Concerts, La Scène, Musique symphonique

Heureusement qu’il y avait Maria João Pires !

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Luxembourg, Philharmonie. 27-IX-2010. Felix Mendelssohn Bartoldy (1809-1847) : La Belle Mélusine, ouverture, op. 32 ; Wolfgang A. Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano n°27 en si bémol majeur, KV595 ; Wolfgang A. Mozart : Rondo pour violon et orchestre en ut majeur KV373 ; Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie n°8 en si mineur « Inachevée » D759 ; Maria João Pires, piano ; Lorenza Borrani, violon ; Chamber Orchestra of Europe ; Trevor Pinnock, direction.

est bien connu comme claveciniste. Il partage aujourd’hui son temps entre la direction d’orchestre, des concerts en tant que soliste ou en musique de chambre et des projets pédagogiques. Il est spécialisé dans l’exécution d’œuvre de musique baroque avec des instruments d’époque.

L’interprétation de l’Ouverture « La Belle Mélusine » de , même si elle était légère et joyeuse, ne nous ravit pas vraiment. Il eut fallu plus de corps et de relief.

fut le rayon de soleil de cette soirée brillant joliment sur l’orchestration un peu terne. Son jeu fut charmant, tout en grâce et délicatesse, son toucher fluide, rond et souple, sa sonorité cristalline. Le premier mouvement fut léger, tout en nuance et subtilité. Dans le deuxième mouvement, elle nous emmena avec habileté dans l’univers dramatique de Mozart. On se rappelle que ce concerto fut écrit l’année de la mort du compositeur. C’était tendre, triste, touchant, incroyablement émouvant. Dans le dernier mouvement, elle saisit avec adresse toute l’ambiguïté de Mozart. Elle donna le meilleur d’elle-même dans la cadence de l’allegro final qu’elle joua à son rythme, tout en profondeur et avec la pointe d’humour qu’on aime entendre dans les interprétations de Mozart. Nous n’avons malheureusement pas perçu cette harmonie souhaitée entre l’orchestre et la soliste, comme si elle n’arrivait pas à entraîner l’orchestre dans le dynamisme de sa jolie interprétation, comme si la communication n’était pas parfaite.

Le public applaudit avec chaleur. On apporta un second siège et vint l’accompagner au piano pour le bis, la Sonate en ré majeur pour piano à quatre mains K381 de Mozart. Et soudain, comme par enchantement, Trevor Pinnock sembla se réveiller et se métamorphoser. réussit enfin à l’entraîner dans un jeu complice et fougueux plein d’énergie et de subtilité. Ce fut un moment très agréable.

Le Rondo pour violon et orchestre exécutée par le premier violon Lorenza Borrani fut certes techniquement valable mais dans l’ensemble plutôt insipide. La justesse ne suffit pas. On aime plus de personnalité, plus de couleur, plus de sentiment. C’était comme un poème qui aurait été lu sans expression.

Enfin nous avons entendu une Symphonie Inachevée, bien éloignée de la merveilleuse interprétation donnée en juin dernier par Emmanuel Krivine dans cette même salle. Ce soir, nous n’avons pas été convaincus. Cela manquait de relief, de nuance et pour tout dire d’émotion. On n’a pas atteint le lyrisme, l’ampleur et le drame attendu dans cette œuvre.

Il y a des soirées musicales où il manque un petit quelque chose et l’on reste sur sa faim… Et l’on se demande si la rentrée de septembre est aussi difficile pour les orchestres.

Crédit photographique : © Felix Brœde / DG

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Luxembourg, Philharmonie. 27-IX-2010. Felix Mendelssohn Bartoldy (1809-1847) : La Belle Mélusine, ouverture, op. 32 ; Wolfgang A. Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano n°27 en si bémol majeur, KV595 ; Wolfgang A. Mozart : Rondo pour violon et orchestre en ut majeur KV373 ; Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie n°8 en si mineur « Inachevée » D759 ; Maria João Pires, piano ; Lorenza Borrani, violon ; Chamber Orchestra of Europe ; Trevor Pinnock, direction.

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