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Jean-François Borras, ténor

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Il a la voix de rêve d’un vrai ténor lyrique, combinant timbre solaire, souplesse, et puissance vocale. Il déclenche l’enthousiasme de la critique à chacune de ses apparitions… hélas plus nombreuse à l’étranger que dans son pays natal! ResMusica a rencontré Jean-François Borras.

Notre dossier : Art lyrique

 

ResMusica: Vous avez commencé à chanter à l’âge de huit ans. Pour quelles raisons?
: J’ai débuté à huit ans chez les petits chanteurs de Monaco, et j’y suis resté quinze ans. Je pense qu’en réalité, à force de m’entendre accompagner sans cesse la radio en fredonnant, mes parents ont préféré me faire chanter de la musique sacrée, et surtout hors de chez nous! (rires)

RM: On commence à parler de vous à partir de 2007, quand vous gagnez le concours de Canari. Vous avez alors 32 ans. Pensez-vous qu’une carrière démarre plus rapidement quand on est ténor?
JFB: C’est tout à fait vrai, la voix de ténor est une voix plus rare, donc plus recherchée, mais je fais attention. Je ne pense pas brûler les étapes et je n’accepte que les rôles qui me correspondent. J’ai par exemple déjà refusé six productions de Carmen et des Contes d’Hoffmann.

RM: A cette occasion, la critique parle de révélation, et dans vos prestations suivantes, vous est dans l’ensemble très favorable. Or, vous chantez assez peu en France, vos prochains contrats sont plutôt en Italie et en Allemagne. Pourquoi?
JFB: Je n’ai pas de réponse! J’ai débuté en France à Toulon, Marseille, Clermont-Ferrand ou Bordeaux, mais dans des seconds plans. Puis Daniel Bizeray m’a proposé en 2007 le duc de Mantoue de Rigoletto à Rouen, que j’ai rechanté par la suite à Dijon, et que je reprendrai à Saint Etienne en octobre prochain. Ensuite il m’a invité les deux années suivantes pour Giovanna d’Arco et Lakmé. Mais cela fait déjà trois ans que je chante des premiers rôles en Allemagne, Autriche, Italie ou Grèce: Rodolfo, Alfredo, Edgardo, Des Grieux, Roméo… et bientôt Faust à Graz! Alors, oui, pourquoi pas en France?

RM: Quel effet cela fait-il, quand on est ténor, de chanter «Recondita armonia» en hommage à Luciano Pavarotti?
JFB: C’était après la remise des prix du concours de Canari. Je me suis permis de chanter «Recondita armonia» car Luciano Pavavotti venait malheureusement de nous quitter trois jours plus tôt.

RM: Vous avez une voix naturellement puissante, comment la définiriez-vous? Est-ce plus difficile avec une ampleur pareille, de nuancer, de mixer ses aigus? 
JFB: Il est vrai que je n’ai pas de problème de puissance. Je me définis comme un ténor lyrique, et je ne pense pas avoir du mal à nuancer ou mixer. Je crois que cette faculté est une spécificité vocale qu’on travaille, bien sûr, mais qu’on a – ou pas – dès le départ, comme la facilité dans les aigus. Mais je rêve d’obtenir un jour des diminuendo à la manière de Giuseppe Sabbatini!

RM: Vous semblez posséder de solides notions de style, vous ne chantez pas du tout Gérald comme le duc de Mantoue, par exemple. Le style est-il important pour vous?
JFB: Bien sûr, on ne peut pas tout chanter de la même façon: le duc de Mantoue n’a pas le même caractère que Gérald, la musique française est différente de la musique italienne, on ne chante pas non plus la musique sacrée comme l’opéra. Donc oui le style est important. J’essaie d’être le plus près possible du style voulu pour l’œuvre et le compositeur: en français, les accents, les «e» muets, pas de portamento ou seulement quand le compositeur le permet(dans Roméo et Juliette par exemple un seul dans l’air du tombeau), l’infinité de couleurs des rôles comme Gérald, Roméo, Werther. En ce qui concerne l’opéra italien, le legato est différent, il y a plus de partie déclamée (récitatifs).

RM: Dans quel répertoire vous sentez-vous le plus à l’aise?
JFB: Jusqu’à présent j’ai plus souvent chanté en italien, mais les rôles français sont magnifiques. Je viens d’interpréter Roméo à Trieste, un rôle dont je rêvais. Le Chevalier Des Grieux est très difficile mais tellement beau! Mais y a t’il des emplois facile dans la musique française? Je ne pense pas.

RM: Etes-vous traqueur?
JFB: Avec tous les aléas de la vie de chanteur, monter sur scène sans aucune répétition avec l’orchestre, avoir la surprise de découvrir un nouveau chef cinq minutes avant le début de la représentation, faire connaissance de sa partenaire sur scène, je peux vous assurer que je ne suis pas traqueur. J’ai un peu de stress, et heureusement, sinon pourquoi chanter? Mais c’est du stress positif!

RM: Les rôles que vous voudriez aborder un jour?
JFB: Sans hésiter Werther. J’adore tout simplement. J’y suis d’autant attaché que j’ai passé mon diplôme supérieur de chant en en interprétant des extraits. J’étais à cette occasion noté par et Albert Lance, et depuis je rêve de l’interpréter dans son intégralité. Mais je sais que je dois encore attendre avant de pouvoir chanter ce rôle comme il le mérite.

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Il a la voix de rêve d’un vrai ténor lyrique, combinant timbre solaire, souplesse, et puissance vocale. Il déclenche l’enthousiasme de la critique à chacune de ses apparitions… hélas plus nombreuse à l’étranger que dans son pays natal! ResMusica a rencontré Jean-François Borras.

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