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Le chant de la mère, de Pettersson

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Allan Pettersson (1911-1980) : Concerto pour orchestre n°3. Orchestre de chambre nordique de Sundsvall. Christian Lindberg, direction. 1 CD Bis BIS-CD-1590. Code barre : 7 318590 015902. Enregistré en mai 2006 à Härnosänd, Suède. Notice français-anglais-allemand. Durée : 54’00.

 

Les Clefs ResMusica

Allan Pettersson a expliqué le contenu autobiographique de son Concerto pour orchestre n°3, et il vaut mieux avoir le cœur bien accroché : «C’est ma mère qui est ma musique. C’est sa voix qui s’exprime dans ma musique. J’ai crié ce qu’elles ne purent jamais dire, elle et ma sœur, ma sœur qui n’a jamais pu devenir une femme, elle qui fut bloquée dans sa croissance par une arthrite rhumatoïde, qui pratiquement se précipita par la fenêtre à cause de la souffrance et qui mourut une veille de Noël à l’hôpital Söder». * Avec un tel substrat, le titre du long mouvement central, Mesto, c’est-à-dire triste, paraît relever de l’euphémisme.

Vous craignez une musique d’un pathétique insoutenable ? Au contraire, le Concerto n°3 et particulièrement le douloureux et lyrique Mesto, d’une durée de 25 minutes aux longueurs schubertiennes, relève du meilleur Pettersson ! Le Mesto donna lieu au premier enregistrement d’une œuvre du compositeur, et bien que l’œuvre résulte d’une commande de la radio suédoise, les musiciens de l’orchestre gratifièrent Pettersson d’une somme d’argent supplémentaire pour ce mouvement. Lors de la création le 14 mars 1958, le public n’était pas venu pour Pettersson mais pour un concert de jazz en seconde partie de soirée. Apparemment peu au fait de la musique savante, il réserva pourtant un triomphe au concerto et un critique de l’époque nous l’a décrit : «silencieux et émus, tantôt déchirés par des sons acérés, tantôt soulagés par les épanchements fiévreux et tendus et toujours envoûtés par l’emprise implacable de la musique». *

Après une première livraison saluée d’une Clef ResMusica pour les Concertos n°1 et 2 et les 8 Mélodies aux pieds nus (1 CD Bis Records), confirme sa grande affinité avec Pettersson. Expressif mais avec une simplicité, une spontanéité toutes nordiques, il met moins en valeur la science de l’écriture que avec l’Ensemble «Deutsche Kammerakademie» (CPO), qui rattachent Pettersson au grand répertoire germanique. Avec une durée totale de 54’, En étant plus rapide de presque 5 minutes que Goritzki, Lindberg se rapproche sensiblement du souhait du compositeur qui considérait que l’œuvre devait être interprétée en 49’.

Au final, l’intégrale des 3 concertos par Goritzki reste un premier jalon absolument recommandable de la discographie, mais on lui préfèrera néanmoins Lindberg, qui a le ton idoine et offre en prime la première publication en CD des magnifiques 8 Mélodies aux pieds nus. Vivement la suite !

* Citations extraites du livre Allan Pettersson (L’Age d’Homme) de notre collaborateur Jean-Luc Caron

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Allan Pettersson (1911-1980) : Concerto pour orchestre n°3. Orchestre de chambre nordique de Sundsvall. Christian Lindberg, direction. 1 CD Bis BIS-CD-1590. Code barre : 7 318590 015902. Enregistré en mai 2006 à Härnosänd, Suède. Notice français-anglais-allemand. Durée : 54’00.

 
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