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Pari gagné pour la Sonate n°1 de Furtwängler

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Paris. Reid Hall. 16-X-2010. Jules Massenet (1842-1912) : Méditation de Thaïs. Wilhelm Furtwängler (1886-1954) : Sonate pour violon et piano n°1 en ré majeur. Serge Rachmaninov (1873-1943) : Vocalise. Maurice Ravel (1875-1937) : Tzigane. Sophie Moser, violon ; Katja Huhn, piano.

Fidèle à sa tradition, la Société organisait cette année encore, à l’occasion de son assemblée générale, un concert avec entrée libre qui avait lieu dans la très sonnante salle Reid Hall appartenant à l’université Columbia. Il y a deux ans nous avions rendu compte du précédent concert centré sur la Sonate pour violon et piano n°2 du chef-compositeur. Cette fois-ci la pièce principale était la Sonate pour violon et piano n°1 accompagnée par des œuvres plus courtes françaises et russes (en tenant compte des deux Tchaïkovski offertes en bis).

C’est le même duo de jeunes artistes, la pianiste et la violoniste , qui nous avait offert une remarquable deuxième sonate, qui officiait de nouveau pour la première sonate, écrite en 1935, soit quatre ans avant sa cadette. C’est d’ailleurs entre 1935 et 1954, année de sa mort, que Furtwängler composa ses principaux opus, avec, outre ces deux sonates pour violon et piano, un Quintette avec piano (1935), un Concerto symphonique (1937) et trois symphonies (n°1 en 1941, n°2 en 1945 et n°3 en 1954). En quatre mouvements de coupe classique, toute aussi longue si ce n’est plus que la n°2, cette sonate est peut-être plus ardue et austère pour l’auditeur, du fait d’un matériau thématique moins bien dessiné et de développements moins inspirés, en un mot, elle semble moins aboutie que sa suivante et le risque de ne pas réussir à capturer l’attention du public sur ces plus de quarante minutes est réel. Heureusement, la vigueur et l’énergie avec lesquelles les deux interprètes ont empoigné l’œuvre leur permirent de la propulser droit vers sa cible, utilisant sans doute au maximum les capacités de rebonds et de contrastes contenues dans chacun des mouvements, variant tempo et dynamique sans hésitation, suivant en cela les nombreuses et très précises indications que le compositeur a laissé sur sa partition (il y en a presque autant que chez Schœnberg). Cette interprétation à la fois respectueuse du texte et fondamentalement volontaire et dynamique a été incontestablement un choix gagnant qui permit au public présent de découvrir un peu plus le compositeur caché derrière le glorieux chef d’orchestre. Et si nous avions dit que la version de la Sonate n°2 que nous avait donnée il y a deux ans ces deux artistes étaient la meilleure de celles (pas si nombreuses) que nous ayons entendues, c’est encore plus vrai pour celle-ci.

Peut-être du fait de leur ascendance russo-germanique, il nous a semblé que et étaient naturellement plus à l’aise dans Rachmaninov et Tchaïkovski que dans la musique française, en particulier le Massenet jouée un peu trop droit, qui n’avait pas toute la subtilité et la poésie inhérente à la musique française. Le Tzigane de Ravel, moins typé « français » fonctionna mieux, et on retrouva en final des généreux bis les toujours aussi enlevées Danses roumaines de Bartok.

Crédit photographique : Sophie Moser et Katja Huhn © Mostafa Ramezani

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Paris. Reid Hall. 16-X-2010. Jules Massenet (1842-1912) : Méditation de Thaïs. Wilhelm Furtwängler (1886-1954) : Sonate pour violon et piano n°1 en ré majeur. Serge Rachmaninov (1873-1943) : Vocalise. Maurice Ravel (1875-1937) : Tzigane. Sophie Moser, violon ; Katja Huhn, piano.

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