Daphné sur les ailes du vent : un voyage baroque imaginaire

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Barbara Strozzi (1619-1677) : Eraclito Amoroso, I Baci ; Giovanni Paolo Cima (1570-1630) : Sonata perviolino e violine, Sonata per cornetto, Sonata a 3 ; Sebastián Durón (1660-1716) : Negriya que quele ; Nicolas Hotman (1614-1663) : Courante ; Athanasius Kircher (1601-1680) : Melothesia Æthiopica (in Musica Universalis) ; Giles Farnaby (ca 1560-1640) : Daphne ; Luigi Rossi (1587-1653) : Zaida turca ; Johann Jakob van Eick (1590-1657) : Derde Daphne ; Joseph Mijnapfel (1553-1821) : Allemande grave « la Daphne » ; Michel Guay : Alap – Maru Bihag ; Lady Plowden’s Nautch ; Manuscrits de Blaikie : Maggie I must love thee (Angleterre, 1692) ; Manuscrits San Juan del Monte : Vuestra soy  ; A questos montes ; Letra en Tagalo, O la Jau (Philippines, 17e siècle) ; Manuscrits Sophia Plowden : Maru Bihag (Calcutta, 18e siècle) ; Manuscrits Portugal : Senhora del Mundo (17e siècle) ; Traditionnels : Piouzère (Angleterre)  ; When Daphne from faire Phœbus (Angleterre, ca. 1620)  ; Appeaux (Angleterre) ; Old Jœ Clarke (Amérique) ; La Passe du Soleil (Chine)  ; Nuit de Lune sur la Rivière Printanière (Chine)  ; Chaloupe chinoise (in John Barrow, 1805) ; Lezgui (Iran-Caucase). Ensemble XVIII-21 Le Baroque Nomade ; direction : Jean-Christophe Frisch. 2 CD Arion ARN268810. Code barre : 3 325482 688100. Enregistré à Paris, du 14 au 18 novembre 2009. Livret en français et en anglais. Durée totale : environ 2 h 20’

 

nous propose, avec son ensemble « XVIII-21 Le  », un voyage imaginaire autour du monde de Daphné, une Vénitienne du XVIIe siècle.

Daphné – chantée par la soprano – quitte Venise après une déception amoureuse, va en Angleterre puis en Amérique, où elle entend quelques mélodies anglaises disparues en Europe mais qui ont survenu sur ce continent isolé. En Nouvelle Espagne (Mexique), elle découvre un rythme déjà fortement marqué par l’atmosphère des tropiques. Aux Philippines, alors colonies espagnoles, le manuscrit de San Juan del Monte, la seule partition de l’époque qui soit transmise jusqu’à nous, l’émerveille par sa grande richesse. En Chine où la tradition musicale est complètement différente, Daphné a la nostalgie de l’Europe. Aux Indes, avec l’établissement de la Compagnie des Indes Orientales, les Occidentaux jouent leur musique, mais s’intéressent aussi à la musique locale. Sur le chemin du retour, en Ethiopie, Daphné rencontre une musique rare chantée en langue sacrée de l’église abyssine. A Istanbul où se croisent les personnes venues de tous les coins du monde, des mélodies caucasiennes ou persanes attirent son attention.

Ainsi, nous voyageons avec Daphné dans un monde baroque et découvrons avec étonnement et admiration que, malgré une grande diversité de styles, d’instruments, de tempéraments qui règne dans la musique de différentes régions du globe, il existe quelque chose de commun. Non seulement ces disques méritent d’être écoutés pour cette seule raison, mais chaque morceau est une trouvaille. La multiplicité d’origines des musiciens nous garantit une certaine « authenticité locale », et ce malgré la prise de son très sèche qui donne une sonorité brute à quelques instruments, surtout aux voix.

Une dernière remarque : selon le livret, le compositeur de l’Allemande grave (disque 2), qui porte d’ailleurs un nom étrange, aurait vécu près de trois siècles, de 1553 à 1821. Est-ce une coquille ou bien une énigme est-elle cachée derrière l’histoire de Daphné ?

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