Concours, La Scène

Fin du premier tour du XVIe Concours de Varsovie

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Crédit photographique : Leonard Gilbert et Hélène Tysman/ Concours Chopin de Varsovie

Le verdict du premier tour du Concours Chopin ont été annoncé hier soir, après trois heures d’attente, dans le foyer du Philharmonic de Varsovie. Parmi les quarante pianistes retenus, une dizaine étaient prévisibles et font déjà l’unanimité.

On regrette l’éviction précoce de quelques jeunes pianistes comme Fares Marek Basmadji, un Syrien discret, concentré, fin et sensible. On s’étonne du départ du merveilleux Mamikon Nakhapetov, un Georgien au profil de corbeau dont la légèreté et la force retenue avait ému tout le public par son chant douloureux et intense, et l’Américain Eric Zuber, sobre et pourtant poignant lui aussi. On est triste de perdre aussi un Israélien vibrant, Yaron Kohlberg dont le charisme a peut-être effrayé les Chopinologues étroits, et ils semblent en majorité dans le jury.

En effet, si on approuve le choix de dix huit des candidats, les autres nous avaient semblé ternes. Peut-être se révèleront-ils lors des épreuves suivantes. Parmi les dix huit quelques personnalités intéressantes qu’on se réjouit de retrouver : , un Bulgare étrange. Son jeu nuancé est fascinant, mais il vaut mieux l’écouter en fermant les yeux pour ne pas voir sa gestuelle outrée. Leonard Gilbert un Canadien d’origine chinoise de 20 ans. Un jeu enveloppant, des aigus tendres et modulés, parfois un peu fort. Sa Balade était lisse, sobre, chantante, son Nocturne fluide, à peine déconstruit, mais généreux avec une vraie douceur, riche et pénétrante.

, une jeune pianiste russe et sobre particulièrement impressionnante par sa maîtrise du son et du temps, que le public a rappelé trois fois!

Miroslav Kultyshev, au jeu délicat, précis, structuré, lié et poétique même, avec un son rond et chantant. Sa Ballade était originale par son rythme un peu distancié. Mariana Prjevalskaya, dont le jeu est tout de soie, molletonné avec des aigus très soft, maîtrisé. Un peu confus dans les forte, son jeu est fin dans les aigus. Da Sol Kim, un Coréen élégant qui avait mobilisé l’attention par sa technique brillante. Mei-Ting Sun, un Américain chinois, qui a fait chanter le Yamaha, lui donnant des couleurs inattendues, et dont l’Étude en mi maj opus 10 était l’une des meilleures. , un Russe de 19 ans, un peu débraillé, mèches qui tombe sur le front. Il joue avec une incroyable légèreté fluide et produit un son presque immatériel, avec une rapidité folle. Penché sur son clavier comme une sorcière bossue, épaule courbées et la tête en avant sur le clavier, il semble surveiller un chaudron magique. Un bon cheval pour Fazzioli.

Deux Français : Guillaume Masson produit un son qui semble pris dans la glace, ralenti, et Hélène Tysman qui a électrisé le public, jouant avec puissance et douceur. Enfin, la plus jeune à rester en lice après l’éviction de Anke Pan, une Italienne de 18 ans, Leonora Armellini, qui avait fasciné par sa maturité, ses doigts de pâtissière pétrissant la musique pour la laisser monter et s’épanouir.

Le deuxième tour commence samedi à 10h.

À suivre…

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Crédit photographique : Leonard Gilbert et Hélène Tysman/ Concours Chopin de Varsovie

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