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Mirella Freni, plus de trente ans de carrière viennoise !

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Giuseppe Verdi (1813-1883) : extraits de Don Carlo, Otello, Simone Boccanegra et Aida ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : extraits de Eugène Onéguine et La Dame de pique ; Giacomo Puccini (1858-1924) : extraits de Manon Lescaut et La Bohème ; Umberto Giordano (1867-1948) : extraits de Fedora. Mirella Freni, soprano, et divers partenaires dont Vladimir Atlantov, ténor ; Wolfgang Brendel, baryton ; Plácido Domingo, ténor ; Peter Dvorsky, ténor ; Margarita Guglielmi, soprano ; Luis Lima, ténor ; Orazio Mori, baryton ; Luciano Pavarotti, ténor ; Gianni Raimondi, ténor ; Alberto Rinaldi, baryton. Chœur et Orchestre de l’Opéra d’État de Vienne, direction : Claudio Abbado, Roberto Abbado, Hans Graf, Herbert von Karajan, Carlos Kleiber, James Levine, Fabio Luisi, García Navarro, Seiji Ozawa, Giuseppe Sinopoli. 2 CD Orfeo C 806 1021. Code-barre : 4011790 806228. Enregistrements effectués sur le vif de 1963 à 1995 à l’Opéra d’État de Vienne. Qualité d’enregistrement : ADD. Notice de présentation trilingue (allemand, anglais et français). Durée : 77’52’’et 79’41’’.

 

Ce sont plus de trente années de carrière qui sont représentées sur ce passionnant album, le reflet du parcours vocal et musical sur la scène viennoise d’une des chanteuses les plus passionnantes et les plus fiables de sa génération. On se doute bien, cependant, qu’entre la juvénile Mimi de 1963, révélée sous la baguette de Karajan, et la Fedora de 1995, face au Loris de Luis Lima, la voix et le tempérament de la chanteuse ne sont plus ceux de la même personnalité artistique, même si on retrouve à chaque fois le même engagement et la même probité interprétative.

En 1963, les rôles de la jeune Mirella étaient encore Adina, Nanetta, Zerlina et Susanna, et Mimi était déjà une incursion vers un emploi plus lourd que ceux qu’elle interprétait habituellement. On reste ici sous le charme de cette voix fluide et charnue, au léger vibrato toujours parfaitement contrôlé, et conduite avec une musicalité irréprochable. Il est intéressant d’ailleurs de comparer cette Mimi de 1963, un miracle de fraîcheur et de juvénilité, avec celle de 1985, dirigée par face à l’immense Pavarotti ; si la rigueur musicale et la justesse de ton sont toujours les mêmes, la voix a pris davantage de volume et se pare de belles couleurs ombrées. Deux plus tard, sous la direction d’un chef décidément routinier – García Navarro –, la Freni affiche avec ses portamenti, ses sanglots et ses graves excessivement poitrinés un défaut interprétatif qui aura tout au long de sa carrière gâché un certain nombre de prestations moins bien cadrées musicalement. Dirigée par et aux côtés de Peter Dvorsky, un ténor quelque peu oublié et qu’on a plaisir à retrouver sur ce disque, sa Manon Lescaut est en tout point exemplaire, bien supérieure à l’effroyable Manon de Massenet dans laquelle Freni s’était autrefois fourvoyée à la Scala – en italien ! –, aux côtés de Pavarotti…

Les extraits des opéras de Verdi, qui appartiennent presque tous à la maturité de la cantatrice, permettent de retrouver Freni dans des rôles qu’elle a tous gravés au disque, et chantés sur la plupart des grandes scènes de la planète. Dans les deux extraits d’Aida entendus ici, et tout particulièrement dans la scène finale chantée en duo avec Pavarotti – dommage qu’on ait trouvé personne, lors de ce concert, pour chanter les phrases d’Amméris… –, Freni se montre bien supérieure à l’enregistrement studio jadis effectué avec Karajan, à une époque où sa voix n’avait pas encore acquis l’épaisseur nécessaire pour le rôle.

Les années passant, c’est dans l’opéra russe que Freni s’est mise à explorer, assez tardivement, de nouveaux territoires, sans doute parce qu’elle considérait que le répertoire russe n’exigeait pas la même souplesse vocale que ses rôles italiens plus anciens. Si les extraits d’Eugène Onéguine et de La Dame de pique montrent une Freni réellement investie dramatiquement – et comment ne pas l’être, sous la direction de  ! –, ils témoignent cependant de l’absolue maîtrise vocale exercée par une chanteuse presque sexagénaire. Les extraits de la Fedora de Giordano, en revanche, face à un Luis Lima bien fatigué lui aussi, annonce en revanche l’heure de la retraite, même si le magnétisme vocal reste encore bien présent !

Il s’agit donc d’un album en tous points passionnant, qui présente sans concession une des artistes les plus attachantes du vingtième siècle, captée ici dans toute la splendeur de sa glorieuse carrière mais dont le direct révèle également les rares failles qui ont de temps à autres ponctué certaines de ses prestations.

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Giuseppe Verdi (1813-1883) : extraits de Don Carlo, Otello, Simone Boccanegra et Aida ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : extraits de Eugène Onéguine et La Dame de pique ; Giacomo Puccini (1858-1924) : extraits de Manon Lescaut et La Bohème ; Umberto Giordano (1867-1948) : extraits de Fedora. Mirella Freni, soprano, et divers partenaires dont Vladimir Atlantov, ténor ; Wolfgang Brendel, baryton ; Plácido Domingo, ténor ; Peter Dvorsky, ténor ; Margarita Guglielmi, soprano ; Luis Lima, ténor ; Orazio Mori, baryton ; Luciano Pavarotti, ténor ; Gianni Raimondi, ténor ; Alberto Rinaldi, baryton. Chœur et Orchestre de l’Opéra d’État de Vienne, direction : Claudio Abbado, Roberto Abbado, Hans Graf, Herbert von Karajan, Carlos Kleiber, James Levine, Fabio Luisi, García Navarro, Seiji Ozawa, Giuseppe Sinopoli. 2 CD Orfeo C 806 1021. Code-barre : 4011790 806228. Enregistrements effectués sur le vif de 1963 à 1995 à l’Opéra d’État de Vienne. Qualité d’enregistrement : ADD. Notice de présentation trilingue (allemand, anglais et français). Durée : 77’52’’et 79’41’’.

 
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