Des Vêpres transcendées

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Ambronay. Abbatiale. 10-IX-2010. Claudio Monteverdi (1567-1643) : Vêpres de la Vierge. Chœur et orchestre Cantar Lontano, direction Marco Mencoboni

Festival d’Ambronay

Le 31ème Festival d’Ambronay s’est ouvert avec Les Vêpres de la Vierge, le monumental chef-d’œuvre de . 2010 a vu fleurir concerts, enregistrements, conférences et articles de presse autour de cette œuvre dont c’est le 400ème anniversaire.

a repris la partition originale de de 1610, conservée au Musée International – Bibliothèque de la Musique de Bologne. Parti des textes hébraïques plutôt que latins, il a abouti à une interprétation différente, plus brillante, plus spectaculaire mais allégée en effectifs. L’utilisation du «cantar lontano» (chant lointain), technique vocale inventée par au XVIIème, consistant à répartir les chanteurs en différents endroits de l’édifice, parfois en les cachant (!), spatialise la Musique pour la surprise, puis le plaisir des spectateurs.

L’ensemble Cantar Lontano a donné une version originale aux couleurs crues, parfois violentes. a électrisé musiciens et public. Chez lui tout est mouvement : l’œil est vif, la main expressive. Toute la musique passe par son corps qui, tour à tour, souffre, aime, proclame, loue et… prie.

Des antiennes, chantées par la Schola Gregoriana du Cantar Lontano, s’intercalent judicieusement entre les différentes pièces.

Dès le Nigra sum, le ténor étale voix et gestes. Un timbre chaud et expressif qui convient bien à cette section plus proche du profane amoureux que du sacré. On le retrouvera dans le Duo Seraphim pour clamer «Saint est le Seigneur, Dieu des Armées». Ici, l’engagement vocal se fait louange ! Un chœur au portail, un autre dans le chœur de l’abbatiale, voici le Nisi Dominus. Que de changements de rythmes, pas forcément justifiés par le texte mais pertinents quant à la musique. Encore de la surprise. Un Lauda Jerusalem très tonique, met en valeur les instrumentistes dont on sortira l’excellent cornettiste, Doron David Sherwin, qui tire plus que du son de son instrument : du sentiment ; de la douceur de la Femme à la puissance de Dieu.

Bien sûr, le Magnificat résume et Monteverdi et Mencoboni ! Expressivité, musicalité, couleurs, spatialité… Plus qu’une rencontre, c’est une fusion pour le bonheur des spectateurs : près de sept minutes d’ovation à la fin du concert et… plus de six minutes après le bis judicieusement choisi : un extrait du CD Ad Vesperas, les Vêpres de . Musicien, chef d’orchestre, mais aussi chef d’entreprise, tel est Marco Mencoboni !…

Crédit photographique : Marco Mencoboni © DR

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