent à aimer passer du temps en studio. Après avoir intégré l’Ecole de Danse de l’Opéra, au sein de laquelle j’ai passé trois années, Lucien Duthoit m’a fait prendre conscience que la danse pouvait être un métier. Ce professeur, dont j’appréciais particulièrement l’enseignement, possédait un sens de l’humour dont j’étais friand ! J’ai toujours considéré qu’un danseur se construit et grandit au fil des rencontres qu’il peut faire au cours de sa carrière. Beaucoup de personnes sont intervenues à des niveaux différents au cours de mon évolution, dans le milieu de la danse mais aussi en-dehors. Je souhaite donc remercier toutes ces personnes, et la liste est longue ! Plus succinctement, je citerai Brigitte Lefèvre, Iouri Grigorovitch, Roland Petit (le rôle de Morel qu’il me confia apporta certaines réponses à mes doutes), Laurent Hilaire, Agnès Letestu, Nicolas Le Riche, José Martinez, Manuel Legris (qui m’a permis de danser à l’étranger au sein de son groupe Manuel Legris et ses étoiles), Hervé Moreau ou encore Nicolas Paul (qui m’a offert d’interpréter ses créations Akathisie et Gesualdo). Mais également les répétiteurs : Patrice Bart, Ghislaine Thesmar, Pierre Lacotte, Clotilde Vayer. La liste est longue car nombreuses sont les personnes qui ont contribué à faire de moi ce que je suis en tant qu’artiste.

RM : Votre apprentissage fut-il sans heurts? Avez-vous connu des instants de doute?
SB : Aujourd’hui encore, les doutes peuvent m’assaillir : pour qu’il y ait des instants de bonheur, il faut nécessairement qu’il y ait des instants de doute. Ce doute peut se manifester par la peur de se décevoir soi-même, mais aussi par la peur de décevoir les autres. Pendant mon apprentissage, je connus de nombreux moments d’incertitude, notamment durant l’adolescence, période de croissance pendant laquelle on n’est plus maître de son corps. Il y avait nécessairement des progrès en dents de scie. Durant ces moments difficiles, je me demandai si je parviendrais un jour à faire de la danse mon métier, même si j’avais la chance d’être bien distribué durant les spectacles de l’Ecole de Danse (nb : Le chevalier et la Damoiselle ; Western Symphony). Ces incertitudes grandirent lors de l’année de la 1ère division, année charnière à l’issue de laquelle on postule dans le corps de ballet de l’Opéra de Paris. Je doutais de ma capacité à entrer dans la compagnie ; j’estimais que je ne progressais pas assez vite et je ne parvenais pas à faire tout ce que j’avais en tête. J’étais le plus jeune de ma classe (nb : ne resta que 15 jours en 4ème division et intégra directement la 3ème division) et pas forcément le plus en avance. Je me souviens notamment de l’un de mes camarades, Marcelo Gomes (nb : actuellement danseur à l’ABT), lequel était exceptionnellement doué. Julien Meyzindi (nb : Sujet de l’Opéra de Paris) était également un compagnon de classe très doué. J’avais postulé à des auditions extérieures afin de ne pas me trouver dépourvu si je n’étais pas accepté dans le corps de ballet de l’Opéra. J’y fus finalement admis à l’âge de 17 ans. Cela ne fit pas taire mes doutes, puisque j’avais encore et toujours l’impression de ne pas progresser aussi vite que je l’aurais souhaité.

RM : L’année 2003-2004 marqua un important tournant dans votre carrière : Grigorovitch vous confia le rôle d’Ivan le Terrible dans son ballet éponyme, alors que vous n’étiez que sujet. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience?
SB : Ma prise de rôle dans Ivan le Terrible représente une étape particulièrement importante à mes yeux : j’ai pour la première fois porté sur mes épaules tout le poids d’un ballet. Ce rôle puissant et porteur m’a permis de me révéler à moi-même en tant qu’interprète. J’ai réussi à surmonter une certaine réserve, une certaine timidité. Je ne pensais pas qu’il y avait en moi autant de rage, de violence et de romantisme. Je ne me serais pas cru capable d’interpréter sur scène des sentiments aussi puissants et complexes. Cette prise de rôle a joué le rôle d’un véritable «déclencheur» dans mon cheminement artistique.

RM : Vous avez été nommé danseur étoile le 2 juin 2010 à l’issue de la dernière représentation de La Bayadère. Comment vivez-vous cette consécration? Le regard des autres a-il changé?
SB : Je n’aime pas le terme «consécration», je préfère penser que cette nomination est un nouveau départ. Etre nommé étoile n’a jamais été une évidence pour moi. Je considérais qu’être soliste était déjà très beau. La frontière entre le grade de premier danseur et celui d’étoile est mince. Il me faut désormais honorer ce titre et être à la hauteur de cette nouvelle responsabilité. C’est une charge différente de celle qui m’incombait en tant que premier danseur. Je dansais alors énormément ; c’était un rythme fatiguant, sans doute usant, mais grisant. Je me sentais vivant au milieu de cette effervescence. Etre sollicité et assurer plusieurs projets en même temps était exaltant. Je n’avais rien à prouver ; mon objectif était d’assurer le spectacle du mieux que je pouvais. Je n’ai pas encore le recul nécessaire pour juger des changements liés à ma nomination. Je danse actuellement Kaguyahime et ne ressent pas de pression particulière peser sur mes épaules. J’espère, dans le futur, que ce titre d’étoile me permettra de m’impliquer plus profondément dans les rôles et d’en sonder tous les aspects. L’alternance de ce travail de réflexion et du travail sur scène est l’idéal pour un danseur. Ce titre me donne envie de prendre des risques. Je vais travailler encore plus. Faire les bons choix. Et mieux me définir en tant qu’artiste. Quant au regard des autres, il n’a heureusement pas changé : je suis le même qu’hier et le même que demain. Ce n’est pas parce que je suis étoile que l’on doit désormais user de la langue de bois à mon égard : je ne suis ni quelqu’un de meilleur, ni quelqu’un de pire depuis ma nomination. Une chose est sûre : je n’irai pas en scène pour prouver que je suis danseur étoile, mais simplement pour faire le spectacle le mieux possible, par respect pour le public. Ce clivage entre les étoiles et les premiers danseurs ne doit pas faire oublier le travail essentiel du corps de ballet. Certes, une étoile sera forcément mise en avant ; elle sera plus exposée aux louanges, mais aussi aux critiques. Néanmoins, La Bayadère sans ses 32 ombres ne serait pas La Bayadère… et c’est exactement pareil pour tous les ballets : le travail fourni par le corps de ballet est d’autant plus formidable que les danseurs sont fortement sollicités durant toute la saison.

RM : Vous êtes actuellement à l’affiche de Kaguyahime. Que représente pour vous l’univers de Jiri Kylian?
SB : J’ai énormément d’admiration pour le travail et l’univers particulier de Kylian. C’est un univers à thème, très esthétique : c’est l’alliance du beau et de la fluidité. Kaguyahime me semble plus imagé que ses autres ballets. Je trouve que les ballets de Kylian sont toujours superbement interprétés au sein de l’Opéra : de l’Etoile au Coryphée, chacun se donne vraiment à fond. J’apprécie également beaucoup la manière de travailler de ce chorégraphe et l’humanité qui le caractérise. Il tient également compte de l’interlocuteur placé en face de lui. Son travail s’apparente à de la haute couture, et non pas à du prêt-à-porter. Il s’attache aux moindres détails. Ce sens du détail n’est pas de la maniaquerie : c’est de l’exigence. Mais cette exigence est distillée avec une incroyable douceur. Kylian établit un dialogue avec les danseurs et il parvient toujours à trouver le mot juste afin que l’interprète réponde à sa demande. S’agissant du personnage que j’interprète dans le ballet, Mikado, j’ai d’abord lu le conte pour m’imprégner, en filigrane, de ce caractère. Mikado est très différent des autres intervenants dans le ballet. Hiératique, il s’impose avec froideur. Il a la volonté implacable de s’approprier la princesse Kaguya. Je l’ai interprété avec mon propre ressenti ; c’est un rôle que je n’aurais pas joué de la même manière il y a trois ans de cela. Mon choix interprétatif n’est pas une vérité et d’autres interprétations pourraient s’avérer tout aussi saillantes. Tout est une question de goût et d’affinités. D’autant plus que ces différences d’interprétation sont acceptées plus librement dans le contemporain que dans le classique où on ne peut pas librement sortir du cadre dans lequel le rôle a été conçu.

RM : Vous passez sans difficulté du répertoire classique au répertoire contemporain. Avez-vous une prédilection pour l’un de ces registres?
SB : J’apprécie pareillement ces deux univers et n’ai aucune envie de choisir entre les deux ! S’agissant du classique, j’aime sa rigueur et son aspect implacable. La part de risque est grande et chaque rôle devient un nouveau challenge. D’autant plus que ces grands rôles du répertoire ont souvent été interprétés maintes fois : proposer ce rôle différemment est une gageure qui me plaît. Il est également grisant de participer à une création classique car l’évènement est rare. Je me souviens notamment d’une version du Corsaire que Jean- Guillaume Bart avait remonté pour la troupe du ballet d’Ekaterinbourg. J’interprétai le rôle de Conrad, ce fut une très belle expérience. Quant à la danse contemporaine, elle permet d’explorer d’autres champs de liberté. Ce que j’apprécie également dans le contemporain est la grande marge de manœuvre dont on dispose dans l’interprétation des rôles. En classique, on aura au contraire tendance à vouloir faire «des copies» de copies et sortir du cadre pourrait être mal perçu : les gens ont souvent des images préétablies dans la tête. Pourtant, une copie est forcément moins bonne que l’originale. En contemporain, la question du précédent ne se pose pas. Pendant très longtemps, j’ai considéré être fait pour interpréter des personnages au caractère puissant et bien marqué : Rothbart dans Le lac des cygnes, Ivan le Terrible dans le ballet éponyme, ou encore Tybalt dans Roméo et Juliette. Je m’enfermai par facilité dans une case. Mon rôle d’Armand dans La dame aux camélias m’a fait prendre conscience du fait que j’étais capable d’élargir mon registre. J’aime cet écart qu’il peut y avoir à interpréter successivement un Lucien d’Hervilly et un Ivan le Terrible. Mais qu’il s’agisse de classique ou de contemporain, j’essaye le plus possible de me mettre au service du chorégraphe : j’éprouve en effet une grande admiration pour les gens qui créent. Je ne m’interdis pas la suggestion, mais j’essaye avant tout de suivre l’idée originelle du chorégraphe et de faire ce qu’il attend. J’ai en sus un caractère réservé : je ne suis pas du genre à m’imposer ! Et puis, en tant qu’interprète, nous disposons déjà d’une marge de manœuvre importante : un même mouvement peut en effet être exécuté de différentes façons. Paradoxalement, les erreurs du danseur peuvent devenir source d’inspiration pour le chorégraphe. Par exemple, en essayant de faire un mouvement, je peux me tromper, et le chorégraphe pourra embrayer sur cette inexactitude pour modifier sa chorégraphie.

RM : Vous avez dansé avec Svetlana Zakharova un extrait du Lac des cygnes lors du Gala Ballets Russes en décembre 2009. Que représente pour vous le Bolshoi et plus largement l’Ecole Russe ?
SB : J’ai énormément d’admiration pour l’Ecole Russe, leurs danseurs et leur culture du ballet. Les Russes possèdent une richesse culturelle absolument incroyable. J’ai eu la chance d’aller danser là-bas à plusieurs reprises et d’y avoir été très bien accueilli. J’ai pu ainsi observer leur mode de fonctionnement dans des conditions privilégiées et j’en garde un excellent souvenir. Quant aux artistes russes, je les trouve incroyables. Mikhaïl Barychnikov représente à mes yeux le danseur parfait. En plus de son incroyable virtuosité technique, il se caractérisait par une élégance incroyable en scène. Il n’était jamais dans la démonstration et accomplissait les choses avec un naturel déconcertant. J’ai également une prédilection pour Irek Mukhamedov et Ivan Vassiliev : on peut «accrocher» ou non au côté «spectaculaire» de ce dernier, il n’en demeure pas moins qu’il est une véritable bête de scène qui ne peut laisser personne indifférent. Tout comme Natalia Osipova. J’ai cependant une admiration particulière pour Uliana Lopatkina. Tous ces danseurs se démarquent de l’Ecole française, notamment par leur théâtralité innée : nous aurions tort de les bouder !

RM : S’il ne devait rester qu’un rôle, ce serait…
SB : En réponse à cette question, j’ai envie d’employer une expression que l’on utilise dans l’univers de la photographie : «Votre plus belle photographie, c’est celle qui viendra». Mais s’il s’agit d’un rôle passé, je répondrai sans hésitation Ivan le Terrible, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce qu’il s’agissait d’une collaboration avec Grigorovitch qui est venu en personne à Paris, avec sa femme Natalia Bessmertnova, pour y remonter son ballet. Ensuite parce que ce rôle est arrivé durant une période marquante de ma vie. Je l’ai dansé dans des conditions particulières. Ces souvenirs restent des moments forts au-delà du spectacle en lui-même. En outre, j’ai eu la chance de redanser ce rôle en Russie, la dernière fois au Mariinski avec le Ballet du Kremlin.

RM : Quels rapports entretenez-vous avec votre corps?
SB : C’est une relation plutôt harmonieuse… du moins lorsque mon corps ne m’embête pas et ne me fait pas mal ! Je n’ai pas de problème particulier avec mon corps en lui-même. Par contre, j’ai plus de mal avec l’image du danseur que je perçois à travers le miroir. Cette image ne me plaît pas forcément, même si cette insatisfaction est plutôt normale chez un danseur. J’essaye d’être raisonnable et de prendre soin de mon corps car je sais que ce n’est pas un dû de pouvoir prendre sa barre tous les matins. Je suis conscient de la chance que j’ai d’avoir un corps qui fonctionne plutôt bien, même si, comme tous les danseurs, j’ai connu des blessures et des accidents plus ou moins graves. En définitive, je pense qu’il faut savoir écouter son corps, mais ne pas trop s’écouter soi-même.

RM : Attilio Labis a dit : «On ne peut pas se sentir Prince tous les jours. Mais le public doit voir un Prince tous les soirs». Etes-vous d’accord avec cette affirmation?
SB : On peut même ne jamais se sentir Prince dans la vie de tous les jours ! Mais cette affirmation est exacte en ce sens qu’à partir du moment où un artiste pose le pied en scène, il n’est plus la même personne. La moindre des choses, pour un danseur, est de croire au rôle qu’il interprète. Dans mon cas, cette alchimie prend son plein effet lorsque je suis sur le plateau : certains sentiments ne peuvent acquérir leur pleine force qu’en scène, même si la plus grande part du travail a déjà été accomplie en studio. En effet, une certaine pudeur freine mon jeu artistique lorsque je suis en répétition : je suis inévitablement rattrapé par mon image dans le miroir.

RM : La danse évoque sans cesse la beauté : quel est votre rapport à l’Art en général?
SB : À première vue, je n’aurais pas pensé que la danse évoquait en permanence la beauté. Mais à bien y réfléchir, il peut y avoir de la beauté dans le drame, dans la gravité et même dans le trivial. Par exemple, lorsque l’on voit un personnage de Mats Ek effectuer un geste prosaïque, cela reste beau. C’est cela le génie : parvenir à magnifier les gestes du quotidien et à les rendre magiques et beaux. Pour en revenir à la question, les images me parlent beaucoup. Pour préparer mon rôle dans Ivan le Terrible, je me suis inspiré d’anciennes photographies des précédents interprètes, tels que Cyril Atanassof ou Charles Jude, ou encore du créateur du rôle, Youri Vladimirov. La littérature m’aide également à m’imprégner des personnages. J’aime lire et je considère que c’est un plaisir de se renseigner et de se documenter sur un rôle. De même, l’importance du travail des musiciens constitue un facteur non négligeable dans mon travail, les chefs de chant m’aident beaucoup. Musiciens et danseurs contribuent à la magie du spectacle main dans la main, c’est pourquoi j’essaye autant que possible d’inclure l’orchestre lors des saluts.

RM : Quels sont vos centres d’intérêt en-dehors de la danse?
SB : J’ai une grande passion pour la photographie. J’ai appris cet art en autodidacte. J’aime apprendre par moi-même, quitte à me tromper ! J’aime photographier des paysages naturels et animaliers, les villes, les portraits d’inconnus et de gens que j’aime, ou plus simplement des images de tournée. J’aime les sentiments d’attente et d’imprévu qui peuvent exister lorsque je photographie des animaux. Je peux me montrer extrêmement patient pour prendre la bonne photo. La notion de compromis entre ce qu’il est possible de faire ou de ne pas faire me plaît. Je me souviens notamment d’avoir photographié en haute montagne des bouquetins sous de fortes rafales de vent ! C’était magique. La photographie est également un prétexte à de beaux instants partagés, notamment avec ma compagne, par exemple lorsque nous sommes partis au Botswana. Je me souviens avoir passé à ses côtés un long moment à contempler les chutes Victoria. De telles expériences permettent de nous replacer au sein de la nature : on se sent tout petit face à de telles immensités !

RM : Que peut-on vous souhaiter pour le futur?
SB : Une bonne santé pour moi et mes proches : c’est l’essentiel. Savoir me montrer à la hauteur de mon titre d’étoile. Et continuer à faire de belles rencontres.
RM : Quelle sera votre actualité à la rentrée ?

SB : Dans le cadre de la Soirée Roland Petit, le public pourra me voir danser dans deux ballets : Le jeune homme et la Mort et Le loup. S’agissant du Jeune homme et la Mort, c’est un ballet que j’ai toujours eu envie de danser. J’ai vraiment hâte d’en découdre avec ce rôle et de me plonger dans son univers très particulier. Je devrais également danser dans le Paquita de Pierre Lacotte. Pour le reste, mon planning n’est pas encore fixé, mais devrait l’être dans les jours qui viennent ! Beaucoup de rôles aiguisent mon appétit, tel Rothbart du Lac des Cygnes ou encore Tybalt dans Roméo et Juliette, mais il y a aussi des prises de rôles que j’ai très envie de tenter.

RM : Pour terminer, comment pourriez-vous définir «la touche Stéphane Bullion»?
SB : À mes yeux, mes qualités peuvent être également des défauts. En premier lieu ma retenue : je préfère ne pas faire certaines choses plutôt que les faire faussement. Je préfère ne pas sourire plutôt que d’arborer un sourire forcé. Ce caractère pondéré a pu donner de moi une image froide et distante, ce que je ne suis pas dans la vie, même s’il est vrai que je suis plutôt introverti et gêné lorsque l’on parle de moi ! En réalité, je viens en scène avec ce que je suis, avec mon vécu et mon ressenti. J’essaye d’être le plus honnête et le plus sincère possible : je n’ai jamais eu l’impression de mentir au public ou de faire semblant. Kader Belarbi m’a un jour fait un beau compliment en me donnant ce conseil : «Continue à être comme ça, à rester généreux». Rester sincère et ne pas faire les choses à moitié sont peut-être mes caractéristiques premières.

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Il est des artistes capables de nous surprendre constamment. Stéphane Bullion fait partie de ces danseurs qui savent imposer au public leur propre vérité interprétative. Car Stéphane Bullion ne copie pas : il explore. Rencontre avec cette nouvelle étoile de 30 ans.

 
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